À l’occasion de la fête des pères, célébrée le 15 juin de chaque année, c’est par un hommage appuyé aux papas gabonais et à la presse nationale et internationale que l’ancien candidat à la dernière élection présidentielle du 12 avril dernier, Dr Stéphane Germain Iloko Boussengui, a entamé sa toute première conférence de presse depuis l’investiture du président de la République le 3 mai dernier. L’occasion pour ce dernier de dresser un large tour d’horizon de l’actualité politique, sociale et institutionnelle du pays.
Le premier sujet abordé avec les hommes et femmes des médias a été la libération conditionnée de Mme Sylvia Bongo Ondimba et de son fils Noureddin Valentin. De ce fait, il appel à une justice équitable. Toutefois, le natif de Mimongo, chef-lieu de département de l’Ogoulou, dans la province de la Ngounié (au sud du Gabon), a insisté sur la nécessité de faire confiance à la justice gabonaise tout en rappelant que cette liberté avait été accordée pour raisons de santé. Occasion pour ce dernier d’appeler les uns et les autres à ne pas céder à la tentation des procès d’intention :
« N’oublions pas que la santé est un droit fondamental. Ce procès doit se tenir dans la transparence et avec humanité. Mais nous demandons aussi que tous les autres détenus, malades ou non, soient traités avec équité. », avance sieur Iloko.
Sur le conflit frontalier avec la Guinée équatoriale, Stéphane Germain Iloko a non seulement salué les décisions sages prise par le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema et son homologue Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, mais plaide davantage pour une résolution pacifique et fraternelle : « Ce différend ne doit pas diviser nos peuples. Il doit au contraire nous rassembler. Les relations séculaires entre nos deux pays méritent mieux qu’une escalade. Le président doit engager un dialogue sincère avec son homologue équato-guinéen. »
À propos de la réforme des partis politiques, il a exprimé son soutien aux nouvelles dispositions issues des commissions mises en place lors du Dialogue national inclusif d’Angondjé : « Il n’est pas exagéré d’exiger d’un parti politique un nombre minimum d’adhérents, un siège, des comptes bancaires. Un parti, ce n’est pas un nom dans une sacoche. Ces mesures vont structurer notre vie politique. », a déclaré Iloko. Au cours de cette rencontre avec les professionnels de la communication, Stéphane Germain Iloko Boussengui a annoncé la création de son parti politique » le Large Rassemblement Arc-en-ciel » (LRAC), avant de souligné l’importance d’un financement public équitable des partis, au même titre que les confessions religieuses, pour garantir une démocratie vivante et inclusive.
Enfin, Stéphane Germain Iloko Boussengui a clarifié la position politique de son mouvement, créé au lendemain de l’élection présidentielles du 12 avril 2025. D’après ce dernier, le LRAC se positionne comme centriste. Il est n’y de l’opposition, n’y de la majorité présidentielle. « Nous ne sommes pas là pour faire obstruction. Nous sommes un parti du centre, constructif, prêt à contribuer au développement du pays. Nous avons assez tourné en rond pendant 56 ans. », a déclaré le président LRAC.
L’orateur appelle à une réforme de la Constitution pour assurer la séparation des pouvoirs et lutter contre les exclusions, notamment celles liées à l’âge. Il critique également la loi électorale actuelle, qu’il juge insuffisamment transparente, et plaide pour une commission électorale réellement indépendante. Refusant de s’aligner systématiquement sur les extrêmes ou de tomber dans des querelles politiciennes, ce courant politique revendique une posture centriste, constructive et responsable. Il réitère sa volonté de soutenir les efforts de reconstruction du pays, à condition qu’ils soient guidés par la justice, l’efficacité et le souci de l’intérêt général.
Engagement ferme pour un avenir meilleur
Santé, agriculture, environnement et cohésion sociale au cœur des priorités. Dans un discours dense et ambitieux, Stéphane Germain Iloko Boussengui a présenté la vision de sa formation politique pour le développement du Gabon. Se positionnant au centre de l’échiquier politique, il réaffirme son engagement à accompagner le gouvernement tout en proposant des réformes concrètes dans les secteurs clés de la nation quand cela serait nécessaire.
Parlant du sujet brûlant de l’heure, le déguerpissement des populations de Pleine-Orety, le désormais homme politique demande la mise en place d’une commission d’urgence qui devrait s’imposer pour proteger les hommes, femmes et enfants, victimes de cette violence qu’il a qualifié de cruauté. « Il y a eu des enfants déracinés, des familles brisées, des malades abandonnés. Nous demandons une commission composée du ministère des Affaires sociales, de l’Éducation nationale, de la Famille et de la Santé pour apporter des solutions concrètes à ces Gabonais. », martèle-t-il.
Par ailleurs, il a salué les actions du ministère de l’Éducation nationale ayant permis de reloger des élèves en classe d’examens, mais insiste sur l’urgence d’une réponse plus large, sociale et sanitaire. Stéphane Germain Iloko a confirmé que le Large Rassemblement Arc-en-ciel poursuivra ses échanges avec les autorités dans un esprit de responsabilité et d’unité nationale.
Agriculture : « Produire localement pour consommer localement »
Saluant l’initiative gouvernementale de mettre fin à l’importation de poulets d’ici 2027, le LRAC se positionne comme force de proposition avec un projet intégré capable de produire 35 000 poulets par jour. Il appelle à des politiques agricoles pragmatiques et demande audience auprès des ministères concernés pour soumettre son initiative, soulignant la nécessité d’un financement ciblé pour garantir la souveraineté alimentaire. En parlant de la gestion des déchets, Stéphane Germain Iloko plaide pour une gestion plus responsable des déchets, qu’ils soient plastiques ou biomédicaux. Inspiré par les avancées observées en Turquie, il propose la transformation de plastiques en carburant et la mise en place d’unités de valorisation des déchets. L’objectif est double : réduire la pollution et créer des emplois à travers une filière verte structurée.
Préserver notre modèle solidaire
La fracture sociale est pointée du doigt comme un danger pour la cohésion nationale. L’intervenant insiste sur la nécessité de renforcer l’assistance aux plus vulnérables, en protégeant le modèle social gabonais. Il dénonce les circuits opaques dans la gestion des évacuations sanitaires, proposant à la place d’attirer les spécialistes étrangers au Gabon plutôt que d’envoyer les patients à l’extérieur, pour des raisons de coût et d’efficacité.
En appelant à la justice, au dialogue, à la rigueur politique et à la solidarité sociale, le leader de l’Arc-en-ciel trace les contours d’une opposition modérée mais vigilante, souhaitant placer l’humain au cœur de l’action publique.