Alors que le Président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, multiplie les efforts pour répondre à la crise du déguerpissement dans les zones stratégiques de Libreville, les populations de derrière Mbolo et du Bas de Gué-Gué attendent toujours des solutions concrètes à leur situation. Délogées dans le cadre d’un vaste projet de réaménagement urbain, elles vivent aujourd’hui dans l’incertitude.
Depuis près d’un mois, l’État a engagé une série de déguerpissements dans plusieurs quartiers, en particulier derrière l’Assemblée nationale et les ambassades de Chine, du Liban et de Russie. L’objectif : libérer les espaces pour permettre la construction du Boulevard de la Transition, d’une cité administrative moderne, ainsi que l’aménagement du bassin versant Sainte Marie – Awondo, afin de répondre aux défis urgents d’urbanisation, d’inondations récurrentes et de fluidité de la circulation dans la capitale.
Si ces projets s’inscrivent dans une logique de développement durable et d’amélioration du cadre de vie des Gabonais, leur mise en œuvre n’est pas sans conséquences humaines. De nombreuses familles se retrouvent sans abri, sans accompagnement suffisant, et craignent d’être laissées pour compte dans le processus.
Une Vision Présidentielle à Suivre
Le Président de la République a exprimé sa sensibilité face aux préoccupations des populations affectées. Il a affirmé suivre de très près le déroulement du processus, en donnant pour consigne aux services compétents de veiller au respect des droits légitimes des citoyens déplacés. Cette posture présidentielle traduit une volonté claire de conjuguer développement et justice sociale.
« Il ne s’agit pas de punir, mais de construire un cadre de vie digne pour tous », a-t-on rappelé au sommet de l’État. Ce projet de refondation nationale s’inscrit dans une vision globale de souveraineté retrouvée, de justice sociale et de restauration de l’espérance.
Face à cette situation, l’ONG Observatoire National pour la Gouvernance, conduite par son président Walter Allogho Ondo Enguié, a entrepris une initiative citoyenne. Récemment, l’organisation non gouvernementale est allée à la rencontre des familles sinistrées de la zone derrière l’Assemblée nationale et de l’ambassade de Chine. Objectif : leur transmettre un message de paix, d’espoir et de solidarité.
Le président de l’ONG a profité de l’occasion pour lancer un appel aux forces vives de la nation, églises, mosquées, associations, ONG et personnalités politiques, afin de se mobiliser autour des populations impactées. « Les citoyens doivent comprendre qu’il ne s’agit pas de politique, mais de développement durable. Ce qui est en jeu, c’est la transformation de notre pays pour le bien de tous », a-t-il déclaré.
Alors que les engins continuent de niveler les terrains dans certains quartiers, les regards se tournent vers l’avenir de ceux qui ont vu leurs habitations disparaître en quelques heures. La nécessité d’une prise en charge humaine, équitable et rapide s’impose, notamment pour les habitants de Derrière Mbolo et Bas de Gué Gué-Gué, qui attendent toujours une intervention de l’État ou une réponse directe du Chef de l’État.
En attendant, la société civile s’organise pour atténuer les souffrances et rappeler que derrière chaque plan d’urbanisation, il y a des vies. Et que toute refondation nationale ne saurait ignorer l’impératif de solidarité.
Par JCB