Assemblée générale constitutive de l’Association des EKANG du Gabon/Jean François Ntoutoume-Emane élu président

C’est dans une ambiance empreinte de solennité et d’unité que s’est tenue, le 11 juillet dernier, l’assemblée générale constitutive de l’Association des EKANG du Gabon, dans le 1er arrondissement de Libreville. Un événement historique qui a réuni plus de 1800 participants et consacré l’élection de l’ancien Premier ministre Jean François Ntoutoume-Emane à la tête de cette nouvelle structure associative identitaire et culturelle pour un mandat de sept ans.

Cette rencontre a marqué une étape décisive pour les membres de l’ethnie Fang-EKANG, qui entendent désormais réaffirmer et transmettre les valeurs, les rites et les croyances hérités de leurs ancêtres. L’initiative s’inscrit dans la continuité du congrès UNIFANG de Mitzic de 1947, soit 77 ans plus tard, témoignant d’un profond besoin de renaissance identitaire au sein de la communauté fang au Gabon.

Un appel à la réconciliation identitaire

Dans son discours, Jean François Ntoutoume-Emane a insisté sur l’importance de reconnaître la réalité ethnique sans pour autant nier la nation. « Pourquoi la prégnance de l’ethno-identité dérange-t-elle tant, alors que d’autres se revendiquent tranquillement de leur chefferie ou royauté ? », a-t-il questionné, appelant à un débat apaisé sur les questions identitaires. Il a aussi défendu l’idée d’un Gabon pluriel, un “vivre-ensemble” harmonieux, comparable à celui de l’Afrique du Sud, enrichi par la diversité culturelle.

Loin d’un repli communautaire, le projet de l’Association se veut un espace de valorisation culturelle, de mémoire et de transmission. « Nous devons oser penser, concevoir et théoriser en EKANG-FANG », a martelé le président fraîchement élu, reprenant la célèbre maxime fang “Dzam da vor ebo” (Rien n’est impossible), du sage TSIRA AKUE OBIANG, figure emblématique du Mvet.

Avec un comité exécutif, des organes délibérants et consultatifs déjà mis en place, l’Association des EKANG entend œuvrer pour la promotion de la culture fang, son enseignement, sa sauvegarde et sa reconnaissance dans l’espace public. Il s’agira aussi de répondre à des interrogations sociétales sur la place des cultures ethniques dans le projet national.

Cette initiative marque une nouvelle ère pour les EKANG du Gabon, où la fierté culturelle est perçue non pas comme un obstacle, mais comme une richesse au service de la cohésion nationale.

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