Libération provisoire de Sylvie Bongo : le Procureur général répond aux critiques

Lors d’une conférence de presse tenue ce jour mercredi 23 juillet, Dr. Eddy Minang, Procureur général, près la Cour d’Appel Judiciaire de Libreville, s’est exprimé sans détour sur la polémique entourant la mise en liberté provisoire de Sylvie Marie Aimée Valentin épse Bongo, ancienne Première Dame du Gabon, et de son fils Noureddin Bongo Valentin.

Face à une assemblée nombreuse composée de journalistes, le Procureur général a tenu à clarifier les fondements juridiques et éthiques ayant encadré cette décision judiciaire, en insistant sur le respect des principes de droit gabonais, souvent mal interprétés dans les commentaires publics récents.

Le Dr. Minang a ouvert son propos en invoquant l’article 143 du Code de procédure pénale gabonais, qui permet à toute personne détenue ou à son avocat de demander une mise en liberté provisoire « en toute période de la procédure ». Il a précisé que cette demande peut être accordée, même dans les affaires les plus sensibles, dès lors que les conditions prévues par la loi sont réunies.

« En droit pénal gabonais, il est incorrect de parler de « détention provisoire ». Les textes emploient les termes « détention préventive » et « liberté provisoire ». Certains professionnels du droit devraient se garder de proférer des inepties publiques », a-t-il martelé, critiquant vertement un avocat français des Bongo ayant mis en cause la justice gabonaise dans des termes peu mesurés.

Devoirs déontologiques rappelés à l’ordre

Sur un ton à la fois ferme et pédagogique, le Procureur général, près la Cour d’Appel Judiciaire de Libreville, Eddy Minang a tenu à rappeler les obligations déontologiques qui s’imposent à tous les professionnels du droit, y compris ceux exerçant à l’étranger. « Les avocats, en France comme au Gabon, sont tenus à un devoir de modération dans leurs prises de parole publiques », a-t-il souligné, s’appuyant notamment sur un arrêt de la Cour de cassation française de 2010.

Le magistrat en chef a dénoncé les attaques personnelles à l’encontre des magistrats gabonais, tout en saluant l’exemplarité de grandes figures du barreau français comme Jacques Vergès, Robert Badinter ou encore Gisèle Halimi, « qui n’ont jamais franchi les lignes rouges du respect institutionnel ».

Toutefois, le Dr. Eddy Minang a élargi son propos à une critique plus générale de ce qu’il appelle une « attitude condescendante et dénigrante de certains Occidentaux à l’égard des Africains ». Il a dénoncé un complexe de supériorité hérité de l’histoire coloniale, affirmant que « les compétences ne dépendent ni de la couleur de peau ni de l’origine géographique ».

Répondant à ceux qui ont mis en doute les qualifications des magistrats gabonais, il a rappelé, non sans une certaine ironie, avoir lui-même soutenu une thèse de doctorat à l’Université Paris-Panthéon-Assas, « avec mention très honorable et félicitations du jury ».

Un appel à l’humilité et au respect

Au cours de cette conférence de presse, le Procureur général a appelé à un retour au respect mutuel entre auxiliaires de justice, quels que soient leurs grades ou leurs origines. « Je suis même disposé à encadrer pédagogiquement cet avocat français qui ose manquer derespect à la Justice gabonaise, s’ils le souhaite», a-t-il lancé, non sans une pointe d’ironie.

Par cette intervention médiatique, le Dr. Eddy Minang aura voulu recentrer le débat sur les textes et principes de droit, tout en défendant l’honneur et l’indépendance de la justice gabonaise dans un contexte de tensions et de critiques virulentes.

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