Lutte contre la vie chère : une initiative citoyenne de plus de 13 ans au service des consommateurs gabonais

En pleine conjoncture économique difficile, une initiative citoyenne d’envergure, portée par une organisation associative, dénommée Mandji Moins Cher – Flexkom Gabon, active depuis plus de 13 ans, sillonne depuis lundi dernier, les administrations publiques et privées du Grand Libreville pour sensibiliser les populations à la lutte contre la vie chère.

Portée par des acteurs expérimentés du secteur de la consommation, cette « Caravane nationale de sensibilisation contre la vie chère » s’inscrit dans la droite ligne de la politique actuelle du Chef de l’État, qui fait de la régulation des prix une priorité de son mandat.

Depuis sa création à Port-Gentil, en réponse au programme gouvernemental de régulation de 167 produits de première nécessité, cette initiative a su s’imposer dans le paysage socio-économique comme une réponse durable face à la flambée des prix. L’objectif est clair : rapprocher le consommateur du producteur et des fournisseurs fiables, en limitant les intermédiaires et en négociant des tarifs de gros accessibles à tous.

Forte de plus de 45 agents formés, Mandji Moins Cher – Flexkom Gabon, agit comme un intermédiaire neutre entre administrations, commerçants et consommateurs. Le mouvement associatif recense aujourd’hui plus de 100 commerçants partenaires à Libreville, dans des secteurs variés tels que l’agroalimentaire, l’électroménager, les fournitures scolaires, l’équipement de la maison ou encore le textile.

Les membres de cette organisation ont développé une véritable expertise terrain, issue d’années de veille, de négociation, de formation, mais aussi d’enquêtes comparatives. Leur approche va au-delà du simple affichage des prix : ils analysent la qualité des produits, dénoncent les abus liés au suremballage, aux pratiques commerciales trompeuses, et à la fameuse obsolescence programmée.

Selon son président, Miguely Alban, l’un des objectifs clés est de faire en sorte que chaque consommateur puisse accéder à des produits de qualité à prix réduit, en s’identifiant comme membre d’un collectif ou d’une association lors de ses achats, ce qui lui ouvre des tarifs de gros, normalement réservés aux professionnels.

En plus de redonner du souffle aux budgets familiaux (jusqu’à 850 000 francs CFA d’économies annuelles estimées sur les produits de base), cette démarche crée des emplois, soutient les producteurs locaux, et favorise l’économie sociale et solidaire.

Elle bénéficie également de l’appui de l’UNESCO, dans le cadre de programmes de développement durable, et d’un encadrement réglementaire via le ministère du Commerce, bien que l’association garde son indépendance et son caractère non lucratif.

Une collaboration active avec les forces armées

Récemment accueillie au sein d’une garnison militaire pour une séance de sensibilisation, l’équipe de Mandji Moins Cher qui à débuté la caravane de sensibilisation à l’Etat Major de l’armée de terre, RCAS, Camp Aïssa en passant par BRC a reçu un accueil chaleureux des forces armées, avec des échanges riches et constructifs. L’organisation espère ainsi poursuivre sa tournée auprès d’autres institutions dans les mois à venir.

Toutefois, le président de l’association Mandji Moins Cher, fort de son expérience dans la communication et le secteur pétrolier, souligne les injustices flagrantes en matière de tarification et la nécessité d’une mobilisation collective.

« Nous ne sommes pas contre les commerçants. Nous voulons juste que les consommateurs aient accès à une information claire, transparente, et qu’ils puissent faire des choix éclairés. La vie chère n’est pas une fatalité, mais une conséquence d’un déséquilibre que nous pouvons corriger ensemble.», a avancé Miguely Alban.

Cette caravane, qui s’achève aujourd’hui au sein de nos forces de défense et de sécurité, entend donc créer un pont entre les consommateurs, les fournisseurs et les institutions, afin de bâtir une économie plus juste, inclusive et résiliente.

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