Le RENAJI interpelle le Président de la République à la veille de son investiture

À la veille de l’investiture du Président de la République Brice Clotaire Oligui Nguema, élu à la magistrature suprême lors du scrutin du 12 avril dernier, le Réseau National des Journalistes Indépendants (RENAJI) sort de sa réserve.

Dans une déclaration solennelle, son président, Aimé Serge Boulingui, adresse un message fort au nouveau Chef de l’État, rappelant les attentes pressantes des professionnels des médias privés.

Une réforme structurelle du secteur médiatique réclamée

Premier point mis en avant : la nécessité d’une réforme en profondeur du Code de la communication. Le RENAJI appelle à un processus inclusif et participatif, avec pour ligne directrice la dépénalisation des délits de presse, qu’il considère comme une condition sine qua non à l’exercice libre et responsable du métier de journaliste.

Liberté de la presse : tolérance zéro pour les pressions

Le président du RENAJI dénonce avec fermeté les intimidations, arrestations arbitraires et suspensions injustifiées de médias qui continuent d’entraver la liberté d’informer. Il plaide pour un environnement apaisé et sécurisé, seul garant d’une presse indépendante au service de la démocratie.

Accès à l’information : vers l’égalité entre médias publics et privés

Autre cheval de bataille : l’accès équitable à l’information publique. Le réseau réclame l’application stricte du principe d’égalité entre tous les organes de presse, dénonçant la concentration de l’information officielle entre les mains des médias d’État.

Des mesures urgentes pour la survie économique des médias privés

Face à la précarité croissante du secteur, le RENAJI demande la création d’un fonds de soutien à la presse, des exonérations fiscales ciblées et des aides transparentes. Selon Aimé Serge Boulingui, ces mécanismes permettront de renforcer l’indépendance éditoriale et la pérennité des entreprises de presse.

Publicité institutionnelle : pour une répartition juste et transparente

Le RENAJI exhorte également les autorités à mettre fin à l’utilisation politique de la publicité publique. Il plaide pour une répartition basée sur des critères objectifs et équitables, loin de toute logique partisane.

Formation et professionnalisation au cœur des priorités

Le Réseau renouvelle son appel à la création d’une école nationale de journalisme. Un projet stratégique pour former des professionnels compétents, éthiques et dévoués à l’intérêt général.

Une promesse non tenue, un symbole de défiance

Enfin, le président du RENAJI n’a pas manqué de rappeler l’engagement présidentiel concernant la dotation en véhicules des organes de presse privés, resté lettre morte à ce jour. Il y voit un signal négatif qui fragilise la relation de confiance entre les autorités et les acteurs du secteur.

Une main tendue pour un partenariat constructif

Malgré les inquiétudes exprimées, le RENAJI réaffirme sa disponibilité au dialogue et à la collaboration avec le pouvoir en place. Il en appelle à un engagement sincère du Président de la République pour faire du paysage médiatique gabonais un pilier de la démocratie et de l’État de droit.

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