Religion, Église Catholique/Assomption de la Vierge Marie : Une espérance universelle pour l’humanité, selon l’abbé Serge-Patrick Mabickassa

En ce 15 août, l’Église universelle célèbre la solennité de l’Assomption de la Très Sainte Vierge Marie, un mystère de foi profondément enraciné dans la tradition chrétienne. À cette occasion, l’abbé Serge-Patrick Mabickassa, responsable de la Mission Catholique des Médias, nous a accordé un entretien exclusif, dans lequel il revient sur la portée spirituelle, théologique et humaine de cette fête, aussi bien pour les catholiques du Gabon que pour les fidèles du monde entier.

« Ce n’est pas seulement l’Église catholique du Gabon qui célèbre l’Assomption. C’est le monde entier, c’est l’Église universelle. Cette fête manifeste la communion de tous les croyants autour de Marie, Mère de Dieu, et porte un message de paix, d’espérance et de dignité humaine », souligne l’abbé Mabickassa.

L’Assomption, célébrée chaque 15 août, est un dogme proclamé par le pape Pie XII en 1950 dans la constitution apostolique Munificentissimus Deus. Mais pour l’abbé Mabickassa, cette reconnaissance solennelle n’est que l’aboutissement d’une foi ancienne, profondément ancrée dans la tradition de l’Église.

Dès les IVe et Ve siècles, les communautés chrétiennes, notamment en Orient, célébraient la montée au ciel de Marie sous le nom de Dormition. La Tradition, au même titre que la Parole de Dieu et le Magistère, forme l’un des piliers de notre foi.

Il revient sur les textes bibliques qui, bien que ne décrivant pas explicitement l’Assomption, sont interprétés dans la foi chrétienne comme des signes prophétiques de la glorification de Marie. Il cite notamment :

L’Apocalypse (12,1-6), où apparaît une femme “revêtue du soleil”, souvent interprétée comme Marie, figure de l’Église et de la victoire divine. Le Psaume 132, qui parle de l’Arche d’Alliance trouvant son repos – l’Arche étant un symbole marial fort, Marie étant considérée comme la nouvelle Arche qui a porté le Verbe.

Genèse 3,15, où il est question de la descendance de la femme écrasant la tête du serpent. Ce verset est souvent lu comme une prophétie de la victoire de Marie sur le péché et la mort. « Ces textes nous parlent de la victoire du bien, de la fidélité de Dieu, et de l’espérance de la résurrection. L’Assomption de Marie, c’est la promesse que l’homme n’est pas voué à la mort, mais à la gloire. », a-t-il déclaré.

Un mystère qui élève la dignité humaine

La montée de Marie au ciel, corps et âme, n’est pas un simple hommage à la Mère de Dieu, affirme l’abbé Mabickassa. Elle est avant tout une célébration de la dignité de chaque être humain. « Marie a porté en elle le Verbe de vie. Elle ne pouvait connaître la corruption du tombeau. En elle, nous contemplons l’accomplissement de la promesse faite à l’humanité : celle de la résurrection. C’est pourquoi nous disons que la mort n’a pas le dernier mot. », avance le guide spirituel.

Dans une société marquée par l’individualisme, les inégalités et les tensions, la fête de l’Assomption vient rappeler une vérité essentielle : la vie humaine est sacrée et précieuse, et chacun est appelé à une destinée de gloire. Pour l’abbé Mabickassa, célébrer l’Assomption aujourd’hui, c’est aussi poser un acte de foi en la réconciliation, la paix et l’espérance pour nos sociétés.

« Dans un pays où certains ne sont jamais heureux que lorsque leurs frères ne le sont pas, célébrer l’Assomption, c’est choisir de vivre autrement. C’est regarder vers le ciel avec confiance et ouvrir son cœur à la fraternité. » Le message est clair : dans un contexte où le Gabon vit une période de transition et d’aspiration à un renouveau, cette fête mariale devient un symbole fort d’espérance partagée.

L’abbé évoque la grâce de la “bonne mort” que les fidèles demandent souvent à Marie, non pas comme une fin tragique, mais comme une vie bien vécue, marquée par la paix intérieure et la solidarité avec les autres. « C’est cela le sens profond de l’Assomption : tendre la main, marcher ensemble, construire un édifice nouveau, habité par la foi, la fraternité et la confiance. »

Une fête au cœur du Rosaire et de la vie chrétienne

Dans le Rosaire, l’Assomption est le quatrième mystère glorieux, après la Résurrection, l’Ascension de Jésus et la Pentecôte. Elle précède la couronne de Marie au ciel, cinquième et dernier mystère glorieux. « Ces mystères sont une école de vie spirituelle. À travers l’Assomption, nous demandons la grâce de bien vivre, de nous aimer les uns les autres, et de nous préparer à entrer un jour dans la gloire de Dieu. »

En élevant Marie au ciel, Dieu révèle le destin glorieux de tous ceux qui croient et vivent selon son amour. Pour l’abbé Serge-Patrick Mabickassa, cette vérité n’est pas une abstraction théologique, mais une source de force pour les fidèles d’aujourd’hui : « L’Assomption nous rappelle que la Vierge Marie, humble servante du Seigneur, a été élevée à la gloire. Elle est notre modèle, notre espérance, notre intercession. Que cette fête renouvelle en chacun de nous la foi, la joie et la paix. »

Bonne fête de l’Assomption à toutes et à tous nos lecteurs !

Don't Miss