Vie des associations/Bane Be Mbocka réaffirme son engagement pour le retour aux sources, la cohésion villageoise et la transmission des valeurs ancestrales

À l’occasion des festivités marquant le passage à la nouvelle année, la plateforme Bane Be Mbocka (BBM), qui signifie en langue Bawumbu les enfants du village a réuni ses membres dans une ambiance empreinte de fraternité, de partage et de réflexion collective. La rencontre de samedi 3 janvier dernier, a eu pour cadre le domicile de Pierre Dioba Mandera, situé au quartier Montalier, dans le 6e arrondissement de Libreville. Plus qu’une simple célébration, cette rencontre s’est voulue un moment de recentrage sur les fondements culturels, sociaux et spirituels qui guident l’action de la plateforme depuis sa création, il y a plus de deux années. Le retour aux sources, la cohésion des enfants des villages, et la préservation des valeurs ancestrales. Placée sous la présidence de Madame Sylviane Isabelle Biganga, jeune cadre de l’administration gabonaise, la rencontre a permis de rappeler la vision première de Bane Be Mbocka, celle de rassembler les fils et filles, raffermir les liens, l’entraide et promouvoir les langues Bawumbu et Akélé et de lutter contre l’exode rural.

Bane Be Mbocka, c’est une plate-forme regroupant les enfants de la commune de Malinga et des villages de l’axe routier Rébé, Lékindou en passant par Koya, Mavova et Ngoungui. S’exprimant devant les membres réunis, la présidente a tenu à réaffirmer avec force l’identité et la vocation de la plateforme. « Bane Be Mbocka, ce sont avant tout les enfants du village. Ce sont les filles et les fils des villages partant de Malinga jusqu’à Lékindou qui œuvrent pour la cohésion, l’unité et le vivre-ensemble », a-t-elle rappelé, soulignant que l’esprit communautaire reste le socle fondamental de toute action menée au sein de la plateforme. Sylviane Isabelle Biganga n’a pas occulté les difficultés rencontrées au fil du temps. Elle a reconnu que, comme toute œuvre humaine, Bane Be Mbocka connaît des imperfections et des défis, mais elle s’est voulue résolument optimiste quant à l’avenir.

Selon elle, les obstacles actuels pourront être surmontés grâce à l’engagement collectif, à la patience et à la fidélité à la vision initiale. À l’approche des fêtes de fin d’année, les responsables de la plateforme ont, comme le veut la tradition, décidé de marquer une pause dans les activités, afin de permettre à chacun de célébrer le Nouvel An en famille. Toutefois, une rencontre élargie est d’ores et déjà envisagée après le 1er janvier, dans le but de rassembler l’ensemble des membres, y compris ceux qui n’ont pas pu effectuer le déplacement. « Même absents physiquement, ils restent avec nous par le cœur. Bane Be Mbocka, c’est eux, c’est nous, c’est toute la communauté Bawumbu et Akélé », a déclaré la présidente avec émotion.

Les festivités ont également été marquées par la célébration de l’anniversaire de Théophile Lhyé Moubassango, conseiller stratégique de la plateforme. Ce dernier a pris 70 ans, le jour du Nouvel An. Dans une intervention riche de sens, celui-ci, affectueusement appelé le « Doyen » a mis en lumière la place centrale du village dans la construction de l’identité africaine. Pour lui, le village n’est pas seulement un espace géographique, mais une véritable école de la vie, un sanctuaire où se transmettent les valeurs, la sagesse et la mémoire des ancêtres. « Revenir au village, ce n’est pas seulement retourner sur une terre, c’est revenir à la source, au parfum de notre culture », a-t-il affirmé, insistant sur l’importance pour chaque individu de connaître ses origines afin de mieux comprendre sa trajectoire, même loin de ses terres natales. Le conseiller stratégique a longuement insisté sur le rôle des aînés dans la transmission des savoirs, rappelant l’adage africain selon lequel « un vieillard qui meurt, c’est une bibliothèque qui brûle ». Un message fort, adressé particulièrement aux jeunes générations, appelées à aller à la rencontre des anciens pour préserver cet héritage immatériel menacé par le temps et la modernité.

Sur un ton à la fois humble et symbolique, Théophile Lhyé Moubassango a évoqué son âge, préférant parler non pas d’une année de plus, mais d’un parcours de vie enrichi par l’expérience. Se définissant comme un « jeune de 70 ans », il a souligné la responsabilité morale qui incombe à ceux qui ont vécu, appris et transmis, au service des générations futures. La célébration du Nouvel An a également été l’occasion de marquer l’anniversaire de Pierre Dioba Madera, conseiller spécial de la présidente de la plateforme. Ce moment symbolique a renforcé l’esprit de retrouvailles et de communion, illustrant l’importance accordée par Bane Be Mbocka à la reconnaissance des parcours individuels au sein du collectif. Sur le plan organisationnel, plusieurs annonces avaient été faites en amont au sein du groupe associatif, invitant chaque membre à apporter sa contribution, selon ses moyens. Une démarche fidèle aux valeurs de solidarité, de partage et d’entraide qui caractérisent la plateforme. L’implication des doyens, parfois discrète mais déterminante, a également été saluée par les participants.

La rencontre s’est déroulée dans une atmosphère conviviale, rythmée par des échanges de vœux, des messages d’espoir et quelques notes d’humour. Les membres ont formulé des souhaits de paix, de santé, de prospérité et de réussite pour la nouvelle année, tant sur le plan individuel que collectif. Au-delà de l’aspect festif, cette célébration a servi de rappel : Bane Be Mbocka se veut avant tout un espace de cohésion, de transmission et de solidarité, engagé dans la préservation des valeurs culturelles et du lien indéfectible au village. En attendant une reconnaissance plus formelle par les autorités compétentes, l’essentiel demeure, selon les responsables, de maintenir vivante la vision, renforcer l’unité et œuvrer pour que la mémoire collective continue de guider les pas des générations présentes et futures.

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