La cérémonie de prise de fonctions du nouveau Procureur de la République, près le tribunal de première instance de Libreville, Dick Fabrice Boungou Mickolo, s’est déroulée vendredi 9 janvier 2026, dans une atmosphère à la fois solennelle et empreinte de gravité institutionnelle. Dans un discours dense et structuré, prononcé devant le ministre de la Justice, garde des sceaux, chargé des droits humains, Augustin Emane, le magistrat a tenu à inscrire son mandat sous le sceau de la responsabilité, de l’autorité judiciaire et du respect scrupuleux de l’État de droit.
Dès les premières paroles, le Procureur de la République a exprimé sa profonde reconnaissance pour la confiance placée en lui, soulignant que celle-ci « honore autant qu’elle oblige ».
Une obligation morale et professionnelle qui engage pleinement sa responsabilité à l’égard de l’institution judiciaire, des justiciables et de la République. Il n’a pas manqué de rendre un hommage appuyé à celles et ceux qu’il a qualifiés de « mains invisibles », souvent discrètes mais toujours déterminantes, qui participent aux processus d’observation, d’évaluation et de décision concernant la carrière des magistrats.
Ces acteurs de l’ombre, garants de l’exigence, de l’engagement et de la loyauté au sein du corps judiciaire, ont été publiquement salués pour leur rôle essentiel dans la consolidation de la crédibilité de la justice. À leur endroit, le nouveau maître des poursuites judiciaires de Libreville a adressé ses sincères remerciements. Au-delà de l’émotion personnelle liée à sa nomination, le chef du Parquet a rappelé avec force que la prise de fonctions d’un Procureur de la République ne saurait être réduite à un simple acte administratif. Elle constitue, au contraire, un moment institutionnel fort, une réaffirmation du rôle central du Parquet dans l’architecture judiciaire de l’État et dans le fonctionnement harmonieux de la chaîne pénale.
Dans cette perspective, il a tenu à clarifier, sans ambiguïté, les principes fondamentaux qui gouvernent les relations entre le Parquet et les services de police judiciaire. Dick Fabrice Boungou Mickolo a rappelé que les enquêtes de police judiciaire sont conduites sous la direction et le contrôle du Procureur de la République, que les décisions engageant la procédure pénale doivent émaner de son autorité, et que, dans l’exercice de leurs missions judiciaires, les officiers de police judiciaire (OPJ), ont pour interlocuteur institutionnel naturel et exclusif le Procureur de la République.
Toutefois, le directeur des enquêtes judiciaires a pris soin de préciser qu’il ne s’agissait en aucun cas de remettre en cause les chaînes de commandement administratives ou militaires propres aux différents corps constitués. Il s’agit plutôt de rappeler un principe fondamental de l’État de droit : dès lors que les agents agissent en qualité d’OPJ, ils sont placés sous l’autorité judiciaire du Parquet, garant de la légalité des procédures et du respect des libertés individuelles.
S’adressant ensuite aux forces de sécurité, aux partenaires judiciaires et aux acteurs de la chaîne pénale, le Procureur de la République a exprimé sa volonté de bâtir une relation de travail fondée sur la clarté, le respect mutuel et la compréhension des contraintes du terrain. M. Boungou Mickolo a annoncé une ligne de conduite reposant sur une autorité ferme, une écoute responsable et une exigence constante de respect de la loi, afin de faire prévaloir l’État de droit en toutes circonstances. Un passage important de son discours a été consacré aux magistrats du siège et du parquet, et plus particulièrement à ceux nouvellement affectés au sein de la juridiction.
S’exprimant avec franchise, le chef du Parquet a rappelé que le métier de magistrat est à la fois noble et redoutablement sensible. Un métier où chaque décision, chaque réquisition, chaque orientation procédurale, et parfois même chaque silence, peut avoir des conséquences profondes sur les libertés individuelles, la cohésion sociale et la confiance des citoyens dans la justice.
Il a mis en garde ses collègues contre les rôles ambiguës, les relations équivoques et les tentations susceptibles d’affaiblir l’indépendance et l’impartialité du magistrat. Le nouveau Procureur de Libreville, nommé lors du dernier Conseil Supérieur de la Magistrature le 19 décembre dernier, a souligné que le courage judiciaire ne consiste pas à céder à la facilité, mais à assumer pleinement ses responsabilités, au risque parfois de l’impopularité, au nom des principes et de la loi.
Le Procureur de la République a également insisté sur l’importance de la discipline, de l’éthique et de la rigueur professionnelle, rappelant que le Parquet doit être une institution accessible, attentive aux réalités humaines et sociales, mais jamais complaisante. Une institution qui écoute, mais qui tranche ; qui comprend, mais qui décide ; et qui demeure résolument fidèle aux principes fondamentaux de la justice. La prise de fonctions Dick Fabrice Boungou Mickolo a dessiné les contours d’un mandat placé sous le signe de l’autorité responsable, de l’intégrité morale et du service loyal de la République. Un message fort, adressé tant aux acteurs judiciaires qu’aux citoyens, qui réaffirme la place du Parquet comme pilier essentiel de l’État de droit et garant de l’équilibre entre ordre public et libertés individuelles.