La scène politique de la Nyanga semble entrer dans une zone de turbulence. Depuis plusieurs semaines, l’ancien ministre de l’Agriculture et ex-questeur de l’Assemblée nationale, Jonathan Ignoumba, fait l’objet d’attaques répétées sur les réseaux sociaux. Accusations, insinuations, montages et messages à charge alimentent un climat politique tendu dans cette province longtemps réputée frondeuse mais désormais ralliée au cercle présidentiel.
Pour de nombreux observateurs, cette avalanche de critiques n’aurait rien de spontané. Elle serait plutôt le symptôme d’une rivalité interne qui divise les acteurs politiques locaux à l’approche de la formation du prochain gouvernement de la Ve République.
Selon plusieurs sources politiques locales, les accusations visant Jonathan Ignoumba relèveraient d’une stratégie de fragilisation orchestrée par des adversaires politiques désireux d’empêcher son retour au sein du gouvernement.
Sorti de l’exécutif lors du remaniement de mai 2024, l’ancien ministre serait désormais perçu comme un potentiel candidat à un comeback politique, ce qui alimenterait certaines tensions.
« On l’accuse de tout et de rien : trahison, ambitions excessives, négociations secrètes… Rien n’est prouvé. Ce sont des rumeurs calculées, rien de plus », confie un cadre politique de la province.
Les proches de l’ancien ministre dénoncent une campagne de dénigrement orchestrée par des acteurs politiques qu’il aurait lui-même soutenus par le passé.
« Ce qui se passe est indécent. Ceux qui aujourd’hui l’accusent sont les mêmes qu’il a soutenus dans des moments difficiles », affirme un de ses partisans.
Pour eux, l’objectif est clair : éroder son influence politique, ternir son image et empêcher toute possibilité de repositionnement stratégique.
Dans la Nyanga, l’image de Jonathan Ignoumba demeure contrastée mais structurante. Ses militants le présentent comme un homme capable de fédérer au-delà des clans, un profil rare dans une province politiquement fragmentée.
Ses adversaires, eux, redoutent précisément cette capacité d’unification, y voyant une menace à leurs ambitions locales.
La temporalité n’est pas anodine. À mesure que se rapproche l’annonce du prochain gouvernement, les positionnements se durcissent.
Dans ce contexte, certains analystes estiment que le natif de Mongo est devenu une pièce stratégique — susceptible d’obtenir un portefeuille, ou au contraire d’être neutralisé avant toute nomination possible.
Au-delà du cas individuel, cette séquence expose une réalité persistante de la vie politique gabonaise :
la bataille pour l’accès au pouvoir reste souvent plus féroce que l’exercice du pouvoir lui-même.