Élection à la FEGAFOOT : le Dr Axel Nguema Edou appelle à des garanties de transparence dans le processus électoral

À quelques jours de l’ouverture officielle du dépôt des candidatures pour la prochaine élection à la tête de la Fédération Gabonaise de Football (FEGAFOOT), le débat sur les conditions d’organisation du scrutin s’invite déjà dans l’espace public. Ce lundi 9 mars 2026, à Libreville, le candidat déclaré, Axel Nguema Edou a animé un point de presse au cours duquel il a exprimé plusieurs réserves concernant le calendrier électoral récemment rendu public par l’instance dirigeante du football gabonais. Devant les représentants de la presse nationale et internationale, le candidat a expliqué qu’il avait tenu à s’adresser directement à l’opinion afin d’apporter des éclaircissements et de partager ses préoccupations quant au déroulement du processus électoral. Cette prise de parole intervient au lendemain de la publication d’un communiqué du comité exécutif de la fédération fixant le calendrier électoral.
Le document, signé par Jean-Luc Ndong, président de la commission électorale de la FEGAFOOT, précise que la période de dépôt des candidatures s’étend du 9 au 18 mars 2026. Un délai que le Dr Nguema Edou juge particulièrement court au regard des exigences imposées aux candidats. D’entrée de jeu, le candidat déclaré a tenu à saluer la publication du calendrier électoral, considérant qu’il s’agit d’une étape nécessaire dans la préparation du scrutin. Toutefois, il estime que la diffusion tardive de ce calendrier complique sérieusement la constitution des dossiers de candidature dans des conditions sereines et équitables.

Selon lui, l’enjeu dépasse la simple compétition électorale. Il s’agit avant tout de garantir un processus crédible pour l’ensemble des acteurs du football gabonais. « Notre pays traverse une étape importante pour l’avenir de son football. Nous devons donc veiller à ce que le processus électoral soit à la hauteur des attentes des Gabonaises et des Gabonais », a-t-il affirmé devant les journalistes. Dans cette perspective, le Dr Nguema Edou indique avoir adressé, dans la matinée du 9 mars, c’est-à-dire, peu avant la tenue du point de presse, une requête officielle au président de la commission électorale afin d’attirer l’attention sur plusieurs limites susceptibles de fragiliser la transparence du processus.

L’épineuse question des parrainages

Au cœur des préoccupations soulevées par le candidat figure la question des parrainages, condition incontournable pour valider une candidature à la présidence de la fédération. Conformément aux dispositions statutaires de la Fédération Gabonaise de Football, chaque candidat doit recueillir au minimum sept parrainages provenant des membres du congrès de la fédération. Une exigence qui, en soi, ne pose pas de problème de principe, mais qui devient particulièrement complexe à satisfaire dans un délai aussi restreint. Le Dr Nguema Edou souligne que le Gabon compte neuf provinces et que les différents acteurs du football dont les clubs, ligues et autres structures affiliées sont dispersés sur l’ensemble du territoire national. Dans ces conditions, explique-t-il, il est pratiquement impossible d’organiser une tournée complète permettant de rencontrer les responsables des différentes structures et de recueillir leur soutien en seulement dix jours ouvrés. « Obtenir un parrainage ne consiste pas simplement à recueillir une signature. Cela suppose des échanges, des discussions et la présentation d’une vision pour le développement du football national », a-t-il déclaré.

Pour le candidat, cette phase de dialogue est essentielle, car elle permet de construire une dynamique collective autour d’un projet pour le football gabonais.
Au-delà du délai jugé insuffisant, le Dr Nguema Edou déplore également le manque de visibilité concernant l’identité des membres habilités à parrainer les candidatures. S’appuyant sur l’article 12 des statuts de la FEGAFOOT, il rappelle que la liste officielle des membres du congrès doit être accessible au public, notamment à travers le site internet de la fédération.
Or, selon lui, cette disposition n’est pas respectée. Lors de son intervention, il a invité les journalistes à consulter le site officiel de la fédération afin de constater son état d’obsolescence. D’après lui, plusieurs rubriques restent inaccessibles ou renvoient vers des pages en construction.
Plus préoccupant encore, la liste des membres de la fédération n’y figure pas, ce qui empêche les candidats d’identifier clairement les structures habilitées à accorder leur parrainage. Le candidat a également relevé la présence d’informations anciennes sur le site, notamment des références à la Coupe d’Afrique des Nations 2021 organisée au Cameroun, ainsi qu’à l’ancien ministère des Sports de la quatrième République. Pour lui, cette situation traduit un déficit de mise à jour et de modernisation des outils de communication de la fédération.

L’exemple révélateur du football féminin

Pour illustrer les difficultés liées à l’identification des membres de la fédération, le Dr Nguema Edou a évoqué la situation du football féminin au Gabon.
Selon les statuts de la FEGAFOOT, les deux premiers clubs du championnat de première division féminine de la saison précédente doivent être membres de droit de la fédération. Cependant, depuis la création de la Ligue Nationale du Football Féminin (LINAFFEM), aucune compétition féminine de première division n’aurait été organisée, a-t-il affirmé. Plus inquiétant encore, il affirme qu’aucune compétition féminine d’envergure nationale ne s’est tenue depuis plus de deux ans, entraînant la disparition de plusieurs clubs ou sections féminines pourtant affiliées à la ligue. Dans ces conditions, s’interroge-t-il, comment identifier les clubs censés disposer d’un droit de vote au sein du congrès de la fédération ?
Autre point soulevé par le candidat a été celui de l’absence de standards clairs concernant les modalités de parrainage. A en croire le Dr Nguema Edou, aucun formulaire type n’a été mis à disposition des candidats et aucune procédure précise de validation n’a été officiellement communiquée. Cette situation pourrait, selon ses propos, exposer les candidats à une insécurité juridique susceptible de conduire au rejet de certains dossiers pour des raisons purement techniques.
« Dans un processus électoral sérieux, les règles doivent être connues à l’avance, clairement établies et appliquées de manière identique à tous les candidats », a-t-il insisté.

Afin de garantir un processus électoral transparent et équitable, le Dr Nguema Edou a formulé trois recommandations principales à l’attention de la commission électorale dirigée par Jean-Luc Ndong.
La première consiste à publier sans délai la liste officielle et actualisée des membres du congrès de la fédération. Cette mesure permettrait aux candidats d’identifier clairement les structures habilitées à parrainer une candidature. La deuxième proposition porte sur la prolongation du délai de dépôt des candidatures d’au moins vingt-cinq jours ouvrés, à compter de la publication de cette liste, afin de permettre aux candidats d’effectuer leur campagne de parrainage dans de bonnes conditions.
Enfin, il préconise la mise en place de standards de parrainage clairement définis, comprenant un formulaire officiel et une procédure transparente de vérification des signatures.

Un appel à la responsabilité des instances

Malgré les critiques formulées, le candidat se veut constructif et affirme ne pas remettre en cause la légitimité des institutions en charge du processus électoral. Il dit faire confiance à la commission électorale pour prendre en considération ces observations et apporter les ajustements nécessaires. Selon lui, l’objectif n’est pas de favoriser une candidature particulière, mais de garantir la crédibilité du scrutin et de renforcer la confiance des acteurs du football gabonais dans leurs institutions. « Nous devons saisir cette occasion pour poser les bases d’une nouvelle gouvernance du football gabonais », a-t-il déclaré. L’élection à venir à la tête de la Fédération Gabonaise de Football s’annonce particulièrement importante pour l’avenir du football national.
Dans un contexte marqué par des attentes croissantes en matière de gouvernance sportive, de professionnalisation des structures et de développement des compétitions, le prochain président de la FEGAFOOT devra relever de nombreux défis. Parmi ceux-ci figurent notamment la relance du football local, le développement du football féminin, la modernisation des infrastructures sportives et la consolidation des relations avec les instances internationales. Pour le Dr Nguema Edou, cette échéance électorale représente une opportunité de « tourner la page des pratiques héritées de la quatrième République » et d’engager une dynamique de refondation fondée sur la transparence, la responsabilité et l’excellence.

En attendant une éventuelle réaction officielle de la commission électorale, ses déclarations relancent le débat sur la gouvernance du football gabonais et sur les conditions nécessaires à l’organisation d’élections crédibles au sein des institutions sportives nationales.

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