Le Conseiller spécial du Président de la République, Porte-parole de la Présidence, Théophane Junior Nzame-Nze Biyoghe, a animé ce jour mercredi 21 janvier 2026, au Palais présidentiel une conférence de presse d’envergure, la première de l’année, consacrée exclusivement à l’actualité nationale. Une actualité dense, marquée à la fois par des tensions sociales, des préoccupations sécuritaires et des enjeux économiques majeurs. Avant toute communication officielle, le Porte-parole a tenu à ouvrir la rencontre par un moment de recueillement en mémoire de Brice Ndong, journaliste décédé hier dans des circonstances tragiques. Au nom du Président de la République, il a adressé les condoléances du Chef de l’État à la famille du défunt, à ses collègues et à l’ensemble de la corporation journalistique.
« Brice Ndong était brillant journaliste. Il va nous manquer », a déclaré Théophane Junior Nzame-Nze Biyoghe, invitant l’assistance à observer une minute de silence pour honorer la mémoire de ce professionnel des médias, arraché à la vie de manière brutale.
Éducation : des revendications légitimes et un passif lourd
Entrant dans le cœur de l’actualité, le Porte-parole est largement revenu sur la crise qui secoue le secteur éducatif, marquée par un mouvement de grève observé depuis décembre 2025. Il a rappelé que, sous l’impulsion directe du Président de la République, Chef de l’État et Chef du gouvernement Brice Clotaire Oligui Nguema, des discussions ont été engagées avec les acteurs syndicaux afin de trouver des solutions durables. Ces discussions ont déjà permis des avancées concrètes, notamment la mise en solde de 328 sortants des Écoles normales, soit 100 % des dossiers concernés, ainsi que l’engagement de l’État à intégrer 692 sortants de l’ENI et de l’ENS, selon une programmation arrêtée d’un commun accord avec les partenaires sociaux. Au-delà des chiffres, le Chef de l’État, a souligné le Porte-parole, reconnaît pleinement le caractère légitime des revendications des enseignants. Celles-ci sont le fruit de « décennies de tergiversations et de mauvaise gestion », ayant engendré un passif particulièrement lourd.
Un héritage qui, a-t-il précisé, ne peut être résorbé par des solutions immédiates aux effets instantanés. Depuis le début de la Transition, le Président de la République a néanmoins engagé des actions fortes pour améliorer progressivement les conditions de vie et de travail des enseignants. Parmi celles-ci figurent : la construction, l’extension et la rénovation de 296 infrastructures scolaires depuis le 8 septembre 2023 ; le rétablissement des bourses d’études, annoncé le 4 septembre 2023 ; la création d’instituts de formation des professeurs d’école, notamment à Franceville et à Oyem.
Rappelant que « chacun d’entre nous, y compris le Président de la République lui-même, doit ce qu’il est aujourd’hui à un ou plusieurs enseignants », le Porte-parole a insisté sur la place centrale de l’éducation dans la vision présidentielle pour l’avenir du Gabon.
Dans ce contexte, un appel solennel à l’apaisement et au sens des responsabilités a été lancé à l’ensemble de la communauté éducative, l’objectif prioritaire étant de sauver l’année scolaire des enfants gabonais.
Santé : dialogue social et réformes structurelles
La conférence de presse a également été l’occasion d’aborder la situation dans le secteur de la santé. Le Porte-parole, Théophane Junior Nzame-Nze Biyoghe a rappelé que le Chef de l’État a reçu en audience, hier mardi, les responsables des 13 syndicats du secteur, illustrant son attachement à un dialogue social permanent et constructif. Cette rencontre a permis de passer en revue l’ensemble des revendications, notamment : la situation administrative des agents ; la gestion de la main-d’œuvre non permanente ; la gouvernance et le fonctionnement des structures hospitalières. D’après lui, le Président de la République aurait rassuré les partenaires sociaux quant à la prise en compte progressive, réaliste et responsable de ces revendications, en cohérence avec les capacités actuelles de l’État. Là encore, plusieurs actions engagées depuis la prise de fonction du Chef de l’État ont été rappelées, notamment : l’adoption du Plan national de développement sanitaire (PNDS) ; l’adoption de la Politique nationale de santé ; la régularisation administrative et la mise en solde de plus de 700 agents de santé, incluant des personnels en attente et des sortants d’écoles ; la réhabilitation et la réouverture des écoles de santé à Moanda, Makokou et Oyem ; Mouila, la mise en place d’une chaîne de froid vaccinale ; l’équipement et la mise en service de plusieurs hôpitaux départementaux, notamment à Fougamou, Mbigou et Minvoul.
Dans la continuité de cette démarche, la mise en place prochaine d’une commission paritaire de concertation permanente est envisagée afin de renforcer le dialogue autour des problématiques de santé publique. Abordant les événements récents ayant profondément ému l’opinion nationale, le Porte-parole a évoqué la lutte contre l’insécurité, devenue une préoccupation majeure des populations. Le Chef de l’État, a-t-il assuré, demeure fermement engagé à protéger les citoyens.
Parallèlement, le Président de la République veille à garantir une justice indépendante, efficace et crédible, pilier fondamental de l’État de droit et instrument essentiel dans la lutte contre la criminalité et l’impunité.
À cet effet, Théophane Junior Nzame-Nze Biyoghe a rappelé l’interpellation du Chef de l’État à l’endroit des magistrats, le 19 décembre dernier, lors d’une session du Conseil supérieur de la magistrature, les exhortant à ne plus être « un simple spectateur des soubresauts de la vie publique » et à sanctionner, conformément à la loi, tous les actes illicites, quels qu’en soient les auteurs.
Économie : le Club de Libreville au service de la souveraineté nationale
Sur le plan économique, le Porte-parole est revenu sur la nouvelle édition du Club de Libreville, initiative portée par la volonté présidentielle de mobiliser le secteur financier national au service du développement économique du pays.
Il s’agit notamment d’amener les établissements de crédit à financer les projets de l’État, à accompagner et conseiller les pouvoirs publics, et à soutenir les politiques de transformation de l’économie, afin qu’elles servent prioritairement les intérêts des Gabonais.
Cette mobilisation est jugée indispensable pour accompagner la mise en œuvre du Plan de croissance et de développement 2026-2030, traduisant l’ambition du Chef de l’État de renforcer la souveraineté économique du Gabon. Le Porte-parole a réaffirmé que le Président de la République demeure pleinement engagé à conduire le Gabon sur la voie de la stabilité, du dialogue, de la justice sociale et du développement durable, avant de se tenir à la disposition des journalistes pour répondre à leurs questions.