Gabon : la 2ᵉ édition du Concours national de l’artisanat lancée, vitrine du savoir-faire et levier de transformation économique

Libreville, la capitale gabonaise a vibré au rythme de la créativité et du génie local à l’occasion du lancement officiel de la deuxième édition du Concours national de l’artisanat. Organisée au siège de la Chambre nationale des métiers de l’artisanat du Gabon (CNMAG), cette cérémonie a rassemblé un large éventail d’acteurs, composés des autorités gouvernementales, artisans, jeunes entrepreneurs, partenaires institutionnels et professionnels du secteur, tous mobilisés autour d’une même ambition, celle de faire de l’artisanat un pilier structurant de l’économie nationale. À la tribune, la ministre du Tourisme Durable et de l’Artisanat, le Pr Marcelle Ibinga, épse Itsitsa, a donné le ton d’un événement placé sous le signe de la reconnaissance et de la valorisation du patrimoine culturel gabonais.

Dans un discours empreint de solennité, elle a salué une initiative qui met en lumière « les femmes et les hommes qui, à travers leurs mains, racontent l’histoire et l’identité du Gabon ». « Ce moment est solennel, car il consacre la reconnaissance du talent de nos artisans et leur contribution essentielle à l’identité culturelle de notre pays. L’artisanat n’est pas seulement une activité économique, il est aussi une expression vivante de notre culture », a-t-elle déclaré, suscitant l’adhésion de l’assistance. Au-delà de l’aspect symbolique, la ministre a insisté sur la nécessité de mieux structurer le secteur, de renforcer les mécanismes d’accompagnement et d’encourager la professionnalisation des artisans, notamment les plus jeunes.

Prenant la parole à son tour, le président de la CNMAG, Aristophane Tsinga Massala, a mis en exergue la dimension stratégique de ce concours. Pour lui, cette initiative dépasse largement le cadre d’une simple compétition, car elle constitue un véritable outil de détection, de promotion et d’accompagnement des talents. « L’artisanat est un secteur porteur, mais encore sous-exploité. À travers ce concours, nous voulons identifier les meilleurs talents, les encadrer et leur offrir des perspectives concrètes de développement », a-t-il affirmé.
Ouverte aux Gabonais âgés de 18 à 45 ans, cette deuxième édition se distingue par une diversification importante des catégories en compétition. Douze corps de métiers sont concernés, allant de la coiffure à la maçonnerie, en passant par la couture, la bijouterie, l’onglerie, la mode, la sculpture ou encore la vannerie.

Ce choix traduit la volonté des organisateurs de refléter toute la richesse et la diversité de l’artisanat gabonais, qu’il soit traditionnel ou moderne. L’introduction de nouveaux métiers, notamment dans le domaine du bâtiment, marque une évolution notable. La maçonnerie, activité largement pratiquée par les jeunes, bénéficie ainsi d’une reconnaissance officielle dans le cadre du concours. L’onglerie, souvent perçue comme un métier informel, fait également son entrée, illustrant une volonté d’ouverture vers des filières émergentes et génératrices de revenus.

Une compétition professionnalisée et mieux structurée

Autre innovation majeure de cette édition, la participation est désormais exclusivement réservée aux professionnels. Une décision assumée par les organisateurs, qui entendent garantir l’équité et rehausser le niveau de la compétition. « Il ne serait pas équitable de faire concourir des apprentis avec des professionnels. Ce concours vise à mettre en lumière ceux qui exercent déjà et qui ont besoin de visibilité pour franchir un cap », a expliqué un membre du jury. Les leçons de la première édition ont, par ailleurs, été pleinement intégrées. Les organisateurs assurent avoir corrigé les insuffisances constatées l’an dernier, notamment en matière d’organisation, d’évaluation et de logistique. Le concours se déroule ainsi du 1er au 9 avril 2026, sur différents sites adaptés aux spécificités techniques de chaque métier, avec l’appui de partenaires spécialisés.

Du côté du jury, l’exigence est de mise. Pour la catégorie coiffure, l’un des professionnels a précisé que le thème retenu cette année met l’accent sur la coupe et sa mise en valeur, avec une dimension moderne et universelle, en rupture avec l’approche plus traditionnelle adoptée lors de la première édition. Au-delà de la compétition, le Concours national de l’artisanat se veut un véritable catalyseur d’opportunités. Une quarantaine de participants devraient bénéficier d’un accompagnement post-concours, incluant formation, mentorat, mise en réseau et accès à des financements.
L’objectif est clair, celui de transformer les talents en véritables entrepreneurs capables de créer de la valeur et de l’emploi. En facilitant les rencontres entre artisans, investisseurs et institutions, les organisateurs entendent renforcer l’écosystème entrepreneurial autour de l’artisanat.

Dans cette perspective, un projet d’institutionnalisation du concours est à l’étude. Il pourrait être intégré dans la loi de finances 2027, permettant ainsi d’assurer sa pérennité et d’élargir son champ d’action à l’ensemble du territoire national. « Les artisans ne se trouvent pas uniquement à Libreville. Il est essentiel que ceux des provinces puissent également participer et bénéficier des retombées de cette initiative », a-t-on souligné.

Vers une reconnaissance accrue de l’artisanat gabonais

Portée par CNMAG, cette initiative s’inscrit dans une dynamique plus large de promotion du patrimoine culturel et de diversification économique. Longtemps relégué au second plan, le secteur artisanal apparaît aujourd’hui comme un gisement d’emplois et d’innovation, capable de contribuer significativement au développement du pays. À travers cette deuxième édition, le Gabon envoie un signal fort, celui de la reconnaissance du rôle stratégique des artisans dans la construction d’une économie plus inclusive et résiliente.

Le rendez-vous est désormais pris pour les prochaines étapes du concours, qui promettent de révéler au grand public des talents d’exception et de célébrer, une fois de plus, la richesse, la créativité et l’authenticité du savoir-faire gabonais.

Don't Miss