Élection à la Fédération gabonaise d’athlétisme : une réélection sous haute tension

Le monde de l’athlétisme gabonais est en pleine tourmente. La récente réélection d’Anaclet Mathieu Taty à la tête de la Fédération gabonaise d’athlétisme (FGA), le 10 mai dernier au Palais des sports de Libreville, soulève de vives contestations. Bien que seul candidat et réélu par 9 voix sur 10, sa reconduction est aujourd’hui sérieusement remise en question, et l’invalidation du scrutin semble désormais une option sur la table.

À l’origine de la contestation, Louis Martin Mananzambi Ogoula, figure influente de l’athlétisme national et président de l’Association pour la promotion de l’athlétisme au Gabon (APAG), a saisi le ministère des Sports pour demander l’annulation du scrutin et la reprise d’un processus électoral jugé biaisé.

Dans son recours, le technicien sportif évoque quatre points majeurs qui, selon lui, entachent la légitimité du scrutin :

Instrumentalisation du collège électoral : Mananzambi Ogoula dénonce des pressions exercées la veille de l’élection par le président sortant et son trésorier général, remettant en cause l’impartialité du collège électoral censé représenter équitablement les acteurs de la discipline.

Manque de transparence : Les statuts et règlements de la FGA n’auraient pas été accessibles aux membres votants ni à l’autorité de tutelle. Une opacité contraire aux principes de bonne gouvernance.

Appuis institutionnels douteux : Malgré son départ à la retraite du ministère des Sports, Anaclet Taty bénéficierait encore de soutiens internes, compromettant l’équité du processus. Un recours introduit en février par Mananzambi Ogoula pour contester certaines décisions n’a d’ailleurs reçu aucune suite.

Bilan sportif décevant : Le président sortant est aussi critiqué pour les piètres performances enregistrées durant son mandat. Absence de stratégie de développement, malaise chez les athlètes, marginalisation des cadres techniques du Centre régional de développement de Dakar et des universités sportives : autant de signes d’un secteur en crise.

Un premier défi pour la nouvelle ministre des Sports

Ce dossier brûlant constitue le premier véritable test pour Armande Longo Moulengui, récemment nommée ministre des Sports. Elle est désormais attendue pour trancher et faire respecter les règles démocratiques, dans l’intérêt de la discipline et des jeunes athlètes gabonais.

Alors que chaque camp campe sur ses positions, la crise pourrait s’enliser si des mesures rapides et justes ne sont pas prises. La communauté sportive nationale, elle, reste en attente d’une décision claire, espérant une résolution apaisée de ce conflit qui mine l’élan déjà fragile de l’athlétisme gabonais.

Affaire à suivre.

Par Mariette Iboumbi Koumba

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