À quelques jours du lancement officiel de la campagne électorale pour les législatives et les locales prévues le 27 septembre prochain, le parti Ensemble pour le Gabon (EPG) a présenté, ce 13 septembre à Libreville, ses candidats. Avec 19 candidatures pour les législatives, 11 pour les élections locales, et une pour la diaspora, la jeune formation politique entend marquer les esprits par une offensive de rupture, portée par son président, Alain-Claude Bilie-By-Nze. Fondé récemment et positionné dans l’opposition, l’EPG ambitionne de jouer un rôle significatif dans la reconfiguration du paysage politique gabonais. Lors d’une cérémonie officielle, son président, l’ancien Premier ministre Alain-Claude Bilie-By-Nze, a pris la parole devant ses partisans et les médias, mettant en avant l’engagement de ses candidats et la fierté de les voir défendre « nos idées, nos idéaux ».
« Malgré la jeunesse de notre parti, vous avez fait le choix courageux de vous engager. Cela prouve que le Gabon a encore des hommes et des femmes prêts à rompre avec l’ancien système », a-t-il déclaré.
Un contexte électoral sous tension
Sans détour, Bilie-By-Nze a critiqué le contexte politique actuel, dénonçant un processus électoral « vidé de tout esprit démocratique » et marqué, selon lui, par des manquements aux engagements de la Transition. « La campagne électorale aurait dû être un moment d’intenses débats sur l’avenir de notre pays. Mais hélas, cet espoir a été volé », a-t-il déploré. L’ancien chef du gouvernement sous l’ère Ali Bongo, a également fustigé les alliances politiques qu’il juge incohérentes, notamment entre le PDG (Parti démocratique gabonais) et l’Union démocratique des Bâtisseurs (UDB). « On demande aux Gabonais de choisir entre la peste d’hier et le choléra d’aujourd’hui », a-t-il lancé, dénonçant une confusion savamment entretenue au sommet de l’État.
Se voulant exemplaire, Bilie-By-Nze a affirmé son intégrité personnelle face aux soupçons parfois véhiculés dans l’espace public : « Je n’ai rien à me reprocher. Je n’ai pas volé l’État, je n’ai tué personne, je n’ai participé à aucun complot contre les Gabonais. » Il a également appelé à la mise en place d’une Commission Vérité, Justice et Réconciliation, dans l’objectif de faire toute la lumière sur les responsabilités politiques passées. « Je demande que l’on débatte devant tout le monde, sur des faits, des actes, des responsabilités », a-t-il insisté.
Rupture et renouveau
Au-delà des critiques, le leader de l’EPG a exhorté ses candidats à mener une campagne active, sur le terrain, au service d’un renouveau politique. Il les a appelés à porter les aspirations du peuple gabonais et à dénoncer les dysfonctionnements du pays : accaparement des institutions, cumul des fonctions par des figures du PDG, absence de transparence dans la gestion publique. Les candidats d’Ensemble pour le Gabon entameront donc, à partir du 17 septembre, leur campagne avec pour cap une rupture assumée et la volonté d’installer une nouvelle dynamique dans les institutions nationales. Les électeurs seront appelés aux urnes le 27 septembre 2025.