Crise dans le secteur de l’éducation nationale : l’Église des Assemblées de Dieu mobilisée pour la prière, la sensibilisation et la préservation de l’année scolaire

Face à la crise persistante qui secoue le secteur de l’éducation nationale au Gabon, la ministre d’État en charge de l’Éducation nationale, Camélia Ntoutoume Leclercq, a effectué depuis dimanche dernier, des visites hautement symboliques et spirituelles dans les Églises du Grand Libreville. Hier mardi, le tour est revenu au temple Péniel des Assemblées de Dieu du Gabon (ADG), situé à Sibang 3, dans le 6ᵉ arrondissement de Libreville. Cette rencontre, placée sous le signe de la foi, de l’écoute et de la responsabilité collective, visait à solliciter l’intercession de l’Église, mais aussi à renforcer la sensibilisation des communautés chrétiennes face aux enjeux majeurs liés à la continuité de l’année scolaire.
Accueillie par le Dr Apôtre Jude Benjamin Ngouwa, président national des Assemblées de Dieu du Gabon et président de l’Alliance des Assemblées de Dieu d’Afrique, la ministre est venue s’exprimer d’abord « en tant que chrétienne, fille et sœur en Christ », avant de revêtir sa casquette de membre du gouvernement.
Dans une atmosphère empreinte de recueillement, elle a rappelé que, pour les chrétiens, la prière demeure la première réponse face à l’épreuve. « Lorsque nous traversons des moments difficiles, nous fléchissons les genoux et remettons tout entre les mains de Dieu », a-t-elle déclaré, précisant que sa présence au sein de cette assemblée visait à déposer la crise de l’éducation nationale « au pied de la croix du Christ ».

Une crise aux lourdes conséquences pour les apprenants

Dans son intervention, Camélia Ntoutoume Leclercq n’a pas occulté la gravité de la situation. Elle a évoqué les retards enregistrés dans le calendrier scolaire, qui impactent particulièrement les élèves des classes d’examen, notamment ceux de terminale. Selon elle, la fin tardive des trimestres et les perturbations dans le déroulement des cours risquent de compromettre l’accès des élèves aux inscriptions universitaires, tant au niveau national qu’international. « En tant que maman et en tant que ministre, cette situation me préoccupe profondément. Aucun parent ne peut rester indifférent face à l’avenir de ses enfants », a-t-elle confié, soulignant que ces difficultés ravivent des souvenirs douloureux liés aux années scolaires perturbées du passé.
La ministre d’État a tenu à rassurer l’assistance quant à l’engagement du gouvernement à résoudre durablement la crise. Le membre du gouvernement a notamment mis en lumière les avancées réalisées dans la régularisation administrative et financière des enseignants, longtemps confrontés à des situations de précarité.

Elle a cité, entre autres, l’intégration progressive de plusieurs centaines d’enseignants à la solde de l’État, la reconnaissance officielle de leurs formations, la signature d’actes administratifs et la poursuite du dialogue avec les partenaires sociaux. Ces mesures, a-t-elle précisé, s’inscrivent dans une dynamique nouvelle de concertation interministérielle, associant la Fonction publique, le Budget et les services techniques compétents. « Le gouvernement a pris ses responsabilités. Les négociations se poursuivent et deux protocoles d’accord ont été finalisés avec les différentes bases de SOS Éducation. Mais pour sauver l’année scolaire, nous avons besoin de l’engagement de tous », a-t-elle insisté.
Au-delà des explications techniques, la ministre a lancé un appel pressant aux enseignants, aux parents et à l’ensemble de la communauté éducative, y compris ceux présents dans les églises. Camélia Ntoutoume Leclercq a invité les leaders religieux à relayer un message de paix, de patience et de responsabilité, exhortant les enseignants à regagner les salles de classe dans l’intérêt supérieur des enfants. « Nous comprenons la colère et les revendications légitimes, mais maintenir les élèves à la maison comporte des risques énormes pour leur avenir », a-t-elle averti.

Le rôle spirituel et citoyen de l’Église réaffirmé

Prenant la parole, le Dr Apôtre Jude Benjamin Ngouwa a rappelé la mission spirituelle de l’Église dans la société, s’appuyant sur les Écritures qui appellent à prier pour les autorités et pour la paix de la nation. Il a souligné que l’Église ne peut rester indifférente face aux crises qui affectent la vie des populations, en particulier lorsqu’il s’agit de l’éducation des enfants. « Aucune œuvre durable ne peut s’accomplir sans la prière. Notre responsabilité est d’intercéder pour la nation, pour ses dirigeants et pour l’avenir de nos enfants », a-t-il déclaré, mettant en garde contre les conséquences d’une éventuelle année blanche. La rencontre s’est conclue par un moment intense de prière collective, réunissant responsables ecclésiastiques, fidèles et membres de la communauté éducative. Des prières ont été élevées pour le président de la République, Chef de l’État Brice Clotaire Oligui Nguema, le gouvernement, la ministre de l’Éducation nationale, les enseignants, les élèves et leurs familles, afin que la paix sociale, la sagesse et des solutions durables prévalent.

Visiblement touchée, Camélia Ntoutoume Leclercq a exprimé sa profonde gratitude pour l’accueil reçu et pour le soutien spirituel manifesté par les Assemblées de Dieu du Gabon. « Mon cœur est rempli de reconnaissance. Ici, je me sens en famille. Ces prières nous fortifient et nous encouragent à poursuivre le combat pour l’école gabonaise », a-t-elle conclu.

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