Football/ 2e Édition du Tournoi de solidarité Casimir Oyé Mba : La jeunesse du Komo-Mondah à l’honneur dans une compétition aux accents d’unité et de mémoire

Sous un ciel nuageux mais une atmosphère rayonnante d’enthousiasme, la pelouse du stade de Nkan-poussière s’est parée, samedi 30 août 2025, des couleurs de la jeunesse, de la fraternité et de la mémoire collective. Le coup d’envoi officiel de la deuxième édition du Tournoi de solidarité Casimir Oyé Mba y a été donné par Serge Zeng Ango, président d’honneur et initiateur du projet, dans une ambiance électrique, marquée par le premier affrontement du tournoi entre Ndzime FC et Clavier FC. Une rencontre remportée de justesse par Ndzime FC sur le score de 2 buts à 1, annonçant une compétition aussi disputée que significative. Mais au-delà des scores, ce tournoi est porteur d’un message plus profond, celui de la réconciliation communautaire, de l’expression populaire et de la transmission des valeurs. Organisé par un comité présidé par Serge Zeng Ango, président d’honneur et initiateur de l’événement, ce tournoi est un hommage vivant à une figure emblématique du Gabon, Casimir Oyé Mba, dont le nom reste associé au progrès, à la vision politique et à l’amour du football.

Lancé pour la première fois en 2024, à la demande des populations du département du Komo-Mondah, le tournoi s’inscrit dans une dynamique de revitalisation du tissu social par le sport et la culture. Sa deuxième édition marque un tournant de 16 équipes, réparties en 4 poules, se disputent cette année le trophée, dans une compétition qui rassemble des jeunes issus des 1er, 2e et 3e arrondissements de la commune de Ntoum, mais aussi de nombreux villages du Komo-Mondah et de la diaspora locale revenue participer à cet événement. « Ce tournoi est avant tout un héritage que nous devons perpétuer pour notre jeunesse. C’est un espace d’expression, de cohésion, mais aussi de développement personnel à travers le sport et la culture », a déclaré Serge Zeng Ango, visiblement ému devant la foule venue en nombre.

Le tournoi ne se limite pas au ballon rond. Il fait également la part belle à l’expression artistique locale. En ouverture, la performance d’un imitateur de Michael Jackson, enfant de la commune, a ravi le public et illustré la volonté des organisateurs de valoriser tous les talents du territoire.

Un lancement chargé de symboles : 30 août, jour de libération

Si le tournoi se veut festif et sportif, son lancement le 30 août ne doit rien au hasard. Cette date revêt une forte charge symbolique, elle marque le 2e anniversaire du soulèvement populaire qui, en 2023, a mis fin à un régime accusé d’avoir confisqué l’avenir de toute une génération. « Le 30 août, c’est le jour où le peuple gabonais s’est levé pour dire non à l’injustice, à l’oubli de la jeunesse et à la confiscation de son avenir. Il était important que ce tournoi démarre à cette date historique », a rappelé Serge Zeng Ango. À travers ce choix, le comité d’organisation inscrit l’événement dans une mémoire politique partagée, en hommage aux artisans du renouveau gabonais tel que, Pierre Mamadou, Joseph Redjambe, Pierre Angodjo Okawé, et bien d’autres, qualifiés de « combattants de la liberté ».

Le stade même de Nkan-poussière, qui accueille la compétition, incarne cette mémoire. Il fut offert par Casimir Oyé Mba, alors Premier ministre de l’époque, avec une vision claire, celui d’offrir à la jeunesse un espace d’épanouissement, loin de l’oisiveté. Aujourd’hui, le stade, géré par la municipalité, est un symbole de transmission, de résilience et de projet collectif. « Ce stade est un symbole. Il incarne la volonté de donner à la jeunesse un espace d’expression. Un lieu pour construire une jeunesse de valeurs », souligne M. Zeng Ango. Le tournoi, s’il est placé sous le signe de la compétition, veut surtout promouvoir des valeurs fortes, respect, unité, solidarité et dépassement de soi.

À travers cette initiative, les jeunes du Komo-Mondah trouvent une plateforme d’expression citoyenne, loin des tensions partisanes. Dans cet esprit, l’événement se veut ouvertement apolitique. Il s’inscrit dans la droite ligne du discours rassembleur prononcé par le Président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, lors de la commémoration nationale de la Journée de libération, célébrée à Tchibanga, chef-lieu de la province de la Nyanga. Le mot d’ordre est clair : « Le Gabon passe avant les clivages. » « Nous voulons une jeunesse unie, constructive, et fière de ses racines », martèle Serge Zeng Ango.

En coulisses, le président du comité a par ailleurs laissé entendre qu’un projet d’envergure est en préparation. S’il est encore tenu secret, il serait destiné à pérenniser l’impact du tournoi à l’échelle régionale, voire nationale.

Nelly Chantal Mengue M’Assoume épse Siana, une voix du terroir au service de l’unité

Présente lors de la cérémonie d’ouverture, Nelly Chantal Mengue M’Assoume épse Siana, candidate de l’Union nationale aux élections législatives pour le siège unique du Komo-Mondah, s’est exprimée avec sobriété et engagement. Originaire de la région, elle s’est positionnée avant tout comme fille du pays, au-delà de toute étiquette politique. « Nous sommes avant tout des fils et des filles du même département. Ce tournoi est une initiative de solidarité, un cadre de partage et de retrouvailles. Il ne s’agit pas de politique, mais d’unité, de reconstruction et de fraternité », a-t-elle insisté. Soulignant l’absence remarquée de certaines figures locales, elle a lancé un appel au rassemblement, « C’est toujours dommage de voir des membres d’une même communauté ne pas prendre part à ce type d’événements. Ce sont des moments précieux, où chacun peut se reconnecter à ses racines. »

Interrogée sur le contexte politique et les élections à venir dans le cadre de la Cinquième République, Mme Siana s’est dite confiante, « Nous espérons que ces élections seront transparentes. Le 30 août 2023 a marqué une rupture. Nous voulons croire en un nouveau Gabon, porteur d’espoir. Que le meilleur gagne. » Enfin, à ceux qui pourraient voir dans sa participation une opération de communication, elle répond avec aplomb, « Je suis d’abord une fille du Komo-Mondah. Celui-ci est constitué de deux cantons. le cantons Mbe et le canton Komo-Ntoum auxquels j’appartiens profondément. Mon arbre généalogique parle pour moi. »

Alors que le tournoi se poursuit jusqu’au 20 septembre prochain, les organisateurs maintiennent le cap sur le respect des règles, esprit de camaraderie, et surtout, amour du sport et de la patrie. À l’heure où le Gabon écrit une nouvelle page de son histoire, des initiatives comme le Tournoi de solidarité Casimir Oyé Mba démontrent que le renouveau peut aussi venir de la base, des villages, des stades poussiéreux, et des citoyens qui croient encore aux valeurs de partage, d’unité et de transmission. La jeunesse du Komo-Mondah, elle, a déjà montré qu’elle était prête à relever le défi.

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