La commune d’Akanda a franchi une étape importante de son nouveau mandat municipal avec la tenue, le jeudi 7 mai 2026, de la première session ordinaire du Conseil municipal consacrée à l’examen et au vote du budget primitif de l’exercice 2026. Organisée dans la salle des fêtes du complexe de la Sablière, ancien hôtel Maïsha, cette rencontre institutionnelle a permis à la nouvelle équipe municipale de définir les grandes orientations financières et stratégiques qui guideront l’action de la mairie au cours des prochains mois.
Présidée par le maire de la commune, Michel Léandre Delbrah Ndassy, cette session a réuni une forte majorité des élus municipaux. Sur les 47 conseillers municipaux élus, 39 étaient présents, 4 représentés par procuration et 4 absents, permettant ainsi d’atteindre largement le quorum nécessaire à la validité des travaux.
Avant l’ouverture officielle des débats, le secrétaire général de la mairie, Augustin Yeyet Eteka, a procédé à la lecture de l’arrêté portant convocation de la session ordinaire du Conseil municipal, conformément aux dispositions de la loi organique relative à la décentralisation et aux textes encadrant le fonctionnement des collectivités locales au Gabon.
Dans son discours d’ouverture, le maire d’Akanda a tenu à remercier les conseillers municipaux pour leur présence et leur engagement, tout en rappelant le caractère historique de cette première session du mandat. « Je suis honoré de vous accueillir ce matin pour notre premier Conseil municipal consacré essentiellement à l’examen et au vote du budget primitif de notre commune ; un acte fondateur de notre mandat », a déclaré le maire devant les élus municipaux et les autorités administratives présentes, en tête des quelles, le gouverneur de l’Estuaire, Marie Françoise Dikoumba.
Profitant de cette tribune, Michel Léandre Delbrah Ndassy a adressé ses félicitations à l’ensemble des conseillers municipaux élus ou représentés, soulignant que leur élection traduit la confiance placée en eux par les populations d’Akanda. Pour le premier magistrat municipal, être élu dans cette commune en pleine croissance revient à assumer une lourde responsabilité face aux nombreuses attentes des habitants. Voirie, assainissement, accès à l’eau potable, électricité, santé, sécurité, infrastructures scolaires ou encore protection du littoral constituent autant de défis auxquels la municipalité devra répondre. « Nos concitoyens nous regardent. Ils attendent beaucoup de nous », a-t-il insisté.
L’unité comme condition de réussite
Le maire d’Akanda a également lancé un appel à l’unité et à la cohésion entre les élus municipaux afin de garantir l’efficacité de l’action publique locale. « Aucun défi ne peut être relevé si nous ne regardons pas dans la même direction et si nous ne travaillons pas ensemble. Nous devons rester une équipe soudée afin que l’étiquette d’équipe municipale nous soit véritablement appliquée », a-t-il affirmé.
Dans cette logique, il a rappelé que la mairie est avant tout une administration de proximité au service des populations, estimant que « la politique politicienne » ne devrait pas avoir sa place dans la gestion municipale.
Selon lui, la mission première des élus locaux consiste à améliorer concrètement les conditions de vie des citoyens tout en veillant au respect des lois et règlements.
Au cours de son intervention, Michel Léandre Delbrah Ndassy a indiqué que les autorités municipales avaient déjà effectué plusieurs descentes de terrain dans les quartiers ainsi qu’une tournée auprès des 23 chefferies composant la commune d’Akanda. Ces rencontres ont permis à l’exécutif municipal de recueillir directement les préoccupations des populations et de mieux cerner les urgences locales. « Nous connaissons les besoins de nos administrés en termes d’infrastructures routières, d’approvisionnement en eau et en électricité, de santé, d’éducation et de sécurité », a-t-il expliqué.
Le maire a assuré que la municipalité travaillera à rechercher des solutions concrètes, qu’elles proviennent directement de la commune ou de partenariats avec d’autres institutions.
Un budget en hausse de 51 %
L’un des moments clés de cette session a été la présentation du budget primitif 2026. Celui-ci s’équilibre en recettes et en dépenses à hauteur de 2 426 447 246 francs CFA, contre 1 627 106 222 francs CFA, lors de l’exercice 2025, soit une augmentation de 51 %. Une progression que le maire attribue aux efforts menés lors des débats d’orientation budgétaire ainsi qu’à l’ambition de renforcer les ressources propres de la commune. « Nous nous sommes fortement battus lors du débat d’orientation budgétaire pour obtenir cette augmentation », a-t-il expliqué.
Le budget adopté se répartit de la manière suivante : 1 922 873 479 francs CFA, consacrés au fonctionnement, soit 79 % du budget total ; 503 573 767 francs CFA dédiés aux investissements, représentant 21 % des dépenses. Cette répartition marque une évolution notable par rapport à l’exercice précédent où les investissements ne représentaient qu’une faible part des dépenses municipales.
La municipalité d’Akanda a structuré son budget autour de trois axes stratégiques majeurs : développer les infrastructures pour soutenir la croissance économique ;
améliorer la qualité du service public local ;
préserver l’environnement et promouvoir le développement durable. Le maire a particulièrement insisté sur la lutte contre l’insalubrité, devenue l’une des préoccupations majeures des populations.
« L’assainissement est un gros problème dans notre commune et nous devons nous y attaquer », a-t-il déclaré.
La mairie prévoit notamment d’améliorer l’entretien des voiries et des espaces publics, tout en renforçant les capacités opérationnelles des mairies d’arrondissement afin qu’elles jouent pleinement leur rôle d’administrations de proximité.
Une rupture avec certaines anciennes pratiques
Parmi les annonces importantes faites au cours de cette session figure la volonté de la mairie de mettre progressivement fin à la privatisation de l’entretien des voiries.
La municipalité souhaite désormais privilégier l’utilisation de personnels temporaires recrutés localement, ce qui permettra également de créer des emplois au profit des jeunes sans activité des différents quartiers de la commune.
Cette orientation est présentée comme un moyen de conjuguer efficacité des services municipaux et lutte contre le chômage.
L’édile d’Akanda a toutefois reconnu que la commune ne disposait pas encore de projets structurants suffisamment avancés pour être immédiatement exécutés.
« Nous avons des idées de projets, mais il faut maintenant les transformer en véritables projets », a-t-il indiqué.
C’est dans cette perspective qu’une ligne budgétaire spécifique consacrée aux études et évaluations a été inscrite pour la première fois dans le budget municipal. Cette disposition permettra à la commune de préparer des dossiers techniques solides susceptibles d’être financés dans les prochains exercices budgétaires.
Une attention particulière aux populations vulnérables
Au-delà des infrastructures et de l’assainissement, la municipalité entend également renforcer son action sociale.
Michel Léandre Delbrah Ndassy a rappelé que de nombreux Gabonais économiquement faibles ont besoin de l’accompagnement des pouvoirs publics locaux. « Nous ne pouvons pas les laisser sur le bord de la route », a-t-il affirmé.
Des mécanismes d’aides sociales sont ainsi prévus afin d’apporter un soutien aux populations les plus vulnérables, même si le maire reconnaît que les moyens disponibles ne permettront pas de satisfaire toutes les demandes. Après plusieurs échanges et observations formulées par les conseillers municipaux, le budget primitif 2026, a finalement été adopté sans incident majeur.
Selon le maire, les élus ont simplement demandé certains réajustements concernant quelques orientations budgétaires, sans toutefois remettre en cause l’équilibre général du document.
« Le budget a été voté en équilibre, en recettes et en dépenses », a-t-il précisé à l’issue de la séance.
À travers cette première session ordinaire, la commune d’Akanda entend désormais entrer dans une phase pleinement opérationnelle de son mandat.
Pour l’exécutif municipal, l’année 2026, devra poser les bases solides du développement futur de la commune, à travers une gouvernance de proximité davantage tournée vers les attentes des populations. « Ce budget transforme nos promesses en actions concrètes », a conclu le maire d’Akanda, tout en invitant les conseillers municipaux à porter collectivement la responsabilité de la mise en œuvre des engagements pris devant les citoyens.