En cette fin d’année marquée par de nombreux défis sociaux et moraux, la Grande Commission de la vision Nomba, dirigée par le pasteur Koumba, s’est illustrée par une initiative à forte portée humaine, spirituelle et citoyenne. À travers une action humanitaire organisée par le département des femmes, samedi 27 décembre dernier, cette plateforme chrétienne a réaffirmé son engagement en faveur des orphelins, des enfants abandonnés et des populations vulnérables, tout en élevant une voix prophétique contre les maux qui minent la société gabonaise, notamment les crimes rituels. C’est du côté de l’église de réveille « Mission impact du Saint Esprit », située derrière le centre Jean Violance à Owendo que s’est tenue cette rencontre empreinte de compassion chrétienne. En présence de responsables religieux, de fidèles et de bénéficiaires, le département des femmes de la Grande Commission Nomba a procédé à la remise de dons composés de produits de première nécessité destinés aux orphelins et aux veuves.
Prenant la parole, prophétesse évangéliste Mireille Ayami, présidente dudit département, a rappelé le sens profond de cette initiative.
« Nous sommes d’abord des chrétiens. Et la Bible nous enseigne clairement que notre devoir est d’aider les pauvres, les orphelins et tous ceux qui sont dans le besoin », a-t-elle déclaré.
Pour la responsable chrétienne, cette action, bien que modeste, constitue un acte de foi et d’obéissance à la Parole de Dieu. Elle a d’ailleurs tenu à préciser qu’il s’agissait de la toute première action sociale menée par le département des femmes de la grande commission de la vision Nomba. « C’est comme un enfant qui vient de naître. Il y a eu quelques ratés, ce qui est normal pour une première expérience, mais nous croyons fermement que la prochaine édition sera meilleure », a-t-elle confié avec humilité.
Prière, unité et intercession pour la Nation
Au-delà du geste matériel, la rencontre a été marquée par un temps de prière intense, articulé autour de trois axes majeurs : la nation gabonaise, les enfants, en particulier les orphelins et les abandonnés et l’unité de l’Église. Sur ce dernier point, l’évangéliste Mireille Ayami n’a pas caché ses préoccupations. « Jésus nous a dit que c’est par l’amour que nous aurons les uns pour les autres que le monde saura que nous lui appartenons. Pourtant, nous constatons que l’Église n’est pas toujours aussi soudée qu’elle devrait l’être », a-t-elle regretté, appelant à un retour aux valeurs fondamentales de l’Évangile.
Concernant la situation du pays, elle a souligné le lien indissociable entre la paix nationale et la paix individuelle.
« Notre paix dépend de la paix de la nation. Une nation troublée ne permet pas ce genre de manifestations humanitaires. L’Église a donc la responsabilité de prier afin que les crises soient éloignées de notre pays », a-t-elle insisté.
Le pasteur Anges Mayika, responsable de l’église Mission Impact du Saint-Esprit et 2ᵉ vice-président du département des femmes de la Grande Commission de la vision Nomba, a livré une exhortation biblique forte, rappelant que la foi chrétienne doit nécessairement se traduire par des actions concrètes. S’appuyant sur Jacques 1:27, il a rappelé que « La religion pure et sans tache devant Dieu consiste à s’occuper des orphelins et des veuves dans leur détresse, et à se préserver des souillures du monde. » Pour le pasteur, l’Église ne peut se contenter d’écouter la Parole sans la mettre en pratique.
« Ce que Dieu attend de nous, ce n’est pas seulement d’entendre, mais d’agir. Lorsque le Seigneur nous aime, cela doit se voir dans notre manière de vivre », a-t-il déclaré, sous les acclamations des fidèles.
Crimes rituels : un cri d’alarme lancé aux autorités
Moment fort de cette rencontre, l’intervention du Révérend pasteur Modeste Edzang Ekomo, président du Rassemblement des Élites Chrétiennes (REC) et premier responsable du Temple d’Évangélisation Mondiale – Église Foi Parfaite, a donné une dimension citoyenne et nationale à l’événement. Conseiller du président en exercice de la Grande Commission de vision Nomba, l’homme de Dieu a profité de la tribune pour dénoncer avec fermeté la recrudescence des crimes rituels au Gabon, dans un contexte marqué par un fait divers tragique ayant profondément choqué l’opinion publique nationale. Le cas du petit Cameroon.
« En tant qu’Église et en tant qu’hommes de Dieu, nous ne pouvons pas rester silencieux face à ce qui se passe dans notre pays du côté de Nzeng-Ayong », a-t-il déclaré, visiblement ému. Exprimant sa compassion à la famille de la victime, il a rappelé la douleur des parents brutalement privés de leur enfant, porteur d’avenir et d’espérance.
« Nous ne pouvons pas continuer à faire la fête, à célébrer, sans garder la mémoire de ce jeune homme et sans exiger que justice soit faite », a-t-il martelé.
Le Révérend Modeste Edzang Ekomo a interpellé directement les autorités gabonaises en tête lesquelles, le président de la République, Chef de l’État, Chef du gouvernement, Brice Clotaire Oligui Nguema, les appelant à faire preuve de fermeté et de rigueur dans le traitement de ces dossiers sensibles. « Il faut que justice soit réellement rendue, pour la victime, pour sa famille et pour la Nation gabonaise », a-t-il insisté. S’exprimant également au nom de la plateforme chrétienne Nombo il a appelé à une mobilisation générale des forces vives de la Nation, des leaders religieux, société civile, autorités administratives et citoyens. Il a par ailleurs dénoncé toute forme de banalisation ou de complaisance face à ces pratiques qu’il qualifie d’odieuses.
« Nous ne nous contenterons plus de condamner. L’Église dit non. Plus jamais ça dans notre Nation », a-t-il déclaré avec fermeté.
Une vision chrétienne globale et durable
De son côté, l’évangéliste José Koumba, secrétaire générale du département des femmes, a livré un message empreint d’espérance et de responsabilité. « Au milieu de la société, il y a encore des anges », a-t-elle affirmé, saluant l’engagement de celles et ceux qui ouvrent des orphelinats et prennent en charge des enfants abandonnés, malgré les lourdes charges quotidiennes. Elle a rappelé la vision de la Grande Commission Nomba, structurée autour de trois piliers fondamentaux : l’évangélisation, l’action sociale et le développement. Pour elle, l’Église doit également œuvrer à son autonomie économique afin de mieux répondre aux besoins des populations. « Le développement, c’est refuser que l’Église soit toujours celle qui tend la main. C’est lui permettre d’aider, de soutenir et d’impacter durablement la société », a-t-elle expliqué.
Entre dons matériels, prières, exhortations bibliques et prises de position citoyennes, cette rencontre a rappelé que la foi chrétienne, lorsqu’elle est vécue dans l’unité et l’amour, peut devenir un puissant levier de transformation sociale. Par cette action, la Grande Commission de la vision Nomba pose les bases d’un engagement social et spirituel durable, au service des plus vulnérables, de la jeunesse et de la paix nationale, dans l’espoir d’un Gabon plus juste, solidaire et apaisé.