SYPROCOM : les professionnels de la communication haussent le ton, un préavis de grève annoncé

Les journalistes et techniciens de Gabon-Télévision et de Radio-Gabon, réunis au sein du Syndicat des professionnels de la communication (SYPROCOM), ont tenu, le mercredi 7 janvier 2026, une importante assemblée générale à la Maison Georges Rawiri, sur le boulevard Triomphal à Libreville. Cette rencontre, présidée par Hervé Nzighe, président du SYPROCOM, marque une nouvelle étape dans la mobilisation des acteurs du secteur public de la communication, qui dénoncent l’absence de réponses concrètes à leurs revendications, six mois après la relance du mouvement syndical. Au terme des échanges, le bureau syndical avec la bénédiction de la base a annoncé que le dépôt d’un préavis de grève sur la table de la tutelle interviendra ce jour, si aucune avancée significative n’est enregistrée.
Selon le président du SYPROCOM, depuis la restauration de l’action syndicale dans le secteur de la communication, plusieurs démarches ont été entreprises auprès du ministère et autres structures de tutelle.

Ces initiatives se sont matérialisées par l’élaboration et la transmission de cahiers de charges détaillés, destinés à ouvrir un dialogue social constructif. « Nous avons engagé un certain nombre de discussions avec la tutelle à travers nos cahiers de charges. Mais six mois après, nous constatons, avec beaucoup de regret, un blocus général entretenu par les directoires », a fait savoir Hervé Nzighe devant les agents. Face à cette situation, l’assemblée générale visait avant tout à informer la base syndicale du bilan des actions menées et à lui donner la responsabilité de décider de la suite à donner au mouvement.
Le président du SYPROCOM, Hervé Nzighe a tenu à rappeler le caractère démocratique de l’organisation syndicale, insistant sur le fait qu’aucune décision majeure, notamment celle d’une grève, ne saurait être prise de manière unilatérale.

« Nous sommes venus présenter à la base le résultat de nos efforts. Ce n’est pas au président seul de décréter une grève, c’est à la base de se prononcer », a-t-il souligné, appelant les agents à mesurer la portée des décisions à venir. Ladite base a décidé d’une manière unanime de déposer ce jeudi 8 janvier, un préavis de grève de 8 jours sur la table de la tutelle. Si aucune avancée significative n’est enregistrée au terme du préavis, les journalistes et techniciens de ces médias publics seront dans l’obligation de ranger les micros dans leurs tiroirs.

Des revendications structurelles et sociales

Au cœur des revendications portées par le SYPROCOM figurent plusieurs points jugés essentiels pour l’amélioration des conditions de vie, de travail et la professionnalisation du secteur. Il s’agit notamment de : l’adoption du statut particulier du communicateur, longtemps attendu par les agents du secteur ; la revalorisation de la subvention de l’État accordée aux médias publics sous tutelle ;
la réforme en profondeur du secteur public audiovisuel, afin de l’adapter aux exigences contemporaines de l’information ; la mise en place de mesures d’accompagnement social, au regard des conditions de travail qualifiées de précaires par les agents. Le syndicat déplore par ailleurs ce qu’il considère comme une infantilisation des revendications par certaines directions d’administrations centrales et décentralisées, accusées de ne pas accorder l’attention requise aux préoccupations des professionnels de la communication.

En perspectives, le SYPROCOM annonce un toilettage de l’action syndicale et une volonté de renforcer la solidarité au sein du secteur. Des démarches sont envisagées pour s’associer à d’autres syndicats existants, notamment ceux de l’Agence Gabonaise de Presse (AGP), et d’autres structures publiques de communication.
L’objectif est de créer une dynamique concertée, capable de porter d’une seule voix les revendications communes du secteur devant les autorités de tutelle. À travers cette mobilisation, les professionnels de la communication entendent rappeler le rôle stratégique des médias publics dans la vie démocratique et sociale du pays, tout en exigeant des conditions de travail dignes et une reconnaissance institutionnelle à la hauteur de leurs missions.

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