Petronille Bile Eko épse Medang et Florence Nzengue Boulomba s’imposent comme des figures montantes du parti Les Démocrates, en portant un discours centré sur la proximité, la rupture avec les pratiques anciennes, et l’ouverture d’un véritable chantier de reconstruction démocratique dans le 6e arrondissement.
C’est une ambiance de mobilisation, d’écoute et d’espérance politique nouvelle qui régnait ce week-end dans le 6e arrondissement de Libreville. À l’approche du scrutin des élections jumelées législatives et locales prévues pour le 27 octobre 2025, le parti Les Démocrates y a donné un coup d’accélérateur à sa campagne. En première ligne, deux femmes : Petronille Bile Eko épse Medang, suppléante du candidat législatif Mathurin Ifounga Ibinga, et Florence Nzengue Boulomba, tête de liste aux locales, ont fait forte impression par leurs discours ancrés dans les réalités locales, et par leur posture résolument tournée vers le changement. C’est à travers un geste de solidarité bien ciblé que l’équipe de campagne a lancé ses activités électorales dans l’arrondissement. Lors d’une tournée dans la zone de Dragage, lieu emblématique d’activités commerciales informelles, les candidates, accompagnées de leur directeur de campagne Pierre Doukaga, ont offert des parasols aux femmes commerçantes, exposées quotidiennement aux intempéries et à la chaleur accablante.
Ce geste, apparemment modeste, a été largement salué par les bénéficiaires, qui y ont vu une réponse concrète à une préoccupation de terrain, trop souvent ignorée par les autorités locales. En cette période de retour des grandes pluies, le don a suscité une reconnaissance palpable, les commerçantes n’hésitant pas à remercier « le ciel » pour cette attention. Appelée à intervenir au nom de son titulaire, momentanément indisponible pour raisons de santé, Petronille Bile Eko épse Medang a livré un discours dense, charpenté et porteur d’une forte charge symbolique. Devant une assistance composée de militants, de sympathisants, de commerçants, de jeunes curieux et de figures locales de la société civile, elle a planté le décor d’une élection qu’elle juge « historique ». « L’élection qui arrive est capitale pour l’avenir de notre nation. Elle ne ressemble pas aux précédentes. Elle ouvre la voie à une nouvelle ère, celle de la Cinquième République », a-t-elle lancé, sous les applaudissements nourris d’une foule attentive.
Selon elle, ce changement d’époque institutionnelle ne saurait se limiter à une simple réforme juridique ou constitutionnelle. Il implique une transformation en profondeur de la vie publique, une refondation du lien entre citoyens et institutions, une exigence de redevabilité accrue, et surtout une rupture claire avec les logiques politiques du passé. Dans un moment de grande intensité émotionnelle, Mme Bile Eko a rappelé que, dans une démocratie véritable, le pouvoir n’appartient pas aux élites, mais au peuple. Une prise de position forte qui résonne dans un contexte gabonais marqué par une défiance croissante envers les figures politiques traditionnelles.
« Une élection appartient avant tout au peuple. Car le pouvoir, c’est lui. Le pouvoir réside dans la main de ceux qui votent. Et c’est ce même peuple qui décide à qui il choisit de confier sa confiance. » Ce message de dignité citoyenne, de responsabilisation de l’électorat, tranche avec le ton condescendant de certains discours électoraux passés. Il marque également la volonté des Démocrates de replacer le citoyen au centre du jeu politique, dans une dynamique participative plutôt que paternaliste. Sans désigner directement de noms, Petronille Bile Eko a également exprimé une critique voilée mais explicite envers les anciens élus, accusés d’avoir déçu, trahi ou tout simplement abandonné leurs mandats une fois élus. « Nous connaissons déjà ceux qui, hier encore, ont reçu la confiance du peuple… » a-t-elle dit, marquant une pause lourde de sens.
Avant d’ajouter, d’un ton ferme, « Mais nous, nous sommes ici pour proposer autre chose. Une autre voie. Nous sommes Les Démocrates. Et nous croyons à la nécessité de poser un diagnostic franc et honnête sur la situation de notre pays. » Par cette déclaration, elle confirme la volonté du parti d’être la force de proposition alternative, refusant les postures démagogiques et prônant un réalisme politique adossé à l’écoute du terrain.
Florence Nzengue Boulomba : une vision locale structurée et réaliste
Aux côtés de la candidate suppléante, Florence Nzengue Boulomba, tête de liste du parti aux élections locales, a présenté un programme cohérent et articulé, répondant aux aspirations pressantes des habitants du 6e arrondissement. Son intervention, très attendue, s’est voulue à la fois rassembleuse, pragmatique et ambitieuse, avec une ligne directrice simple d’améliorer concrètement la vie des habitants. « Ce que je vous propose, ce n’est pas un rêve lointain. C’est un projet réaliste, progressif, et pensé pour répondre à vos besoins du quotidien. Pour nos familles, pour nos enfants, pour nos commerçants qui font battre le cœur de nos quartiers », a-t-elle déclaré en ouverture.
Un plan d’action municipal en trois phases
Dès la première année de mandat, la candidate prévoit l’installation de lampadaires solaires dans les rues, une mesure à la fois environnementale, sécuritaire et symbolique. « L’éclairage, c’est la sécurité, c’est la dignité, c’est la vie », a-t-elle martelé. Consciente du rôle économique vital des marchés, elle propose une réhabilitation des espaces marchands, une réorganisation plus fluide, et une baisse des coûts d’accès pour les petits vendeurs. « Nos marchés doivent devenir des lieux propres, sécurisés, bien gérés et accessibles à tous. ». Investir dans les enfants et moderniser les services publics, 3e année, Florence Nzengue Boulomba, dans sa dernière phase de programme vise à créer des espaces éducatifs, culturels et récréatifs, ainsi qu’à renforcer les services municipaux, notamment par des permanences administratives dans chaque quartier. « Nos enfants doivent pouvoir jouer, apprendre, grandir dans des quartiers propres et sûrs. »
Refusant toute approche autoritaire ou descendante, Florence Nzengue Boulomba insiste sur une gouvernance ouverte, inclusive, et co-construite avec les habitants. « Chaque projet, chaque décision importante sera construite avec vous. Car c’est vous qui vivez ici, c’est vous qui savez ce qui est bon pour vos enfants, vos commerces, vos familles. » Elle affirme ainsi une philosophie de mandat partagée, où l’élu n’est plus un décideur isolé, mais un facilitateur de la volonté populaire. À mesure que le scrutin approche, la campagne menée dans le 6e arrondissement semble prendre de l’ampleur, portée par une équipe soudée, des discours clairs et une volonté de rompre avec les erreurs du passé. L’écho rencontré auprès des commerçants, des jeunes et des familles témoigne d’une envie de renouveau politique.
Alors que Mathurin Ifounga Ibinga se prépare à revenir sur le terrain, sa suppléante Petronille Bile Eko et la dynamique Florence Nzengue Boulomba ont déjà donné un ton nouveau à cette campagne. Leurs prises de position fermes mais respectueuses, leurs propositions concrètes et leur ancrage local pourraient bien rebattre les cartes dans un arrondissement longtemps marqué par la lassitude électorale. Face à une conjoncture nationale incertaine, marquée par les défis de la réforme institutionnelle, la lutte contre la corruption, et la reconquête de la confiance citoyenne, Les Démocrates entendent proposer des solutions enracinées, progressives et crédibles.