Ntoum 1er arrondissement : Serge Zeng Ango lance sa campagne sous la pluie, entre ferveur populaire et appel à la rupture

Sous une pluie battante, le 1er arrondissement de la commune de Ntoum, chef-lieu du département du Komo-Mondah, a vibré mardi 14 octobre dernier, au rythme du lancement officiel de la campagne électorale du candidat de l’Union nationale (UN), Serge Zeng Ango, accompagné de sa suppléante, Marie Blanche Moutoubou épouse Boussoungou.
L’événement, très attendu par les sympathisants de l’opposition, a rassemblé une foule nombreuse venue braver les intempéries pour exprimer son soutien au duo de l’Union nationale. De Soleil à Simenterie, en passant par Meyang, Nkan-Poussière et Alarmitang, les militants ont accueilli avec ferveur le message du candidat, déterminé à porter haut les couleurs de son parti dans une circonscription traditionnellement disputée.

« La même manière, le changement va s’opérer ici dans le premier arrondissement », a lancé Serge Zeng Ango, sous les applaudissements nourris de ses partisans. Dès les premières minutes de son allocution, le candidat de l’Union nationale a donné le ton de son projet politique qui se repose sur la rupture, la moralisation et la restauration de la dignité citoyenne.
S’appuyant sur un registre à la fois politique et spirituel, il a appelé les populations de Ntoum à « se libérer des anciennes pratiques » et à refuser la tentation de la résignation. « Nous devons rompre avec les choses anciennes pour entrer dans la lumière du changement », a-t-il exhorté, faisant un parallèle biblique avec Abraham, « que Dieu avait appelé à se séparer de Loth pour accomplir sa destinée ».

Pour lui, la transformation de Ntoum et du Gabon tout entier passe par une nouvelle conscience politique : « Le changement que nous voulons apporter est celui qui éclaire, celui qui transforme les conditions de vie, celui qui redonne espoir à la jeunesse », a-t-il insisté.

Un discours empreint de spiritualité et de dénonciation morale

Fidèle à un style oratoire direct et populaire, Serge Zeng Ango a abordé la question de la corruption électorale avec une dose d’humour et de piété.
S’adressant aux électeurs tentés d’accepter de l’argent en période de campagne, il a mis en garde contre « l’esprit du PDG ». « S’il vient de vous donner 5 000 francs, ne mangez pas encore cet argent. Si vous le faites, l’esprit du PDG va entrer en vous ! », a-t-il lancé, provoquant des rires dans l’assistance. Poursuivant sur ce ton, il a évoqué deux forces spirituelles à l’œuvre dans la politique gabonaise, « Il y a deux esprits : le Saint-Esprit, qui est l’esprit de Dieu, de vérité et de puissance, et l’esprit du mal, celui du mensonge, du détournement et du blocage des bourses scolaires que le PDG incarne. » En mêlant références religieuses, critiques politiques et symbolisme biblique, Serge Zeng Ango cherche à fédérer un électorat désireux de renouveau, tout en s’inscrivant dans une rhétorique morale populaire.

Le candidat de l’Union nationale a également présenté plusieurs propositions concrètes destinées à améliorer les conditions de vie des jeunes et des familles.
Parmi celles-ci, la création d’une allocation chômage pour les jeunes diplômés sans emploi figure en tête de son programme législatif. « Un enfant qui a fini ses études ne doit pas devenir un fardeau pour ses parents. Nous proposerons une loi sur l’allocation chômage, entre 100 000 et 150 000 francs CFA, pour lui permettre de vivre dignement le temps de trouver un travail », a-t-il expliqué. Il a également plaidé pour que les bourses scolaires soient inscrites dans la loi, afin d’en garantir la pérennité, « Les bourses ne doivent plus dépendre de la volonté d’un ministre ou d’un président. Nous voulons qu’elles deviennent un droit. »
Selon lui, ces réformes permettraient de restaurer la dignité de la jeunesse gabonaise, souvent confrontée au chômage et à la précarité, malgré des années d’études.

Un appel à l’unité contre le tribalisme et les divisions

Dans une période électorale souvent marquée par les tensions identitaires, Serge Zeng Ango a fermement condamné les tentatives de division fondées sur les origines ou les appartenances ethniques. « Le diable, quand il est blessé, cherche à diviser. Certains voudront vous parler de clans ou d’ethnies, mais la divise du Gabon, c’est l’Union, Travail et Justice. Ne tombons pas dans le piège », a-t-il averti. Pour lui, la véritable bataille se joue sur le terrain des idées et non sur celui des appartenances communautaires. Il a salué au passage la réaction de sa suppléante, Mme Moutoubou, qui aurait mis fin à une tentative de récupération communautaire lors d’une réunion de campagne. Serge Zeng Ango a profité de ce lancement de campagne pour rappeler que l’Union nationale s’inscrit dans une coalition des forces du changement, aux côtés de l’UPR, de l’Union démocratique des Bâtisseurs (UDB) et du Jeune indépendant.
Selon lui, cette coalition permettra de constituer une majorité municipale et départementale alternative au PDG, afin de mettre en œuvre une gestion plus proche des citoyens. « Aucun de nos candidats ne roule en Mercedes. Ce sont des hommes et des femmes du peuple, qui marchent avec vous, sous la pluie comme aujourd’hui », a-t-il souligné, en contraste avec ses adversaires politiques. Le candidat affirme que cette alliance permettra non seulement de conquérir la mairie de Ntoum, mais aussi de « redonner la parole aux populations » dans la gestion de la commune.

Une promesse de changement profond

Confiant dans la dynamique de sa campagne, Serge Zeng Ango estime que « la page du PDG est tournée » dans le département du Komo-Mondah, affirmant que les résultats précédents témoignent déjà d’un basculement politique. « Même la mairie de Ntoum, le PDG ne peut plus la gagner. Ils ont perdu la majorité. Ici, la victoire appartiendra au peuple », a-t-il déclaré sous les ovations. Il appelle ainsi les électeurs à « voter non seulement pour un candidat, mais pour leurs enfants et leur avenir », considérant que le scrutin du 18 octobre symbolise « l’ouverture d’une ère nouvelle de bénédiction et de justice ».
Occasion pour Serge Zeng Ango a remercié ses soutiens, les habitants des différents quartiers visités et les militants mobilisés depuis plusieurs semaines pour la sensibilisation porte-à-porte. « À travers ma candidature, c’est vous qui êtes candidats. Je vous représente parce que je connais vos difficultés et vos besoins », a-t-il assuré.

Il a enfin invité les électeurs à garder la foi et à se mobiliser massivement pour la victoire du changement. « Que Dieu bénisse la commune de Ntoum, qu’il éclaire vos familles et qu’il nous guide vers la victoire du 18 octobre », a conclu le candidat Serge Zeng Ango, sous les chants et applaudissements.

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