Le Collectif SOS Éducation nationale a tenu, ce samedi 10 janvier 2026, une importante assemblée générale à l’école publique de Martine Oulabou, au lendemain du dépôt officiel de son cahier de charges sur la table du ministre de l’Éducation nationale. Cette rencontre, fortement suivie par les enseignants, visait à évaluer les premiers échanges engagés avec la tutelle et à décider de la conduite à tenir pour la suite du mouvement. En effet, une première séance de négociation s’est récemment tenue au complexe scolaire, au cours de laquelle le ministre de l’Éducation nationale, Camélia Ntoutoume Leclercq a reçu les partenaires sociaux du secteur éducatif. Une initiative saluée par le collectif, qui y voit un signe d’ouverture au dialogue, sans pour autant y lire, pour l’heure, des avancées concrètes susceptibles de mettre fin au mouvement de grève en cours.
Prenant la parole au nom de la base, Évariste Ndong Allogo, membre du Collectif SOS Éducation, a tenu à clarifier la position des enseignants face aux nombreuses interrogations suscitées par cette rencontre avec la tutelle. « Nous avons effectivement entamé des négociations avec le ministre de l’Éducation nationale. Nous espérons qu’elles vont se poursuivre et qu’elles iront dans le sens souhaité par l’ensemble des enseignants du Gabon. Toutefois, à ce stade, aucune décision n’a été prise pour suspendre le mouvement », a-t-il indiqué.
Contrairement à certaines rumeurs, le collectif a tenu à dissiper toute confusion : les cours sont suspendus et la grève, elle, se poursuit. Les enseignants présents à l’assemblée générale ont unanimement décidé de maintenir la mobilisation, estimant que les revendications portées depuis plusieurs mois voire des années demeurent, pour l’essentiel, sans réponses satisfaisantes.
« La grève n’est pas suspendue. Il y a peut-être eu un lapsus dans certaines déclarations, mais nous le répétons clairement que le mouvement de grève continue », a insisté un autre intervenant, sous les applaudissements de l’assemblée.
Les participants ont également rappelé que toute décision majeure relève exclusivement de la base, seule habilitée à fixer les dates des assemblées générales et à statuer sur l’évolution du mouvement. À ce jour, aucune concertation définitive n’a encore eu lieu à ce sujet. La date de la prochaine assemblée générale sera communiquée ultérieurement, une fois la base consultée.
Un cahier de charges dense et structuré
Déposé le 6 décembre 2025, le cahier de charges du Collectif SOS Éducation dresse un tableau exhaustif des difficultés auxquelles fait face le secteur éducatif gabonais. Il s’articule autour de revendications à court, moyen et long termes, visant à améliorer à la fois les conditions de travail des enseignants et la qualité du système éducatif. Parmi les revendications prioritaires figurent notamment : la régularisation immédiate des situations administratives (recrutements, intégrations, titularisations, reclassements, avancements) avec application des effets de solde ; le paiement intégral de tous les rappels de solde, sans exigence de composition de dossiers supplémentaires ; la mise en solde des enseignants bénévoles ainsi que des 900 enseignants des sciences ;
l’affectation immédiate des enseignants sortants des écoles de formation (ENIL, ENS, ENSET, INGS) avec salaires.
À moyen terme, le
revendique notamment la limitation des effectifs à 50 élèves maximum par classe, la suspension de l’APC au secondaire tant que les conditions d’application ne sont pas réunies, la mise en place effective de la prime d’éloignement, ainsi qu’une prime de pénibilité du métier d’enseignant. À long terme, les enseignants plaident pour une révision du statut particulier des enseignants, la mise en place d’une prime de risque liée aux maladies professionnelles, la revalorisation des copies d’examens et une meilleure protection juridique et sociale du personnel enseignant. Tout en réaffirmant leur disponibilité au dialogue, les membres du Collectif SOS Éducation exigent des autorités publiques, un calendrier précis tenant compte de l’urgence de la situation ;
des engagements fermes et écrits ; la mise en place d’un mécanisme de suivi pour garantir l’effectivité des réformes annoncées.
Dans un contexte marqué par de fortes attentes des communautés éducatives et des apprenants, les enseignants estiment que seule une réponse structurelle et durable permettra de restaurer la confiance et d’assurer un système éducatif plus juste et performant. En attendant des avancées concrètes issues des négociations avec la tutelle, le Collectif SOS Éducation reste mobilisé et appelle l’ensemble des enseignants à demeurer vigilants et solidaires.