Du 21 au 25 janvier 2026, Libreville accueillera la Conférence internationale sur l’intelligence artificielle et les médias francophones, un rendez-vous inédit qui ambitionne de repositionner le Gabon au cœur des grandes mutations du journalisme à l’ère numérique. L’événement se tiendra à l’Université internationale de Libreville (Berthe & Jean), situé à Essassa, dans le 2e arrondissement de la commune de Ntoum, chef-lieu du département du Komo-Moandah (province de l’Estuaire) et réunira des journalistes, experts en intelligence artificielle et acteurs des médias venus d’Afrique, d’Europe et d’autres régions du monde.
Les grandes lignes de cette rencontre ont été présentées lors d’une conférence de presse animée par le président du comité d’organisation, Désiré Ename, entouré de ses deux vice-présidents, Jean-Yves Ntoutoume et Mireille Dira. Devant un parterre de journalistes, les organisateurs ont exposé la vision, les objectifs et les enjeux de ce qui se veut bien plus qu’un simple événement ponctuel.
À l’origine, le Gabon avait été retenu pour accueillir les assises de l’Union internationale de la presse francophone (UPF). Cette désignation n’était pas le fruit du hasard. Selon Désiré Ename, la candidature gabonaise a été défendue dès 2022, à travers un long processus de plaidoyer mené dans plusieurs pays, notamment au Maroc, puis à Dakar en janvier 2024, après l’annulation des assises prévues au Niger à la suite du coup d’État de 2023. « On ne décide pas d’organiser un événement international par simple contact politique. Nous avons constitué un dossier solide, respecté les procédures et démontré que le Gabon avait les capacités humaines, techniques et organisationnelles nécessaires », a expliqué le président du comité d’organisation.
Si ce travail a permis au Gabon d’obtenir l’organisation des assises, des divergences sont apparues par la suite, notamment autour des questions de gestion financière, du transfert des fonds et de la signature d’une convention officielle entre l’État gabonais et l’UPF internationale. Ces désaccords ont finalement conduit à l’annulation des assises par l’instance internationale.
Loin de se décourager, les organisateurs gabonais ont décidé de repenser le projet et de poser les bases d’un nouvel événement, indépendant, plus adapté aux réalités africaines et aux défis contemporains des médias. De cette réflexion est née la Conférence internationale de la presse francophone, conçue comme une biennale, avec l’ambition de s’inscrire durablement dans le calendrier des grands rendez-vous médiatiques francophones. « Il ne s’agissait pas de remplacer les assises de l’UPF, mais de créer un espace nouveau, libre, structuré et tourné vers l’avenir », a précisé Désiré Ename. Pour les organisateurs, cette conférence doit devenir un laboratoire d’idées, un cadre d’échanges et un outil de formation pour les journalistes francophones, en particulier africains, confrontés à des mutations technologiques rapides.
Pourquoi l’intelligence artificielle au cœur des débats ?
Pour cette première édition, le choix du thème s’est imposé naturellement : « L’intelligence artificielle et ses impacts sur les médias ». Un thème jugé stratégique dans un contexte où l’IA transforme en profondeur les métiers du journalisme. Production automatisée de contenus, assistance à l’écriture, analyse de données, fact-checking, algorithmes de diffusion de l’information, personnalisation des contenus, l’intelligence artificielle est désormais omniprésente dans les rédactions. « Nous faisons face à un choix clair, celui de s’adapter ou disparaître. L’intelligence artificielle est déjà un acteur central de l’information », a insisté Désiré Ename, présentant la conférence comme un temple de la transformation des médias francophones.
L’objectif affiché est de permettre aux journalistes de comprendre, maîtriser et encadrer l’utilisation de l’IA, afin d’en faire un outil au service de la qualité de l’information et non une menace pour l’éthique et la crédibilité des médias.
La conférence réunira un plateau international d’experts, composé de journalistes chevronnés, de chercheurs et de spécialistes de l’intelligence artificielle. Parmi les intervenants annoncés figurent notamment : Dr Jean Claude Nkou (Congo Brazzaville), spécialiste de l’IA et auteur d’un ouvrage de référence sur le journalisme en Afrique ;
Evelyne Mengue A Koung (Cameroun), directrice d’une Télévision ; Georges Dougueli (France), journaliste à Jeune Afrique, qui animera une table ronde consacrée à l’IA comme nouvel acteur de l’information ; Olivier Piot (France), Bogdan Oprea (Roumanie) etc et bien d’autres experts et venus de la Côte d’Ivoire, du Sénégal et de la Roumanie ; des spécialistes gabonais de l’intelligence artificielle, y compris issus de la diaspora, engagés dans l’innovation technologique et médiatique.
Les travaux s’articuleront autour de conférences magistrales, de tables rondes, de panels thématiques et d’échanges interactifs avec les participants.
Plusieurs axes majeurs structureront les débats, parmi lesquels : Intelligence artificielle et journalisme : menace ou opportunité ? Éthique, crédibilité de l’information et algorithmes IA, médias et démocratie, formation et adaptation des journalistes à l’ère numérique. L’avenir du métier de journaliste face à l’automatisation. La conférence se veut ouverte et inclusive. Si la priorité est donnée aux journalistes, elle s’adresse également aux professionnels de la communication, aux influenceurs reconnus, ainsi qu’aux intéressés par les médias et les nouvelles technologies.
Formation, culture et découverte du Gabon
Au-delà des travaux scientifiques, les organisateurs ont prévu une dimension culturelle et touristique. Une journée touristique, programmée le 23 janvier, permettra aux participants de découvrir Libreville et ses environs. Une halte culturelle mettra en valeur la créativité gabonaise à travers le slam, les arts et les expressions culturelles locales. Toutes les dispositions logistiques – accueil, transports, pauses et restauration – ont été prévues pour assurer le bon déroulement de l’événement. Pour les organisateurs, cette conférence dépasse le seul cadre médiatique. Elle constitue un enjeu stratégique pour le Gabon, en termes de visibilité internationale, de diplomatie médiatique, de formation des ressources humaines et de rayonnement intellectuel.
L’ambition est claire, celle de faire du Gabon un hub francophone de réflexion sur les médias et l’innovation, un lieu de rencontre régulier pour les experts internationaux et un pays de référence dans la transformation numérique des médias en Afrique.
« Nous sommes peut-être les pionniers de quelque chose dont nous ne mesurons pas encore toute l’ampleur », ont conclu les organisateurs. La Conférence internationale sur l’intelligence artificielle et les médias francophones se tiendra du 21 au 25 janvier 2026, à l’Université internationale de Libreville, avec la participation de nombreux acteurs nationaux et internationaux.