Owendo : L’association « Main dans la Main » lance ses activités avec des dons scolaires et un soutien financier aux femmes entrepreneuses

C’est dans une atmosphère chaleureuse et empreinte de solidarité que l’association « Main dans la Main », récemment créée et présidée par Marie Angèle Dikambissa, a officiellement lancé ses activités, dans le 2ᵉ arrondissement d’Owendo. À peine deux mois après sa création, cette jeune association à but non lucratif et apolitique a déjà posé les premiers jalons d’un engagement concret en faveur de deux groupes particulièrement vulnérables, les enfants en âge scolaire issus de familles défavorisées, et les femmes en quête d’autonomisation économique.

La sortie officielle de l’association s’est tenue, dimanche dernier, au domicile de sa présidente, situé à quelques pas de l’école publique d’Akourounam 2, lieu symbolique d’un ancrage local fort. Ce rassemblement, modeste en apparence, a pourtant été marqué par des gestes de grande portée sociale à savoir la remise de kits scolaires à une trentaine d’enfants issus de foyers aux revenus modestes, et l’octroi d’aides financières à plusieurs femmes entrepreneuses, membres de l’association.

Cartables, cahiers, stylos, ardoises, matériel de géographie… les kits offerts comprenaient tout le nécessaire pour une rentrée scolaire digne. Pour les parents souvent contraints de faire des choix douloureux entre les besoins essentiels et l’éducation de leurs enfants, ces dons constituent un véritable soulagement. « Je remercie maman Marie Angèle pour nous avoir partagé ces cadeaux. Que le Seigneur la bénisse », a déclaré avec émotion Junior Le Sage Mihindou Mihindou, représentant des enfants bénéficiaires. Son message a rappelé à tous l’importance de la solidarité communautaire dans un contexte économique difficile.

Des aides financières pour soutenir l’entrepreneuriat féminin

Au-delà du soutien scolaire, l’association a également tenu à poser un acte fort, celui de remettre des aides financières à des femmes du quartier, pour leur permettre de lancer ou de renforcer des Activités Génératrices de Revenus (AGR). « Je suis heureuse de recevoir cette aide financière. Elle me permettra de renforcer mon activité commerciale. Je fais partie de l’association « Main dans la Main  » et je remercie chaleureusement notre présidente pour son engagement », a déclaré Mme Chelda Mboma, commerçante locale. Ces témoignages illustrent la vitalité du tissu associatif féminin gabonais, où des leaders communautaires prennent des initiatives concrètes pour améliorer le quotidien de leurs concitoyens.

En effet, ces enveloppes, distribuées sans intérêts ni formalités contraignantes, s’inscrivent dans un modèle de prêt solidaire fondé sur la confiance et la responsabilité collective. « Nous ne demandons pas de garanties complexes. Chaque bénéficiaire s’engage librement à rembourser dans les délais qu’elle choisit elle-même. Il s’agit d’un pacte de confiance, d’un cercle vertueux qui permet à d’autres membres de bénéficier de cette aide à leur tour », a précisé Marie Angèle Dikambissa. Ces prêts solidaires, conçus comme un outil d’inclusion économique, marquent un tournant pour ces femmes longtemps cantonnées à l’informel ou à l’inactivité faute de capital de départ. Grâce à ce coup de pouce, certaines ouvriront une petite activité commerciale, d’autres investiront dans l’artisanat, la restauration ou les services de proximité.

« Nous voulons que chaque femme ici puisse se sentir utile, capable, indépendante. Trop longtemps, les femmes de notre quartier ont été reléguées au second plan. Aujourd’hui, nous reprenons notre destin en main », a souligné la présidente de l’association. Née de la volonté d’une femme engagée, « Main dans la Main » entend répondre aux besoins réels des habitants du 2ᵉ arrondissement, en particulier ceux qui restent souvent en marge des politiques publiques. En misant sur l’entraide, l’autonomisation et la dignité, l’association propose un modèle de développement fondé sur l’économie sociale et solidaire, adaptée au contexte local. « Unis pour entreprendre, solidaires pour réussir », telle est la devise qui guide les actions de l’association. Une devise traduite dans les faits dès cette première sortie publique, qui a rassemblé membres fondateurs, bénéficiaires et sympathisants dans un esprit de fraternité et de partage.

Des perspectives ambitieuses et inclusives

L’association ne compte pas s’arrêter là. À court terme, elle prévoit d’élargir la portée de ses actions, notamment en intégrant les jeunes sans emploi dans ses programmes d’accompagnement. Des projets de formations professionnelles, de sensibilisation à la gestion financière, et même de création de coopératives locales sont à l’étude. L’objectif ? Créer un écosystème solidaire où chaque membre de la communauté peut contribuer et bénéficier, selon ses capacités. « Cette première étape est symbolique, mais nous voyons plus loin. Nous voulons que cette dynamique s’étende, que d’autres quartiers s’en inspirent. Nous n’attendons pas tout de l’État ou des bailleurs, car nous avons en nous les ressources humaines, la volonté et le courage », affirme Mme Dikambissa avec conviction.

Avec son approche inclusive, sa gouvernance participative et son engagement concret, l’association « Main dans la Main » s’impose comme un acteur de terrain prometteur dans le paysage local gabonais. En plaçant l’humain au cœur de son action, elle démontre qu’avec peu de moyens mais beaucoup de volonté, il est possible de changer des vies, de rendre l’espoir à ceux qui l’avaient perdu, et de bâtir ensemble un avenir meilleur. Comme l’a si bien résumé sa présidente, Marie Angèle Dikambissa, « Ensemble, main dans la main, nous irons plus loin. Nous réussirons ensemble. C’est notre conviction et notre engagement. »

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