Rentrée politique du parti Les Démocrates : Guy Nzouba-Ndama trace les nouveaux caps pour l’avenir

À l’occasion de la rentrée politique du parti Les Démocrates, le samedi 12 juillet dernier, à son siège, situé dans le 1er arrondissement de Libreville, le président Guy Nzouba-Ndama a livré un discours dense, riche en symboles, en souvenirs, en espérance, mais aussi en stratégie. Devant les cadres de son parti, des représentants de formations alliées, des militants et sympathisants, l’ancien président de l’Assemblée nationale a marqué le retour officiel de sa formation politique dans l’arène nationale, après une période de relative discrétion imposée par le contexte de transition.

Le ton du discours a d’abord été empreint d’émotion. M. Nzouba-Ndama a rendu un hommage appuyé aux compagnons disparus, louant leur fidélité aux idéaux du parti, résumés dans la devise : Unité, Justice, Paix. Il a également évoqué avec un certain détachement critique les départs de certains cadres, assimilant leur comportement à celui d’athlètes en quête de meilleures offres dans un « mercato politique ».

Pour autant, le leader des Démocrates affirme rester porté par l’énergie militante de ses soutiens et se donne pour mission de former la nouvelle génération : « Mon engagement politique est désormais un devoir d’encadrer », a-t-il déclaré. Un passage qui traduit à la fois la continuité et la transmission dans sa vision politique.

Une force d’opposition mesurée et constructive

Dans un contexte marqué par la récente élection présidentielle du 12 avril 2025 ayant vu la victoire du général de brigade Brice Clotaire Oligui Nguema, soutenu officiellement par Les Démocrates, Guy Nzouba-Ndama a rappelé l’autonomie de son parti. Il a reconnu l’apparition de l’Union Démocratique des Bâtisseurs (UDB) comme nouvelle force présidentielle, sans pour autant y voir une nécessité de fusion ou de soumission : « Nous sommes un parti autonome… nous conservons une liberté de pensée et de parole », a-t-il martelé, soulignant que le soutien à l’action gouvernementale ne serait ni aveugle ni mécanique, mais fondé sur une « solidarité réfléchie ».

Le président du parti a aussi mis en lumière un enjeu technique et organisationnel majeur : l’adaptation aux nouvelles exigences de la loi sur les partis politiques, désormais plus strictes. Pour continuer d’exister légalement, Les Démocrates devront compter au minimum 10 000 adhérents, trois élus nationaux et quinze élus locaux.

Pour cela, une vaste campagne d’adhésion est en cours. L’objectif : fédérer la base militante, convaincre les proches, remobiliser sur le terrain et surtout inscrire les militants dans le fichier national avec un Numéro d’Identification Personnel (NIP). « 200 volontaires qui apporteraient 50 fiches suffiraient à atteindre l’objectif », a souligné Guy Nzouba-Ndama, confiant en la capacité du parti à relever le défi.

Entre rêve et exigences démocratiques

Mais au-delà de l’appareil partisan, ce discours s’est mué en une profession de foi républicaine. Dans un passage à forte charge symbolique, Nzouba-Ndama a décliné une série d’aspirations : une République plus juste, moins arrogante, respectueuse des anciens, ouverte au débat contradictoire, solidaire, rigoureuse dans la gestion publique, proche des jeunes et des plus fragiles, économe, et moderne dans ses infrastructures.

Autant de doléances portées avec lyrisme, mais aussi avec la lucidité d’un homme politique aguerri qui a vu défiler les dérives de gouvernements successifs. Il a souhaité la fin du « bouroubourisme », dénonçant ainsi la gestion désordonnée du passé, et a appelé à une gouvernance planifiée, responsable et démocratique.

Le président des Démocrates a rappelé que le parti se trouve à « la croisée des chemins », insistant sur la nécessité de se réinventer sans trahir ses fondamentaux. S’il admet implicitement les difficultés, il refuse tout pessimisme : « Les chapitres du Gabon digne d’envie rêvé par nos ancêtres ne pourront s’écrire sans l’encre des Démocrates », a avancé Guy Nzouba-Ndama.

Un discours de relance, de remobilisation, et de redéfinition stratégique, qui repositionne Les Démocrates comme une force politique résolument engagée, critique sans être systématiquement opposante, et surtout lucide sur les défis qui l’attendent dans un Gabon en mutation.

Don't Miss