À moins de dix jours du double scrutin législatif et local prévu pour le 27 septembre, le climat politique est à son comble dans le département de la Louétsi-Bibaka, dont Malinga est le chef-lieu. Au cœur de l’agitation, la mobilisation remarquable des Démocrates, farouchement déterminés à poursuivre la conquête électorale malgré l’invalidation jugée arbitraire de la candidature de leur leader local, Philippe Nzengue Mayila, premier vice-président du parti. Écarté de la course à la députation pour des raisons que ses partisans estiment purement politiques, Nzengue Mayila reste néanmoins la figure tutélaire autour de laquelle se cristallise la ferveur militante. Dans un sursaut de fidélité et de combativité, ses lieutenants ont décidé de ne pas céder à la résignation. À commencer par Emmanuel Mangongo et Choisie Mbenga, deux colistiers investis qui ont pris les rênes de la campagne sur le terrain, à Libreville comme à Malinga où, leurs compagnons de lutte font un travail remarquable.
Rencontre stratégique à Libreville : cap sur la victoire malgré les obstacles
Le dimanche 14 septembre dernier, ces deux figures locales ont organisé une rencontre citoyenne de sensibilisation au PK 11, au domicile de Mme Mbenga, dans la banlieue de Libreville. L’objectif est de informer, mobiliser, et galvaniser les ressortissants de la Louétsi-Bibaka vivant dans la capitale. Ils étaient nombreux à avoir répondu à l’appel, conscients que les enjeux électoraux dépassent cette année le simple exercice démocratique. « Il s’agit d’une bataille pour la dignité de notre peuple et pour la continuité d’une vision portée depuis plusieurs années par Philippe Nzengue Mayila », a lancé Emmanuel Mangongo, dans un discours à la tonalité combative. Le mot d’ordre est clair : voter massivement le 27 septembre pour les listes du parti Les Démocrates, représentées par Ferdinand Ngossele Bikabika pour la Commune et Placide Matsima pour le Conseil départemental.
Pour les Démocrates de la Louétsi-Bibaka, ces élections ont une double dimension, à savoir : politique et symbolique. Il ne s’agit pas seulement d’envoyer des représentants au Parlement et dans les conseils locaux, mais surtout de sauver l’honneur de leur leader, injustement écarté selon eux, et de préserver les acquis obtenus sous sa houlette. « C’est notre honneur qui est en jeu. Nous devons prouver que notre mouvement ne dépend pas d’un seul homme, même si ce dernier reste notre boussole. Son exclusion ne nous affaiblit pas. Au contraire, elle nous renforce », a martelé Choisie Mbenga, très applaudie par l’assistance. Les militants rappellent que sous la coordination de Nzengue Mayila, plusieurs actions concrètes ont été menées dans le département, notamment en matière de développement local, d’assistance sociale et d’organisation citoyenne. Autant d’initiatives qu’ils souhaitent voir se poursuivre, sans rupture.
Des souvenirs amers du passé, une volonté ferme d’en finir avec les abus
Au-delà de la volonté de faire gagner leur camp, les Démocrates ont également exprimé leur rejet de certaines pratiques du passé. Ils pointent du doigt des abus encore frais dans les mémoires, l’instrumentalisation des forces de l’ordre, des arrestations arbitraires, et un mépris constant pour les critiques constructives émanant de la société civile ou des opposants. Pour eux, il n’est plus question de confier la gestion de la cité à des « personnes déconnectées des réalités locales » ou à des élus « incapables d’écouter les revendications populaires ».
Interrogé sur la nature de la campagne, Emmanuel Mangongo est clair : « Il ne s’agit pas d’avoir peur, mais d’être préparés. Nous devons affûter nos armes politiques pour remporter cette bataille électorale. » Une déclaration forte, qui résume bien l’état d’esprit de toute une équipe de faire de cette campagne un moment de vérité. À Malinga et dans l’ensemble de la Louétsi-Bibaka, la campagne des Démocrates prend des airs de croisade populaire. Pas de grandes affiches clinquantes ni de promesses démesurées, mais un travail de terrain, des causeries communautaires, et un contact permanent avec les électeurs.
Le message est simple, celui de reprendre la main sur l’avenir de la localité, à travers des élus proches du peuple, porteurs de projets réalistes, et à l’écoute des besoins de la population. À l’échelle nationale, le parti Les Démocrates entend bien peser dans les nouvelles configurations politiques post-élections. Dans cette optique, chaque siège compte. Et le département de la Louétsi-Bibaka, considéré comme l’un de leurs bastions historiques, est stratégique. En interne, la campagne locale est aussi perçue comme un test de maturité politique : les militants parviendront-ils à transformer la frustration née de l’invalidation de Philippe Nzengue Mayila en un sursaut électoral gagnant ? Tous l’espèrent.
Vers une victoire sans leur général !
Malgré l’absence du « général », les troupes de la Louétsi-Bibaka sont prêtes. Loin d’être abattus, les Démocrates avancent avec une foi renouvelée dans leur combat. Les noms de Ferdinand Ngossele Bikabika et Placide Matsima cristallisent désormais les espoirs du camp démocrate dans cette circonscription. Reste à voir si cette dynamique de terrain se traduira dans les urnes. Une chose est sûre, à Malinga, les électeurs auront l’occasion, le 27 septembre, de trancher entre continuité engagée et promesses incertaines. « Son exclusion ne nous affaiblit pas. Au contraire, elle nous renforce. », déclare Choisie Mbenga, colistière des Démocrates, lors de la rencontre du 14 septembre au PK 11 à Libreville.