À quelques heures de l’ouverture officielle de la campagne électorale des élections législatives et locales prévues pour le 27 septembre prochain, le Ministre de l’Intérieur, de la Sécurité et de la Décentralisation, Hermann Immongault a pris la parole ce mardi devant la presse nationale et internationale pour faire un point complet sur l’état d’avancement du processus électoral. Dans un contexte démocratique renouvelé, marqué par l’avènement de la Ve République, le ministre a réaffirmé l’engagement du gouvernement pour une élection placée sous le sceau de la transparence, de la rigueur et de l’exemplarité, conformément à la vision du Chef de l’État, Brice Clotaire Oligui Nguema. Dès l’entame de son discours, le Ministre de l’Intérieur a tenu à rappeler les Très Hautes Instructions du Président de la République, réitérées lors du Conseil des ministres du 8 septembre 2025, concernant la conduite du processus électoral.
« Le Gabon entre dans un second cycle, tout aussi déterminant pour son avenir. La mise en place de la première législature de la Ve République est une étape fondatrice pour la consolidation de nos institutions », a cité le ministre, soulignant que discipline, exemplarité et crédibilité devront être les piliers de cette phase politique. Revenant sur la phase de révision du fichier électoral, qui s’est déroulée du 14 juillet au 12 août 2025, le ministre a présenté des chiffres clés témoignant de la mobilisation des citoyens. D’après le membre du gouvernement, 18.170 nouveaux électeurs inscrits, 124.472 changements de centre de vote, 234 électeurs radiés suite à une décision de justice, 383 radiés pour cause de décès et 13.682 mises à jour de données personnelles.
La phase de réclamations ayant pris fin le 10 septembre dernier, la liste électorale définitive sera affichée dans les délais légaux. Par ailleurs, le site web listelectorale.ga reste accessible pour que chaque électeur puisse vérifier sa situation en ligne. Cette double modalité numérique et physique, vise à renforcer l’accessibilité et la transparence du processus. Toutefois, le ministre a été clair, selon lui, seules les requêtes accompagnées de pièces justificatives conformes au Code électoral ont été prises en compte. Cette rigueur administrative s’inscrit dans la volonté d’asseoir un système électoral crédible.
Candidatures : une participation sans précédent
Le ministre s’est félicité du fort engouement politique suscité par ces élections jumelées (législatives et locales), jamais observé jusqu’alors. Après une phase de réception marquée par un grand nombre de dossiers incomplets, le gouvernement a accordé une prorogation exceptionnelle de deux jours pour permettre aux candidats de compléter leurs documents. Plus de 800 candidatures validées pour les 145 sièges de députés, plus de 18.000 candidatures validées pour les 3.078 sièges de conseillers locaux, répartis entre : 972 conseillers départementaux, 1.423 conseillers municipaux et 683 conseillers d’arrondissement. Au total, plus de 20.000 dossiers (en comptant les suppléants) ont été traités par les services du ministère, la CNOCER et les commissions électorales locales. Le ministre a salué l’engagement des équipes électorales, mobilisées « jour et nuit » pour centraliser et analyser ces candidatures.
« Ce dynamisme démocratique, même avec ses contraintes, témoigne de la vitalité politique de notre pays », a-t-il déclaré. Face au volume élevé de candidatures dans certains sièges, le ministère a prévu des ajustements logistiques dans l’organisation des bureaux de vote. Il s’agira notamment de réaménager l’espace pour accueillir les scrutateurs, observateurs et représentants des partis, de limiter à un représentant par parti ou liste de candidats, dans les cas de double scrutin (législatif et local). Le ministre a également annoncé une réorganisation du parcours de l’électeur, avec une entrée simultanée de deux électeurs dans le bureau de vote, l’un suivant le circuit des législatives, l’autre celui des élections locales. Les deux électeurs échangeront ensuite leur circuit à la fin du vote, avant de quitter les lieux.
Selon Hermann Immongault, ce circuit se décompose en 7 étapes clés : 1. Vérification d’identité, 2. Remise des enveloppes et bulletins, 3. Passage à l’isoloir, 4. Dépôt du bulletin dans l’urne, 5. Signature sur la liste d’émargement, 6. Marquage à l’encre indélébile et 7. Parcours inverse. Des formations spécifiques seront dispensées aux scrutateurs, après celles données aux commissaires électoraux, pour garantir une maîtrise parfaite du déroulement du vote.
Campagne électorale : liberté, égalité, mais encadrement strict
La campagne électorale s’ouvre ce mercredi 17 septembre à zéro heure, pour une durée de 10 jours, jusqu’au vendredi 26 septembre à minuit. Le ministre a rappelé les grands principes régissant cette période : la liberté d’expression (articles 90 et 93), l’égalité d’accès aux moyens de propagande (articles 91, 96, 98, 103), l’interdiction de tout trouble à l’ordre public ou atteinte à la dignité des citoyens (articles 99 à 102). L’article 102 du Code électoral interdit formellement les discours ou affiches à caractère haineux, diffamatoire, régionaliste, ethnique, sexiste ou incitant à la désobéissance, appelant à la fraude, la corruption ou la violence. « Le respect du cadre légal est non seulement un devoir, mais une condition sine qua non de la crédibilité du scrutin », a insisté le ministre, appelant à une campagne digne et respectueuse.
Le 27 septembre, chaque bureau de vote sera un lieu de transparence démocratique, a promis le ministre. Le dépouillement se fera immédiatement après le scrutin, en présence des représentants de candidats et partis politiques, des observateurs électoraux, des médias et de l’Autorité de Contrôle des Élections et du Référendum (ACER). Une « nuit électorale » sera organisée pour assurer la diffusion en continu des résultats provisoires, comme cela avait été le cas lors de l’élection présidentielle d’avril 2025. Plus de 1.500 observateurs électoraux ont déjà été enregistrés pour couvrir l’ensemble du territoire national.
Une élection fondatrice pour la Ve République
Ces élections revêtent une importance capitale. Elles permettront, l’installation de la première Assemblée nationale de la Ve République, le renouvellement des conseils locaux, instruments de la gouvernance territoriale et préfigureront la composition du Sénat, garant de l’équilibre institutionnel. « Le 27 septembre ne sera pas qu’un jour de vote. Il sera le symbole fort de notre maturité démocratique, de notre responsabilité collective », a conclu le ministre. Toutefois, il a invité tous les acteurs politiques, société civile, citoyens, observateurs, médias à s’approprier ce moment, pour qu’il reste dans l’histoire comme un tournant démocratique majeur. Le ministère de l’Intérieur et la CNOCER entendent maintenir le cap de l’intégrité et de la paix, pour faire du 27 septembre un modèle de scrutin transparent en Afrique.
À quelques heures du lancement officielle de la campagne électorale, les regards sont désormais tournés vers les candidats, appelés à convaincre, dans le respect de la loi et des valeurs de la République.