Sous le thème de la solidarité, de la prévention et du bien-être féminin, le 1er arrondissement de Libreville a vibré samedi dernier, au rythme de la première édition de la campagne “Rose pour Elle”. Organisée par Emmanuel Berre, conseiller municipal et tête de liste élu lors de la dernière élection municipale, pour le compte de l’Union Démocratique des Bâtisseurs (UDB), cette journée s’inscrit dans le cadre de la mobilisation internationale Octobre Rose, consacrée à la lutte contre les cancers féminins, en particulier ceux du col de l’utérus et du sein.
Pour Emmanuel Berre, cette journée de sensibilisation ne relève pas de la politique, mais d’un engagement citoyen et social. “Nous ne sommes pas ici dans un cadre politique, mais associatif. J’ai choisi d’inscrire mon action publique sous le signe du soutien à la femme gabonaise, de la grand-mère à la jeune fille. Notre objectif est d’être proches des populations, d’agir pour elles, non pas pour des voix, mais parce qu’elles en ont besoin,” a-t-il déclaré.
Cette première édition de “Rose pour Elle” traduit la volonté de l’élu et de son équipe, baptisée “Le Manuel Vert”, de faire de la santé publique une priorité de terrain. La campagne a rassemblé plusieurs partenaires institutionnels et médicaux, dont le Centre de diagnostics, qui a mis à disposition des équipements informatiques et une ambulance médicalisée, ainsi que la clinique Le Genévrier, chargée d’accueillir les patientes nécessitant un suivi approfondi.
L’événement a également bénéficié de la collaboration du ministère de la Santé et d’associations locales engagées dans la promotion de la santé féminine.
“La santé, c’est un bien indispensable à tous. Sans la femme, il n’y a pas de famille, et sans la famille, il n’y a pas de société. La femme, c’est le passé, le présent et l’avenir de l’homme,” a rappelé Emmanuel Berre dans son allocution d’ouverture, avant d’annoncer la volonté de son équipe de reconduire la campagne chaque année.
Un partenariat fort avec le ministère de la Santé
Présente à la cérémonie, la représentante du ministère de la Santé a tenu à rappeler l’importance du dépistage tout au long de l’année, et non pas uniquement pendant le mois d’octobre. “Nous encourageons toutes les femmes à se faire dépister régulièrement. Le dépistage est gratuit dans les structures sanitaires agréées. Plus un cancer est détecté tôt, plus les chances de guérison sont élevées, jusqu’à 95 %. C’est pourquoi nous voulons que chaque femme prenne rendez-vous pour son dépistage, pourquoi pas à l’occasion de son mois d’anniversaire — un moment de célébration de la vie, mais aussi de préservation de sa santé.”
Cette approche innovante, dite du “dépistage au mois d’anniversaire”, vise à instaurer un réflexe durable de prévention, en intégrant la santé dans les habitudes de vie quotidiennes des femmes. Le Dr Elsy Ntsame Mezui, épse Mvono Nkili, gynécologue, a salué la forte mobilisation observée tout au long de la journée :
“Depuis ce matin, nous avons reçu environ une centaine de patientes. Beaucoup ignoraient encore les gestes de prévention ou la manière de procéder à un dépistage. Nous avons donc commencé par la sensibilisation, puis nous sommes passés à la phase de dépistage. Plusieurs lésions précancéreuses ont été identifiées, et les patientes concernées seront prises en charge.”
La spécialiste a insisté sur le rôle essentiel de l’information dans la lutte contre les cancers féminins. “Chaque jour, chaque minute, une femme meurt d’un cancer qui aurait pu être évité. Ces maladies évoluent lentement, parfois sur 10 à 15 ans. C’est pourquoi le dépistage précoce est fondamental.”, a indiqué le Dr.
Concernant le cancer du sein, elle a rappelé les principaux facteurs de risque, à savoir : l’hérédité, l’obésité, le manque d’allaitement et la faible parité.
Quant au cancer du col de l’utérus, il est le plus souvent lié à une infection par le virus HPV (papillomavirus humain), une infection sexuellement transmissible.
“Des comportements à risque, comme la multiplicité des partenaires ou des rapports sexuels précoces, peuvent favoriser cette infection. D’où la nécessité d’une éducation préventive dès le plus jeune âge,” a-t-elle précisé. La gynécologue a également rappelé que le dépistage est disponible quotidiennement dans les CHU et structures publiques, “Il suffit de se présenter en consultation gynécologique pour bénéficier du test, gratuitement ou à très faible coût.”
La journée a également été marquée par des témoignages poignants, à l’image de celui de Mme Alice, une patiente en rémission, venue partager son expérience, “J’ai été dépistée, puis soignée à temps. Ensuite, j’ai suivi une chimiothérapie en France. Aujourd’hui, je vais bien, et je veux convaincre d’autres femmes de le faire aussi. Plus tôt on détecte la maladie, mieux on se soigne.”
Ce témoignage fort a rappelé à toutes l’importance de la prévention et du suivi médical régulier.
Les associations en première ligne
Aux côtés du ministère et des professionnels de santé, les associations locales ont joué un rôle clé dans la réussite de cette première édition. Parmi elles, Endofi Gabon, présidée par Tegh-Yess Moutchinga, épse Ngoussi, qui lutte contre l’endométriose et les pathologies féminines chroniques.
“Participer à Octobre Rose est pour nous une évidence. Il ne s’agit pas seulement de porter du rose, mais d’agir pour la santé des femmes. Notre mission est de sensibiliser, d’informer et de prévenir. La santé n’a pas de prix,” a-t-elle affirmé.
Cette collaboration entre acteurs publics, privés et associatifs illustre la nouvelle dynamique de proximité que souhaite impulser Emmanuel Berre dans son arrondissement.
L’élu de l’UDB a conclu la journée en réaffirmant son engagement pour la santé et le bien-être de ses concitoyens, mais aussi pour le développement économique local, “Nous continuerons de soutenir toutes les initiatives en faveur des femmes, mais aussi des hommes et des jeunes. En novembre, nous lancerons la campagne ‘Novembre Bleu’, consacrée aux cancers masculins. Et tout au long de notre mandat, nous mènerons des actions pour favoriser l’emploi des jeunes, créer des opportunités et redonner confiance aux populations.”
Au-delà d’un simple événement, “Rose pour Elle” se veut une campagne de vie et d’espoir, ancrée dans la proximité et la solidarité. Un message fort, porté par des acteurs déterminés à bâtir une société plus attentive à la santé de chacun.