Santé : Le PNLP & CNN réalisent un diagnostic approfondi dans le département de la Louétsi-Bibaka (Malinga)

Une équipe multidisciplinaire du ministère de la Santé vient d’effectuer une mission d’évaluation sanitaire dans le département de la Louétsi-Bibaka dont Malinga est chef-lieu, dans la province de la Ngounié, au sud du Gabon. Dans une zone confrontée à des défis majeurs en matière d’accès aux soins, cette mission s’inscrit dans le cadre du projet Louétsi PPC, un programme de renforcement de la prise en charge communautaire et médicale du paludisme, des maladies évitables par la vaccination et de la malnutrition.
La délégation est constituée de trois agents de santé issus de programmes nationaux moteurs dans la lutte contre les maladies prioritaires. Elle est dirigée par le Dr Amidath Ondo, cheffe de mission et représentante du Programme national de lutte contre le paludisme (PNLP), accompagnée de Frédéric Ngoulou, cadre du Programme élargi de vaccination (PEV), et de Fabrice Adandé Menest, nutritionniste au Centre national de nutrition (CNN), structure rattachée au ministère de la Santé.

Leur présence sur le terrain vise non seulement à évaluer l’état actuel des formations sanitaires locales, mais aussi à comprendre les difficultés quotidiennes auxquelles sont confrontées les populations.

Un projet soutenu par l’AFD pour améliorer la prise en charge communautaire

Le projet Louétsi PPC est financé par Expertise France, une filiale de l’Agence française de développement (AFD) qui a accordé un financement minimum de trois ans, pour mener en bien ce projet en milieu communautaire. C’est ainsi, deux départements sanitaires pilotes, à savoir la Louétsi-Wano et la Louétsi-Bibaka ont été retenus. Cette action ambitionne d’offrir une réponse intégrée aux principaux problèmes de santé publique, le paludisme, les maladies évitables par la vaccination et la malnutrition. Ce projet repose sur une approche participative, associant étroitement les structures sanitaires, notamment les dispensaires et les centres médicaux et les communautés locales, considérées comme des acteurs essentiels du dispositif de prévention et de prise en charge.
Dans cette optique, la délégation a conduit ce qu’elle appelle un diagnostic participatif, un outil qui permet de recueillir la perception des populations tout en évaluant les besoins en infrastructures, en équipements et en ressources humaines dans les centres de santé visités.

Parmi les principaux constats, les premiers défis identifiés concernent l’accessibilité du département. Les membres de la mission rapportent que l’accès à Malinga et aux autres localités nécessite d’emprunter des axes routiers dégradés, parfois quasi impraticables.
« Le réseau routier est extrêmement difficile. Nous avons dû passer par Lébamba puis Mbigou pour atteindre Malinga. Ce que nous ont décrit les populations, nous l’avons vécu nous-mêmes », explique M. Fabrice Adandé Menest, qui souligne que cette situation rend le déploiement des services de santé particulièrement complexe.
À ces difficultés s’ajoute une faible couverture en télécommunication, un obstacle majeur pour la coordination des activités sanitaires.
« Ici, un seul réseau, Airtel, est disponible. Dans un contexte où les communications sont essentielles, que ce soit pour les urgences, la supervision ou les échanges de données, cela limite sérieusement nos capacités d’intervention », poursuit-il.

Des carences en eau potable et en médicaments

Le diagnostic met également en lumière des problèmes liés à l’approvisionnement en eau courante, un élément pourtant indispensable au fonctionnement optimal des structures de santé. « En milieu hospitalier, l’eau est un outil vital. Son absence compromet non seulement l’hygiène et la prévention des infections, mais aussi la qualité de l’accueil et des soins », insiste le nutritionniste.
Les ruptures fréquentes de médicaments constituent un autre point d’inquiétude. Faute d’un approvisionnement régulier et suffisant, de nombreux patients se retrouvent contraints de traverser la frontière pour obtenir des produits pharmaceutiques en République sœur du Congo, une situation qui fragilise davantage la prise en charge médicale locale.
Toutes les informations recueillies feront l’objet d’une restitution détaillée à Expertise France, opérateur du bailleur, ainsi qu’aux autorités nationales. Cette démarche constitue une étape indispensable à la planification des interventions du projet Louétsi PPC dans les deux départements concernés.

« Ces données sont capitales. Elles permettront d’adapter le projet aux réalités du terrain et de garantir sa mise en œuvre efficace. Sans cette analyse préalable, il serait difficile de répondre réellement aux besoins des populations », conclut M. Adandé Menest.
La mission espère que ce diagnostic contribuera à une amélioration durable des services de santé dans un département longtemps laissé en marge des grands axes de développement sanitaire.

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