Le ministère du Tourisme et l’Artisanat organise du jeudi 19 au samedi 21 juin 2025, la 2e édition des journées nationales de l’Artisanat. Un événement d’envergure organisé en collaboration avec la Chambre Nationale des Métiers de l’Artisanat du Gabon (CNMAG). Cette édition, qui s’étale sur trois jours et qui se déroule au sein de la maison Georges Rawiri, siège abritant Gabon-Télévision et Radio-Gabon, vise à promouvoir et à structurer le secteur artisanal, acteur clé du développement économique et social du pays.
La première journée a été marquée par une cérémonie officielle de lancement, avec la prononciation des allocations et la signature de conventions de partenariat entre la CNMAG et plusieurs administrations publiques et privées. Ces conventions visent à faciliter l’accompagnement des artisans gabonais, notamment dans les domaines de la formation, de l’encadrement, de la commercialisation et du financement des entreprises artisanales. « Aujourd’hui, nous mettons l’accent sur le cadrage administratif. Demain, place aux journées thématiques qui aborderont des sujets fondamentaux pour la profession artisanale », a précisé le président de la CNMAG Aristophane Tsinga Massala lors de son intervention.
Organisée sous le thème « Vulgarisation et promotion de l’artisanat », la deuxième journée sera dédiée à des ateliers pratiques animés par des experts du secteur. Ces séances permettront d’approfondir des thématiques spécifiques liées à la valorisation des savoir-faire artisanaux. La troisième et dernière journée prendra une tournure plus festive et culturelle avec une manifestation de clôture, en présence du ministre en charge de l’artisanat, qui déclarera officiellement la fin des festivités.
Un événement décentralisé
L’une des particularités de cette édition est son déploiement dans les neuf provinces du Gabon. En effet, la CNMAG souhaite marquer sa présence au-delà de la capitale, soulignant que l’artisanat ne se limite pas à Libreville, mais qu’il s’enracine profondément dans les capitales provinciales, les départements et même les villages. « Beaucoup de nos compatriotes exercent des métiers de l’artisanat sans même en avoir conscience. Cette semaine est donc aussi une campagne de sensibilisation à l’autonomie, à l’entrepreneuriat local et à la reconnaissance du travail artisanal », a affirmé le président de la Chambre.
Le président de la CNMAG, Aristophane Tsinga Massala a également interpellé les pouvoirs publics, notamment le Président de la République, afin de solliciter davantage de soutien en faveur de ce secteur vital, qui représente près de 75% des activités économiques en milieu rural. Il appelle à des investissements accrus en ressources humaines, financières et infrastructures pour sortir le secteur de l’informel et en faire un véritable levier de création d’emplois et de développement local. « Il est temps que les artisans gabonais deviennent de véritables entrepreneurs, qu’ils vivent dignement de leurs savoir-faire, et qu’ils ne soient plus contraints de viser exclusivement le fonctionnariat », a-t-il conclu.
Une ambition nationale réaffirmée par les autorités
À cette occasion, le directeur général de l’Artisanat et du Développement des Services, Nzatsi Moussavou a souligné peu avant dans son intervention l’importance stratégique de ces secteurs pour l’économie nationale. Selon lui, cette manifestation met en lumière la volonté politique de repositionner l’artisanat au cœur des priorités économiques, tant sur le plan national qu’international. « Il est temps de rompre avec l’idée selon laquelle l’artisanat serait un secteur laissé pour compte. Aujourd’hui, il représente une véritable valeur ajoutée pour notre économie. Il est un levier d’autonomisation, de créativité et de rayonnement de notre identité culturelle », a déclaré M. Moussavou.
Le point d’orgue de cette célébration sera la « Grande Vente », prévue le samedi, afin de faciliter l’accès du public aux produits artisanaux. « Le choix du samedi n’est pas anodin. Il vise à permettre à un maximum de personnes, souvent indisponibles en semaine, de découvrir et d’acheter les produits de nos artisans », a précisé le directeur général de l’Artisanat et du Développement des Services.
Cette journée sera une vitrine exceptionnelle pour les produits du terroir et une opportunité concrète de stimuler la consommation locale. L’artisanat, longtemps marginalisé, se voit aujourd’hui redéfini comme un secteur porteur d’espoir et de croissance. Une dynamique que les autorités comptent bien maintenir, au service d’un développement durable et inclusif.