En prélude des élections législatives et locales de septembre prochain, le Président du parti REAGIR, François Ndong Obiang, a rencontré hier mercredi 23 juillet 2025, les populations d’Atong-Abe, un quartier du 2e arrondissement de Libreville. Comme pour dire, celui qui veut aller loin, aménage sa monture.
Au cours de cette rencontre à la fois politique et citoyenne, le leader de REAGIR, accompagné des autres responsables du parti a saisi cette occasion d’installer une cellule de base. Toutefois, il a prodigué quelques sages conseils aux promus qui ont désormais la lourde charge mettre en musique les activités du parti dans cette circonscription politique. Occasion pour ce dernier, d’inciter les populations d’Atong-Abe d’inscrire sur les listes électorales dont l’opération a été lancée depuis le 14 juillet dernier, par le ministère de l’intérieur, en charge d’organiser les élections.
Dans un discours vibrant prononcé devant un public venu nombreux l’écouter, François Ndong Obiang désormais figure montante du renouveau national, a livré un message puissant, entre bilan, dénonciation et appel à l’action. Devant une foule attentive, il a plaidé pour une réappropriation identitaire, un retour à la dignité un travail décent, et un rejet radical du système politique ancien fondé sur le clientélisme et la résignation.
Un retour aux origines : renommer pour réparer
Pour François Ndong Obiang, dans la 5e République, tout doit être construit selon l’histoire du Gabon. « Vous ne verrez dans aucun pays qui se développe des quartiers qui portent des noms de colonie. », a fait remarquer M. Ndong Obiang. Le président de REAGIR commence fort en s’attaquant à la toponymie héritée de la colonisation. Pour lui, la prolifération de noms comme « Marseille », « Campagne », ou d’autres termes étrangers dans les villes gabonaises est un symbole d’aliénation.
Il appelle à renommer les quartiers, les rues, les lieux, afin de leur redonner leur identité ancestrale. Cette reconquête symbolique est pour lui le socle de la dignité nationale : « On doit nommer les terres que nous habitons par leur nom d’origine. Sinon, on oublie qui nous sommes. », a avancé le président de REAGIR.
La libération du 30 août : « Vous avez été libérés, maintenant libérez-vous vous-mêmes »
Le 30 août, qui semble correspondre à une transition politique majeure dans le pays, est désigné comme un moment de rupture avec la pauvreté organisée, l’attentisme et l’asservissement. « Ils vous ont libérés de la prison où on a été enfermés : la prison de devenir pauvres, esclaves, pessimistes. Mais cette libération n’est, selon lui, qu’un premier pas. La véritable liberté viendra lorsque chaque citoyen s’appropriera son destin, sa culture, son travail. Un message clair aux jeunes : « Arrêtez de rêver à des vies faciles. Le pays a besoin de vous au travail. », a exhorté Ndong Obiang.
L’un des passages les plus forts du discours est son rejet frontal de la politique des enveloppes et des illusions électorales. « Quand un politicien vous donne 5 000 francs pour voter, dans sa tête, il vous a déjà payés. Il volera l’argent public sans culpabilité.« , a avancé l’homme politique. Il dénonce une classe politique qui a longtemps confondu générosité électorale et corruption institutionnalisée. Pour François Ndong Obiang, il est temps d’élever le niveau, parler aux citoyens comme à des partenaires d’un projet de société, non comme à des électeurs qu’on achète.
Poursuivant son intervention, François Ndong Obiang a incité les jeunes à faire les petits métiers, sinon rentrer dans l’entrepreneuriat, car la Fonction publique ne peut plus absorber la jeunesse. Avec plus de 120 000 fonctionnaires hérités du régime précédent, l’État gabonais ne peut plus élargir sa masse salariale sans risques majeurs. Donc, il faut former des techniciens, pas seulement des bureaucrates. » Il a indiqué les uns et les autres que les autorités actuelles auraient investi 20 milliards de francs CFA dans une banque pour financer des projets concrets de jeunes, comme menuiserie, mécanique, électricité, restauration, couture. Ceci pour soutenir tous ceux qui veulent travailler. », a précisé l’orateur.
Il a également exhorté les jeunes à délaisser la facilité, les bars, les drogues, pour se réapproprier la valeur du travail, de la compétence, de la création. Non, sans oublier la revalorisation les métiers techniques tels que carreleurs, mécaniciens, ingénieurs, maçons, cuisinières… Et prépare déjà les jeunes à cette nouvelle orientation par la mise en place de formations ciblées.
Enfin, François Ndong Obiang à clôt sa rencontre politique sur une note d’humanité et d’humilité. Il se présente comme un fils du peuple, non comme un professionnel de la politique. Il refuse les débats violents, les manipulations des réseaux sociaux, et propose un échange franc avec les citoyens.
« Personne n’a fait ce que j’ai fait en trois ans. Je viens avec un projet clair. On attaque ceux qui portent des fruits, jamais les arbres secs. », a lancé François Ndong Obiang.
Ce discours marque un tournant dans la rhétorique politique gabonaise : direct, enraciné, sans promesse illusoire, mais avec une vision structurée du redressement national. Il redonne la parole au peuple tout en lui confiant la responsabilité du changement.
La balle est désormais dans le camp des citoyens. Reste à voir si cet appel à la réappropriation trouvera un écho profond dans une société longtemps habituée à l’assistanat et au désenchantement.