C’est sous un soleil accablant que les personnels de santé, réunis au sein du collectif « Urgence Santé », ont tenu une importante assemblée générale ce samedi 24 janvier 2026 au Centre hospitalier universitaire de Libreville (CHUL). Cette rencontre, marquée par une forte mobilisation des agents de santé, visait essentiellement à faire un compte rendu détaillé à la base des échanges récents avec les plus hautes autorités du pays, notamment le Président de la République, Chef de l’État et Chef du gouvernement, Brice Clotaire Oligui Nguema. L’assemblée générale a été conduite par Mme Marie Blanche Ntolo Esso, infirmière et membre active de la base du collectif.
Face à ses collègues, elle a rappelé le contexte ayant conduit à cette mobilisation, insistant sur la nécessité de transparence et d’information à l’endroit des agents de santé, premiers concernés par les décisions annoncées. Selon Mme Ntolo Esso, le collectif « Urgence Santé » a officiellement déposé, le 14 janvier dernier, un cahier de charges auprès du ministère de tutelle, exposant les nombreuses difficultés administratives, professionnelles et sociales auxquelles font face les personnels de santé depuis plusieurs années.
À la suite de cette démarche, le Président de la République a rapidement convoqué une réunion d’urgence à la Présidence, témoignant, selon le collectif, de son attention particulière portée aux revendications du secteur sanitaire. À l’issue de cette rencontre présidentielle, plusieurs points inscrits dans le cahier de charges ont été actés. Parmi les mesures phares figure l’octroi de 4 000 postes budgétaires destinés au ministère de la Santé, une décision comparable à celle prise récemment en faveur de l’Éducation nationale. Cette mesure est perçue par les agents comme une avancée majeure susceptible de résorber en partie les situations de précarité administrative longtemps dénoncées. En outre, une commission spéciale de suivi est annoncée.
Elle aura pour mission de traiter un ensemble de dossiers sensibles, notamment les recrutements des sorties d’écoles, les intégrations des agents déjà affectés sans situation administrative régulière, les avancements, ainsi que les diverses régularisations de carrière en souffrance. Le collectif a également attiré l’attention sur la situation des infirmiers assistants, dont certains stagnent au même grade depuis près de vingt ans. Sur ce point, le Chef de l’État aurait donné des instructions pour un reclassement exceptionnel, afin de corriger une injustice administrative devenue chronique dans le secteur de la santé.
Mme Ntolo Esso a tenu à préciser la nature du collectif « Urgence Santé », rappelant qu’il ne s’agit pas d’une organisation syndicale, mais d’un regroupement citoyen et professionnel d’agents de santé. « Nous ne sommes pas syndicalistes, mais nous sommes des agents de santé. À ce titre, nous avons le droit de nous organiser en collectif pour revendiquer ce qui nous est dû », a-t-elle déclaré, tout en soulignant que c’est ce collectif qui est à l’origine du mouvement de revendication. Tout en saluant la réactivité du Président de la République, le collectif n’a pas manqué d’exprimer certaines préoccupations. Les membres d’« Urgence Santé » regrettent en effet que leurs représentants ne soient pas, pour l’instant, explicitement intégrés à la future commission de suivi. Ils plaident pour la présence d’au moins trois représentants du collectif, aux côtés des leaders syndicaux, afin d’assurer un suivi rigoureux et inclusif des dossiers concernés.
Sur la question d’une éventuelle suspension de travail, la responsable du collectif a levé toute confusion. Elle a affirmé que les agents de santé n’ont jamais cessé le travail, se limitant au dépôt du cahier de charges et à l’émission d’un préavis. Elle a souligné le caractère hautement sensible du secteur sanitaire, rappelant que « l’on peut suspendre les cours dans une école pendant quelques jours, mais on ne peut pas fermer un hôpital ou un centre de santé sans conséquences graves pour la population ».
Le Président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, conscient de ces enjeux, aurait d’ailleurs agi avec célérité afin d’éviter toute perturbation du système de santé. Le collectif dit désormais attendre les résultats concrets annoncés pour le 25 février 2026, date à laquelle les premières retombées des travaux des commissions devraient se traduire, notamment, par des améliorations salariales et des régularisations administratives au sein du ministère de la Santé. En attendant cette échéance, le collectif « Urgence Santé » affirme rester mobilisé, vigilant et engagé, dans un esprit de responsabilité et de dialogue, avec pour priorité la défense des droits des agents de santé et la préservation du service public hospitalier au bénéfice des populations.