Clôture du séminaire de formation sur l’intelligence artificielle, éthique et responsabilité éditoriale : le RENAJI ouvre une nouvelle ère pour la presse gabonaise

Libreville a vibré, du 18 au 20 février 2026, au rythme de la réflexion et de l’innovation à l’occasion d’un séminaire de formation sur l’intelligence artificielle, organisé par le Réseau national des journalistes indépendants (RENAJI), en partenariat avec le Conseil international pour l’intelligence artificielle (CONIIA). Placée sous le thème « Intelligence artificielle, éthique et responsabilité éditoriale des journalistes », cette rencontre a rassemblé des professionnels des médias venus des quatre coins de Libreville et des Coordinations provinciales, notamment : Ogooué Maritime, Moyen-Ogooué, Ogooué-Ivindo et Woleu-Ntem. Pendant trois jours, journalistes, experts et responsables d’organisations ont échangé autour des enjeux liés à l’intégration de l’intelligence artificielle (IA) dans les pratiques rédactionnelles.

Une initiative saluée comme une étape décisive dans l’adaptation du paysage médiatique gabonais aux mutations technologiques mondiales. La cérémonie de clôture qui a eu lieu vendredi, a été marquée par l’allocution du vice-président du RENAJI, Thomas René She, intervenant au nom du président Aimé Serges Boulingui. Refusant tout discours préparé, il a choisi de s’exprimer avec spontanéité et sincérité. « Je n’ai rien écrit. Je veux parler avec le cœur », a-t-il lancé à l’assistance, rappelant l’intensité et la richesse des échanges vécus durant ces trois jours. Pour lui, l’intelligence artificielle n’est plus une option, mais une réalité incontournable,
« La question n’est plus de savoir si nous devons l’utiliser ou non. Elle est là. Nous devons apprendre à faire avec, et surtout à l’utiliser de manière responsable. », a déclaré Thomas René She.

Profitant de cette tribune, le vice-président du RENAJI a salué la qualité des interventions, la pertinence des débats et l’engagement des participants, tout en rendant hommage aux membres du bureau national, aux coordinations provinciales et au comité d’organisation pour leur mobilisation. Le séminaire qui s’est déroulé à l’Ecole de Management EM-Gabon Université a bénéficié de l’apport d’experts internationaux venus de la France, la Tunisie et le Togo partager leurs connaissances sur les dimensions techniques, éthiques et stratégiques de l’IA appliquée au journalisme.
Les participants ont été initiés aux outils d’automatisation rédactionnelle, aux mécanismes de vérification assistée par l’IA, ainsi qu’aux enjeux liés à la désinformation, aux biais algorithmiques et à la protection des données. Poursuivant son intervention, Thomas René She a insisté sur l’importance de ne pas dissocier innovation et responsabilité,
« L’intelligence artificielle peut nous rendre plus rapides, plus efficaces, mais elle nous oblige aussi à être plus vigilants, plus rigoureux, plus éthiques. », rappelle le vice-président du RENAJI.

Un réseau en pleine structuration nationale

Au-delà de la formation, ce séminaire a servi de cadre pour réaffirmer les ambitions du RENAJI. Le vice-président a évoqué la volonté d’étendre davantage les coordinations provinciales et de renforcer la structuration du réseau sur l’ensemble du territoire national. L’objectif affiché est clair, celui de faire du RENAJI une plateforme nationale forte, capable d’accompagner les journalistes indépendants dans leur montée en compétences face aux défis technologiques et économiques.
Les coordinations provinciales présentes ont été chaleureusement saluées pour leur mobilisation, témoignant d’une dynamique nationale en consolidation. Prenant la parole au nom du président du CONIIA, le Dr Malik Morris Mouzou, empêché pour raisons professionnelles, Germain Pouli, directeur de la Communication de l’institution, a exprimé la satisfaction de son organisation.
Il a rappelé que le programme de formation à l’IA pour les médias a déjà été déployé dans plusieurs pays africains, notamment au Togo, en Côte d’Ivoire et au Sénégal, avec plus de 500 journalistes formés à travers le continent. « La particularité de l’étape gabonaise réside dans la qualité de l’organisation, l’engagement des participants et la pertinence des échanges », a-t-il souligné. Toutefois , il a également insisté sur la nécessité d’intégrer l’éthique comme boussole permanente,
« L’intelligence artificielle doit être un outil d’efficacité, mais elle ne remplacera jamais le discernement humain. La responsabilité éditoriale demeure au cœur du métier. », a indiqué Germain Pouli.

Hospitalité et symbole de partenariat

La cérémonie s’est achevée dans une ambiance conviviale. Un présent symbolique a été offert par le président du RENAJI, Aimé Serges Boulingui au président du CONIIA, le Dr Malik Morris Mouzou, en signe d’hospitalité et de reconnaissance pour le partenariat engagé entre les deux organisations. C’est Madame Nada Ziadi, elle aussi, membre influent du CONIAIA et par ailleurs, formatrice de ce séminaire de formation qui a réceptionné ledit présent. Les délégations provinciales ont ensuite été conviées à un cocktail, tandis que les membres du réseau poursuivaient les échanges autour des perspectives à venir.
Au terme de ces trois jours, un constat s’impose, l’intelligence artificielle redéfinit les pratiques journalistiques, mais elle ne saurait se substituer à l’éthique, à la rigueur et à la responsabilité. En initiant cette formation, le RENAJI affirme sa volonté de positionner les journalistes gabonais à l’avant-garde des mutations numériques, tout en préservant les fondements du métier. Ce séminaire, présenté comme le premier du genre, ouvre la voie à d’autres sessions de formation et à un partenariat durable entre le RENAJI et le CONIIA.

Pour les participants, une certitude demeure, celle de l’avenir du journalisme gabonais s’écrira avec l’intelligence artificielle, mais sous le sceau de la conscience professionnelle et de la responsabilité éditoriale.

Par Dan Steve NGORA MABENGA

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