Le président du Syndicat national des orpailleurs du Gabon (SYNOGAB), Gaëtan Pondot, a été reçu en audience par le ministre des Mines, Gilles Nembe à l’occasion d’une séance de travail consacrée à l’avenir du secteur aurifère artisanal. Cette rencontre s’inscrit dans une série d’échanges techniques engagés avec les services compétents du ministère, dans le cadre d’une volonté commune de réorganiser une filière longtemps restée informelle.
Dès l’entame de l’audience, Gaëtan Pondot a rappelé que la création du SYNOGAB résulte d’un constat préoccupant au niveau de l’activité aurifère artisanale évoluait depuis des années dans une informalité quasi totale.
Absence d’encadrement administratif, inexistence de protection sociale, non-respect des normes environnementales, exploitation incontrôlée par des acteurs non déclarés, autant de réalités qui menaçaient à la fois les travailleurs, l’État et les populations riveraines.
« Les pouvoirs publics ont reconnu la nécessité urgente de formaliser ce secteur afin de protéger les orpailleurs et de garantir une exploitation conforme aux lois en vigueur », a souligné M. Pondot.
Dans ce contexte, l’audience a permis de revenir sur les statuts, textes fondateurs et missions du syndicat afin de les aligner sur les cadres réglementaires officiels, notamment le Code minier, le Code du travail et le Code de l’environnement.
Clarification des missions et ancrage légal du SYNOGAB
L’un des objectifs de la rencontre était de définir précisément le rôle du syndicat dans le paysage minier gabonais. Les statuts et le règlement intérieur ont été passés en revue pour s’assurer de leur conformité avec les normes en vigueur.
Cette démarche vise non seulement à clarifier les responsabilités du SYNOGAB, mais aussi à lui conférer une légitimité institutionnelle indispensable à son efficacité sur le terrain.
Selon le président, les missions du syndicat se déclinent désormais en trois blocs principaux. Primo : formalisation et protection des orpailleurs, le SYNOGAB entend instaurer un cadre légal, social et administratif pour l’ensemble des acteurs du secteur. Cela inclut, l’enregistrement des orpailleurs et exploitants, la reconnaissance de leur statut professionnel, l’accès à la sécurité sociale, la protection des travailleurs face aux risques liés à l’exploitation aurifère, la médiation avec les autorités administratives. Cette formalisation vise à mettre fin aux pratiques anarchiques et à assurer une exploitation responsable, respectueuse de la législation et des communautés locales.
Secondo : contribution au relèvement des recettes fiscales liées à l’orpaillage artisanal, car jusqu’à présent, l’État enregistrait d’importantes pertes financières du fait de l’absence de mécanismes efficaces de collecte de taxes dans le secteur aurifère artisanal.
Le SYNOGAB souhaite inverser cette tendance. « Nous avons mis en place des dispositifs permettant à l’État de prélever les taxes dues sur la production aurifère artisanale, mais également aux organismes sociaux de percevoir les cotisations nécessaires à la protection des travailleurs », a expliqué M. Pondot.
L’objectif est double : d’une part, garantir la transparence et la traçabilité des activités aurifères ; d’autre part, assurer un retour financier pour l’État, qui pourra ainsi mieux réguler et accompagner le secteur.
Tertio : lutte contre l’exploitation illégale et protection du territoire, c’est la troisième mission du syndicat qui consiste à participer à la régulation de l’activité et à la lutte contre l’orpaillage illégal. A ce sujet, le SYNOGAB prévoit notamment, d’identifier les orpailleurs étrangers exerçant sans autorisation, de contribuer à l’éradication des sites clandestins, d’accompagner l’administration dans la gestion des zones d’exploitation artisanale, de sensibiliser les exploitants sur leurs obligations légales.
Selon le président, cette mission doit contribuer à sécuriser l’activité aurifère, à protéger les ressources du pays et à préserver l’environnement.
Un rôle consultatif sur la gestion des petits permis miniers
Au-delà de ces trois missions prioritaires, le SYNOGAB ambitionne d’être un acteur consultatif incontournable dans la gestion des petits permis miniers.
Il souhaite œuvrer à ce que ces permis soient attribués en priorité aux orpailleurs gabonais, déjà engagés dans la démarche de formalisation. Pour ce faire, le syndicat va lancé dans les tous prochains jours un recensement général destiné à, identifier les détenteurs de cartes d’orpailleurs, recenser les exploitants légaux et illégaux, établir une base de données fiable, produire des rapports détaillés qui seront transmis au ministère des Mines. Ces données permettront au gouvernement de prendre des décisions éclairées, basées sur la réalité du terrain.
Le SYNOGAB souhaite également œuvrer pour une meilleure cohabitation entre les exploitants aurifères et les populations locales. Cela passe par, la création de coopératives et de groupements communautaires, la valorisation de l’économie locale, la prévention des conflits, l’amélioration des conditions de vie dans les zones d’exploitation.
Gaëtan Pondot indique avoir effectué, au mois d’août, une tournée dans plusieurs sites aurifères. Cette mission a permis de mesurer l’adhésion des populations, qui voient dans le syndicat un partenaire capable d’apporter stabilité, encadrement et perspectives. « Les communautés perçoivent déjà les bénéfices de notre démarche. Elles participent aux échanges, posent des questions et s’impliquent. Cela confirme que le SYNOGAB répond à un besoin réel », affirme-t-il.
Un forum de communication permanent et un appel à la mobilisation
Pour maintenir ce lien, un forum de communication a été mis en place afin de favoriser la circulation de l’information entre orpailleurs, communautés et responsables du syndicat.
Les échanges y sont quotidiens, permettant de suivre en temps réel les difficultés rencontrées et les solutions envisagées. Le président du SYNOGAB lance un appel clair, « J’invite tous les orpailleurs du Gabon à s’organiser, à se rapprocher du syndicat et à participer activement au premier recensement officiel de notre secteur. C’est une étape majeure pour sécuriser notre profession, améliorer nos conditions de travail et construire un cadre légal durable. »
Le SYNOGAB, encore jeune mais déjà dynamique, poursuit la structuration d’un secteur longtemps laissé en marge.
Avec l’appui du ministère des Mines, l’implication des populations locales et la mobilisation des orpailleurs, le syndicat ambitionne de bâtir un modèle d’orpaillage artisanal plus transparent, plus équitable et plus respectueux des normes nationales.