À l’écoute du terrain, entre enracinement local et appel au sursaut démocratique
Alors que la campagne électorale bat son plein dans l’ensemble du pays, le parti Les Démocrates, dirigé par l’ancien président de l’Assemblée nationale Guy Nzouba-Ndama, a investi avec vigueur le 6e arrondissement de Libreville. Sur le terrain, un duo féminin – Florence Nzengue Boulomba, candidate, tête de liste et Petronille Bile Eko épouse Medang, suppléante de Mathurin Ifounga Ibinga mène une campagne active, au plus près des populations. Accompagnées de leur directeur de campagne, Pierre Doukaga, elles sillonnent les quartiers populaires, tissant des liens, dialoguant, écoutant. Cette approche de terrain tranche avec les pratiques politiques anciennes où les campagnes se menaient à distance, souvent loin des préoccupations réelles des citoyens. Les Démocrates veulent incarner un changement de méthode et de mentalité, à l’image de cette nouvelle génération de leaders issus du peuple, pour le peuple.
Une fille du quartier qui parle vrai
Florence Nzengue Boulomba n’est pas une inconnue dans le paysage du 6e arrondissement. Née et ayant grandi dans les quartiers de PK8, elle y réside toujours. Ce lien organique avec le territoire donne une dimension particulière à sa candidature. « Si j’étais un coq, on dirait que je chante dans ma basse-cour », lance-t-elle avec humour. Mais plus qu’une formule, c’est une réalité qu’elle assume et incarne pleinement, elle joue à domicile, et cela s’entend dans la chaleur de l’accueil qui lui est réservé.
Pour mieux faire passer son message, elle n’hésite pas à délaisser le français pour s’adresser à ses interlocuteurs dans sa langue maternelle, le Nzebi. Ce choix linguistique n’est pas anodin, car il traduit une volonté d’ancrage culturel, mais surtout d’accessibilité du discours politique, loin du jargon souvent déconnecté des réalités locales.
Florence Nzengue veut porter une vision de développement centrée sur le vivre-ensemble, la réduction des inégalités, et la valorisation des potentiels locaux. Elle défend une politique de proximité, au plus près des citoyens, où la priorité est donnée aux besoins essentiels, accès à l’eau, à l’électricité, à la santé et à l’éducation, sans oublier l’insertion des jeunes et des femmes.
Une suppléante en première ligne
Face à l’absence du titulaire Mathurin Ifounga Ibinga, actuellement en retrait pour raisons de santé, sa suppléante Petronille Bile Eko épse Medang assure le relais avec force et détermination. Femme de conviction, elle ne ménage aucun effort pour défendre le projet du tandem. Son message est clair. Prudence et vigilance.
Elle met en garde contre les pratiques déloyales et la manipulation électorale, « Ne vous laissez pas tromper par les perfides trompeurs, ces oiseaux de mauvais augure qui ne cherchent qu’à acheter vos consciences pour mieux vous oublier ensuite. » Son appel résonne avec les frustrations d’une population trop souvent méprisée et trahie par des promesses non tenues.
Pierre Doukaga, éveiller les consciences, mobiliser les esprits
Figure discrète mais essentielle, le directeur de campagne Pierre Doukaga s’est imposé comme le pédagogue du groupe. Lors de ses interventions, il mise sur l’éducation citoyenne. Il parle de responsabilité collective, de vote utile, et surtout de la nécessité de rompre avec la résignation. « Nous ne sommes pas là pour flatter ni pour promettre l’impossible, mais pour redonner confiance dans l’action politique. Cela commence par une prise de conscience. Le changement ne vient pas d’en haut, il commence avec vous », affirme-t-il à chaque étape.
Au-delà des visites de courtoisie et des meetings, l’équipe des Démocrates a organisé une causerie citoyenne derrière le marché local, dans un cadre informel mais porteur de sens. Autour de quelques chaises, dans une ambiance conviviale, les habitants ont pris la parole librement. Ce type d’initiative, rare dans le paysage politique local, marque une rupture assumée avec les pratiques verticales. Dans un contexte post-coup d’État, où la transition est encore en cours depuis le 30 août 2023, les intervenants ont tenu à rappeler l’importance de distinguer accompagnement et allégeance.
« Nous accompagnons le président dans cette transition, mais cela ne signifie pas un soutien aveugle. Nous sommes là pour garantir que le peuple reste au centre du processus démocratique », a martelé le directeur de campagne. L’objectif est clair, celui de remobiliser une population désabusée après des années de gouvernance centralisée et souvent déconnectée. Pour beaucoup, le vote n’a plus de sens. D’où l’importance de recréer un lien de confiance, de revaloriser l’acte citoyen et de rappeler que chaque bulletin peut changer le cours des choses.
Bâtir une démocratie durable : au-delà des promesses électorales
La vision défendue par les Démocrates dans le 6e arrondissement s’inscrit dans une ambition plus large, celle de repenser la démocratie gabonaise sur des bases solides. Il ne s’agit plus simplement de gagner une élection, mais de refonder un contrat social, basé sur l’écoute, la transparence, la compétence et l’intégrité. Les candidats se présentent comme des « bâtisseurs », non comme des politiciens professionnels, mais comme des citoyens responsables, porteurs d’un projet collectif. Un point fondamental souligné lors des échanges concerne la nécessité de restaurer l’éducation civique, longtemps négligée dans le pays. « Comment exiger une démocratie solide si le peuple ne connaît pas ses droits, ni ses devoirs ? », s’interroge un participant.
Vers un Parlement plus équilibré et efficace
Dans cette optique, les futurs députés doivent être choisis non pas sur la base d’affinités partisanes, mais selon des critères de compétence, d’engagement et de probité. Une critique frontale est adressée à la concentration excessive des pouvoirs exécutifs, qui affaiblit les institutions. « Aujourd’hui, le président cumule les fonctions de chef de l’État et de chef du gouvernement. L’Assemblée nationale ne peut plus déposer de motion de censure. Ce déséquilibre institutionnel met en péril l’essence même de la démocratie. » Dès lors, les candidats appellent à l’élection de parlementaires capables de lire, comprendre et débattre du budget de l’État, car c’est là que se joue l’avenir, financement des services publics, projets d’investissement, décentralisation… Il faut des députés qui rendent des comptes et non des élus spectateurs.
Ce qui se joue aujourd’hui dans le 6e arrondissement de Libreville va bien au-delà d’un simple scrutin. Il s’agit d’une reconquête citoyenne, d’un réveil des consciences, et d’un appel collectif à refonder la démocratie gabonaise. À travers leurs actions, leurs paroles, et leur enracinement local, les Démocrates proposent une alternative d’une politique de terrain, de vérité et de proximité. Il ne reste plus qu’aux électeurs de saisir cette opportunité et d’en faire un véritable tournant démocratique.