Auteure, promotrice culturelle et gestionnaire, Lidwine Staelle Ngoundji a présenté ce samedi 10 janvier 2026 au public son nouvel ouvrage intitulé Lissimbou, Mon héritage culturel : entre tradition et modernité. Une œuvre à la croisée du témoignage personnel, de la recherche culturelle et de l’engagement éducatif, qui s’inscrit dans une démarche de sauvegarde du patrimoine immatériel et de transmission des valeurs traditionnelles aux jeunes générations. Cette rencontre littéraire qui a eu pour cadre le Centre culturel français (CCF), a permis à l’auteure de revenir sur les motivations profondes qui ont conduit à l’écriture de ce livre. Selon elle, l’ouvrage est avant tout le fruit d’un parcours personnel marqué par une immersion dans plusieurs communautés, aussi bien en Afrique qu’en Occident.
« Après avoir côtoyé différentes cultures, j’ai ressenti le besoin de revenir à la mienne pour mieux comprendre qui je suis et me repositionner dans ma propre communauté », explique-t-elle.
Dans Lissimbou , Mon héritage culturel : entre tradition et modernité, l’auteure met en lumière les rites et pratiques traditionnelles de sa communauté, aujourd’hui en voie de disparition. Elle insiste particulièrement sur le rôle central qu’occupait autrefois l’éducation traditionnelle, notamment celle de la jeune fille, transmise à travers des rites initiatiques structurants. D’après Lidwine Staelle Ngoundji, ces rites n’étaient pas de simples cérémonies, mais de véritables écoles de la vie, porteuses de valeurs morales, sociales et spirituelles. Leur affaiblissement progressif expliquerait, en partie, la perte de repères identitaires observée chez les jeunes générations.
« Aujourd’hui, les jeunes filles et les jeunes en général sont en manque de repères et d’identité culturelle », déplore madame Ngoundji.
L’ouvrage vise donc, en premier lieu, à documenter et valoriser cet héritage culturel afin d’éviter qu’il ne tombe dans l’oubli. Il s’agit également d’un appel à la prise de conscience collective sur l’urgence de préserver les fondements culturels qui structuraient autrefois les sociétés africaines.
Une démarche personnelle et maternelle
Au-delà de l’aspect culturel, ce livre représente aussi un cheminement intime. En tant que mère, l’auteure s’est interrogée à plusieurs reprises sur le type d’éducation à transmettre à ses enfants dans un monde en pleine mutation. Ces questionnements personnels ont nourri sa réflexion et renforcé sa conviction selon laquelle la modernité ne doit pas se faire au détriment des valeurs traditionnelles. « Revenir à ma culture m’a permis de me réapproprier des valeurs essentielles, capables de guider l’enfant tout au long de sa vie », affirme-t-elle. Certifiée professionnelle du changement depuis plus de vingt ans, et engagée de longue date dans l’éducation de la jeune fille, l’auteure inscrit son action dans une dynamique de revalorisation du patrimoine culturel. Ses recherches l’ont conduite à découvrir et à s’approprier le concept d’ethno-éducation, une approche pédagogique encore peu connue du grand public. L’ethno-éducation consiste à s’appuyer sur les modes d’apprentissage traditionnels, les savoirs endogènes et les valeurs culturelles pour les adapter au contexte éducatif contemporain. Pour l’auteure, cette approche pourrait apporter des réponses durables aux échecs répétés de certaines méthodes de sensibilisation modernes.
Responsable d’un centre d’accueil pour enfants et active au sein d’une ONG, elle explique avoir expérimenté plusieurs approches éducatives qui n’ont pas toujours donné les résultats escomptés.
« Lorsque je me suis rendu compte que les valeurs fondamentales dont nous avons besoin se trouvent déjà dans notre culture, j’ai compris que l’ethno-éducation pouvait faire la différence », souligne-t-elle. Lors de cette présentation officielle, l’auteure a tenu à rappeler que la crise des repères chez les jeunes ne saurait être imputée uniquement aux institutions. Elle appelle à une responsabilité collective, en commençant par la cellule familiale.
« Nous sommes tous responsables de ce que nous déplorons aujourd’hui. Si chacun prenait ses responsabilités dans sa maison et dans sa famille, il y aurait moins de délinquance, moins de violence et moins de dépravation des mœurs », a martelé Lidwine Staelle Ngoundji.
Lancement officiel et engagement social
La cérémonie marquait également le lancement officiel de la campagne de dédicace et de vente de l’ouvrage. Le livre est proposé au prix de 10 000 FCFA. Un aspect solidaire accompagne cette initiative, puisque une partie des recettes est reversée à une ONG œuvrant pour la scolarisation des jeunes filles sans appui familial. L’auteure est par ailleurs connue pour un premier ouvrage de coaching intitulé Pourquoi je me suis mariée, actuellement disponible à la librairie de l’Assemblée nationale, où elle a siégé en tant que députée de la Transition. Ce livre sera prochainement distribué dans d’autres librairies.
À travers ses écrits et ses actions, Lidwine Staelle Ngoundji démontre que la culture, loin d’être figée, peut devenir un puissant levier d’éducation, de cohésion sociale et de transformation durable des mentalités.