Huit ans après la fermeture brutale et inexpliquée de la société Free-shop, spécialisée autrefois dans la vente de vins et produits de luxe à proximité de l’aéroport international Léon-Mba, ses anciens salariés continuent de vivre dans la précarité et l’incertitude. Ces pères et mères de famille, laissés pour compte, réclament avec insistance le paiement intégral de leurs droits.
Privatisée puis transformée en société Olam, Free-shop a fermé ses portes en septembre 2017, plongeant ses employés dans un chômage soudain et sans indemnités. Depuis, les démarches entamées par ces travailleurs pour faire valoir leurs droits n’ont donné aucun résultat concret. Face au silence des responsables de l’entreprise et l’inaction des autorités, leur colère grandit.
Le collectif des ex-employés, dirigé par Jonas Assoumou, a récemment organisé un sit-in devant un immeuble situé à l’ancienne Sobraga, dans le 2e arrondissement de Libreville. Cet immeuble de six étages, comprenant 19 appartements et d’une valeur estimée à plus d’un milliard de francs CFA, appartiendrait à Free-shop. Pour les anciens salariés, sa vente serait la seule solution pour obtenir réparation.
Mais cette option se heurte au refus catégorique de Philomène Kouna, actionnaire majoritaire de la société. Malgré l’intérêt manifeste d’une dizaine d’acheteurs, dont le ministère des Transports, Mme Kouna refuse de signer l’acte de vente, sans fournir de justification claire. Pendant ce temps, son associée, Mme Carmen Metz, de nationalité espagnole et actuellement résidente en Suisse, reste injoignable.
Un autre scandale vient s’ajouter à cette situation déjà tendue : un individu du nom de Paterne Ndong aurait obtenu les clés de l’immeuble et commencerait à louer les appartements de manière illégale. Les anciens salariés s’interrogent sur les complicités possibles entre cet individu et Mme Kouna, et dénoncent un enrichissement illicite sur le dos de leur misère.
Exaspérés, certains ex-employés n’excluent plus d’occuper eux-mêmes les logements vacants pour y héberger leurs familles. « Cela fait huit ans que nous attendons. Trop, c’est trop ! », s’insurge un ancien agent.
Joint au téléphone, Philomène Kouna indique qu’elle n’est pour rien dans cette affaire et qu’elle ne pourrait signer l’acte de vente cet immeuble. Tout en demandant aux anciens employés de Free-shop de se référer à revendiquer Olam pour revendiquer le paiement de leurs droits.
Aujourd’hui, les ex-employés de Free-shop lancent un appel solennel au gouvernement de la 5e République, aux médias, et aux autorités judiciaires pour que lumière soit faite sur cette affaire. Ils demandent justice, dignité et la reconnaissance de leurs droits bafoués depuis trop longtemps.