C’est au terme de quatre mois de mobilisation ininterrompue que les agents de la main-d’œuvre non permanente (MONP) ont décidé de suspendre leur mouvement de grève. Réunis en assemblée générale ce jeudi 5 février 2026, devant les services de la Solde, les syndicats représentant la MONP ont pris cette décision à l’unanimité, au regard des avancées enregistrées dans les négociations avec le gouvernement. Cette mobilisation, conduite par Eurydice Gulaine Edzang, présidente du Syndicat national de la main-d’œuvre non permanente (SYNAMOPEN), en coalition avec le Rassemblement des agents de la main-d’œuvre non permanente du Gabon (RAPAMONPG) et la Fédération des syndicats des agents de la main-d’œuvre, restera comme l’une des plus longues et des plus structurées de ces dernières années dans le secteur public.
Le mouvement de grève avait été déclenché le 5 décembre 2024, suite à la non-résolution des revendications majeures des agents de la main-d’œuvre non permanente, notamment la régularisation des situations administratives, le paiement des droits sociaux et la reconnaissance institutionnelle de leur statut. Une première séance de travail s’était tenue à la Primature, au cours de laquelle les autorités avaient demandé la transmission du fichier exhaustif de la main-d’œuvre non permanente.
L’arrivée de l’honorable député de la transition Gérard Ella Nguema, se présentant comme émissaire du Président de la République, avait alors conduit les syndicats à suspendre temporairement la grève, dans l’attente d’une audience officielle. Cependant, face à l’absence de réponses concrètes dans les mois suivants, le mouvement de contestation avait repris avec davantage de détermination, traduisant le ras-le-bol profond des agents confrontés à une précarité persistante. Au cours de ces quatre mois de mobilisation, les syndicats ont obtenu deux rencontres clés avec les autorités gouvernementales. La première s’est déroulée avec le Conseiller spécial du Président de la République chargé de l’Entrepreneuriat, à qui les leaders syndicaux ont exposé sans complaisance les difficultés sociales, administratives et financières vécues par les agents non permanents.
La seconde séance de travail s’est tenue avec le Conseiller du Secrétaire général du Ministère des Finances et du Budget, permettant d’aborder directement la problématique de la Solde et des blocages administratifs qui pénalisent des milliers d’agents depuis de nombreuses années. Si les syndicats reconnaissent que les réponses concrètes attendues ne sont pas encore totalement effectives, ils estiment néanmoins que ces échanges ont permis de replacer la question de la main-d’œuvre non permanente au cœur des priorités gouvernementales.
Des avancées institutionnelles et sectorielles significatives
Parmi les avancées majeures saluées par les syndicats figure l’annonce faite lors du dernier Conseil des ministres par le Ministre de la Fonction publique, relative à l’ouverture prochaine d’audits destinés à la régularisation des situations administratives des agents de la main-d’œuvre non permanente. Ces audits devraient déboucher sur la mise en place d’une commission tripartite, associant l’État, les syndicats et les partenaires sociaux, avec pour mission d’examiner les dossiers de manière sérieuse, responsable et équitable. Sur le plan social, l’État a également procédé au paiement de 80 % de la quote-part CNSS des agents de la main-d’œuvre non permanente admis à la retraite.
Une mesure qualifiée de « très conséquente » par les responsables syndicaux, car elle permet de soulager de nombreux agents retraités, longtemps privés de leurs droits sociaux. Par ailleurs, une commission gouvernementale avec le Ministère de l’Éducation nationale a permis l’inscription et l’examen effectif des points relatifs à la main-d’œuvre non permanente du secteur éducatif. Dans le secteur de la santé, des rencontres ont également eu lieu avec les leaders syndicaux, aboutissant à des décisions orientées vers la régularisation des situations administratives des agents non permanents de ce département.
Au regard de l’ensemble de ces évolutions, les syndicats estiment que l’État a posé des actes encourageants en réponse à leurs revendications. Ils saluent l’engagement des plus hautes autorités en faveur de l’amélioration des conditions de vie et de travail des agents de la main-d’œuvre non permanente.
Toutefois, les responsables syndicaux tiennent à souligner que cette suspension de la grève ne signifie nullement la fin de la lutte. Ils appellent à la vigilance, insistant sur la nécessité de voir les annonces gouvernementales se traduire rapidement en actes concrets. C’est dans un esprit de responsabilité, de maturité et d’apaisement que l’assemblée générale a décidé de suspendre le mouvement de grève, tout en accordant un temps d’observation afin d’évaluer la mise en œuvre effective des engagements pris par l’État. La MONP reste donc mobilisée, déterminée et attentive à la suite des événements.