Législatives et locales 2025 : la jeunesse se lève, les citoyens interpellent, l’urgence sociale plane

À moins de 48 heures de la clôture de la campagne électorale pour les élections législatives et locales du 27 septembre 2025, l’ambiance politique est à son paroxysme. Entre meetings, actions sociales, discours poignants et interpellations citoyennes, la mobilisation générale reflète un double visage de l’espoir d’un renouveau démocratique d’un côté, et l’exigence de justice et de protection de l’autre. À Libreville, Les Démocrates sur le terrain du social et de la proximité.

Dans les rues de la capitale gabonaise, la campagne électorale bat son plein. À chaque carrefour, dans les quartiers populaires comme dans les zones semi-urbaines, la fièvre électorale se fait sentir. Les klaxons des caravanes politiques, les affiches colorées, les causeries de proximité, tout respire l’effervescence d’un moment crucial pour le pays. Parmi les formations politiques les plus actives, le parti Les Démocrates déploie une stratégie de terrain centrée sur l’humain. À l’approche du scrutin, ses candidats investis dans le 2e siège et à la mairie du 6e arrondissement de Libreville multiplient les initiatives sociales. Le mercredi 24 septembre, une caravane médicale gratuite a été organisée dans une clinique locale. Médecine générale, gynécologie, ophtalmologie, les services proposés ont permis à près d’une cinquantaine de citoyens de bénéficier de consultations et de médicaments de première nécessité.

« Il faut que les électeurs soient en bonne santé pour aller voter. Quand on n’a pas la force de se lever, on ne peut pas participer à la vie démocratique. C’est aussi cela, notre vision de la politique de proximité », a souligné Florence Nzengue Boulomba, tête de liste au 6e arrondissement. L’action sociale ne s’arrête pas là. Quelques heures plus tôt, Pierre Doukaga, directeur de campagne, s’est rendu au siège de l’Association nationale des aveugles et amblyopes du Gabon (ANAG), accompagné de son équipe. Une journée récréative a permis de créer un moment de partage avec les membres de l’association, présidée par Arlette Nadia Mengue Bibang.

Une jeunesse en campagne, sincérité, rupture et ambition collective

Dans l’après-midi, une grande causerie politique s’est tenue au PK 7, animée par Florence Nzengue Boulomba et Pétronille Bile Eko épouse Medang. L’ambiance y était à la fois fraternelle, grave et pleine d’aspirations. Des jeunes candidats ont pris la parole avec émotion et détermination, portés par la conviction que leur tour est venu. « Envoyez-nous aussi comme les autres ! Nous aussi, nous sommes vos enfants. Aujourd’hui, c’est notre tour de vous servir. Donnez-nous cette chance ! » Ce cri du cœur, lancé devant une foule émue, traduit une volonté de rupture profonde avec les pratiques politiques du passé, clientélisme, promesses non tenues, absence de proximité avec les réalités des populations.

« On vous donne de l’argent pour électrifier vos quartiers, pour vos projets… et ça disparaît. Ce n’est pas normal. Nous, on est déjà dans le domaine. On connaît les réalités. Les jeunes souffrent. », lance Florence Nzengue Boulomba. Les jeunes candidats prônent une nouvelle approche de la gouvernance, fondée sur la co-construction avec les populations. « On ne peut pas travailler sans le peuple. C’est ensemble qu’on doit décider. Quand vous avez un projet, on vient, on discute, et on agit. ». Un discours fort, ancré dans les réalités quotidiennes, mais aussi porteur d’un message moral et spirituel. Ces jeunes dénoncent aussi l’exclusion des talents, la reproduction des élites politiques, et les blocages qui freinent l’émergence d’une nouvelle génération.

Cri d’alarme face aux crimes rituels et à l’inaction politique

Pendant que les Gabonais s’apprêtent à voter, c’est un autre combat que Pétronille Bile Eko et son titulaire Mathurin Ifounga Ibinga tirent la sonnette d’alarme face au crimes rituels et des violences contre les enfants, dans un climat d’impunité croissante. « Depuis le coup état perpétré par les militaires le 30 août 2023, jusqu’à l’avènement de la 5e République, nous constatons que les crimes rituels ont démuni ou presque disparu. Le nouveau régime n’est pas dans de telles pratiques. Donc, chers parents ne nous ramenez pas les gens qui pendant 57 ans, ont pratiqué des crimes rituels pour demeurer au pouvoir, l’homosexualité avec leurs fameuses lois qu’ils votaient à l’assemblée nationale. Vous avez là l’occasion les actionner pour ne plus que ces pratiques non conforme à nos mœurs reface surface, car ce n’est pas parce qu’ils des partis politiques qu’ils deviennent saint. L’enfant d’un serpent, même s’il mue, reste un serpent. », martèle Petronille Bile Eko.

Défenseurs des droits de l’enfant de profession, la suppléante à la députation dénonce la lenteur des institutions, le manque de volonté politique et l’indifférence face à des situations dramatiques. « L’Assemblée nationale, censée être la voix du peuple, ne reflète plus nos vraies préoccupations. On ne peut pas continuer comme ça. » L’appel est clair, renforcer les lois sur la protection de l’enfance, et contraindre les élus à une responsabilité morale et politique.

« Je suis moi-même une veuve émotionnelle, une femme meurtrie par l’injustice, mais je continue à me battre pour les familles, pour nos enfants, pour l’avenir. »

Que ce soit à Libreville ou à l’intérieur du pays, une même aspiration traverse les discours, les actions, les cris et les engagements, celle d’un changement profond dans la manière de gouverner et de faire société. La jeunesse se lève, les citoyens s’organisent, les voix marginalisées demandent justice. Les élections du 27 septembre apparaissent dès lors comme un tournant démocratique, une opportunité offerte aux électeurs de réorienter le cap de la politique nationale et locale. « Ce 27, faites un choix. Donnez aussi la chance aux autres. Nous sommes prêts à relever le défi avec vous », a conclu Pétronille Bile Eko.

À travers les caravanes de soins, les causeries politiques, les appels à la morale et les cris contre les violences, c’est un véritable réveil citoyen qui s’opère. Il interpelle les institutions, mais surtout chaque électeur, chaque citoyen, chaque conscience. Car une nation, aussi riche soit-elle en ressources naturelles, ne se construit durablement que si elle protège ses enfants, fait confiance à sa jeunesse, et respecte les valeurs fondamentales du vivre-ensemble. Le 27 septembre, plus qu’un vote, un choix de société.

Don't Miss