Un vaste réseau de faussaires spécialisé dans la falsification et le trafic de pièces d’état civil a été démantelé par les agents de la Direction Générale de la Documentation et de l’Immigration (DGDI) à Ndjolé, chef-lieu du département de la Banga-Biné, dans la province du Moyen-Ogooué.
L’enquête, conduite par les services de la DGDI, a mis au jour un système bien rodé impliquant trois agents administratifs : Raphaël Nseh, 47 ans, Paul Edouard Minang, 60 ans, tous deux secrétaires cantonaux de la préfecture, et Chylfried Békalé, 42 ans, agent municipal de la commune de Ndjolé. Ces derniers sont accusés d’avoir établi et délivré frauduleusement des actes de naissance à des étrangers, y compris des apatrides, contre de fortes sommes d’argent.
Les faussaires utilisaient d’anciens volets d’actes de naissance extraits des anciens registres, volaient des cachets officiels et imitaient les signatures des autorités compétentes pour légitimer les documents falsifiés. Le démantèlement du réseau a été précipité par l’arrestation d’un ressortissant congolais, Ismaël Lebengue, 34 ans, surpris avec un acte de naissance falsifié alors qu’il tentait d’obtenir une carte nationale d’identité gabonaise.
Lors de son interrogatoire, le suspect est passé aux aveux et a dénoncé ses complices. Une perquisition menée dans les domiciles des trois agents a permis la saisie de plusieurs faux actes de naissance déjà établis ainsi que des registres anciens utilisés pour les contrefaçons.
Les trois fonctionnaires ont été interpellés puis placés en garde à vue. Ils sont poursuivis pour faux et usage de faux, trafic et délivrance frauduleuse d’actes d’état civil, tandis qu’Ismaël Lebengue est poursuivi pour complicité passive, tentative de détention illégale d’un document d’état civil et tentative d’acquisition frauduleuse de la nationalité gabonaise.
Présentés en début de semaine devant le procureur de la République près le tribunal de première instance de Lambaréné, les prévenus ont été placés sous mandat de dépôt à la maison d’arrêt de la ville, en attendant leur jugement.
Ce démantèlement met en lumière les failles dans le système de gestion des documents d’état civil et relance le débat sur la sécurisation des actes administratifs au Gabon.