C’est un cri de détresse que lance Madame Moussouda Nzamba, Présidente du Réseau Gabonais des Personnes Vivant avec le VIH/Sida (RGP+), à l’endroit du le Président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema et de son collaborateur, le ministre de la Santé, Pr Andrien Mougougou. Dans un message empreint d’émotion et d’urgence, elle alerte sur la gravité de la situation sanitaire des personnes vivant avec le VIH/Sida au Gabon, et plus particulièrement celle des enfants et adolescents.
« Trois cent quatre-vingts enfants et adolescents sont actuellement atteints du VIH, un chiffre alarmant qui ne reflète que partiellement la réalité. Dans les quartiers, les villages, et les provinces, des personnes meurent en silence. Il faut que cela interpelle nos autorités ! », déclare-t-elle avec force.
La présidente de RGP+ insiste sur les obstacles majeurs à une bonne prise en charge : le coût élevé des bilans médicaux nécessaires à l’observance du traitement antirétroviral, la précarité généralisée, et l’insuffisance de la prévention. Sans bilans à jour, les patients ne peuvent pas accéder aux traitements, et l’infection continue de se propager.
« Les bilans sont trop chers. Un malade qui n’a pas les moyens financiers ne peut pas suivre correctement son traitement. Comment voulez-vous qu’on sensibilise une personne qui n’a pas de quoi payer son bilan ? La prévention ne peut pas fonctionner dans ces conditions. », déplore Mme Moussouda Nzamba.
Toutefois, elle appelle solennellement à une gratuité totale des bilans médicaux et des traitements antirétroviraux sur toute l’étendue du territoire national. Une mesure qu’elle juge essentielle pour assurer l’accès aux soins, limiter la transmission du virus, et permettre aux malades de vivre dans la dignité.
« Monsieur le Président, la santé doit être une priorité nationale. Sans santé, il n’y a pas de développement. Le peuple vous a élu ; écoutez son cri. Faites de la lutte contre le VIH une urgence nationale. », lance t-elle.
Cet appel poignant met en lumière une réalité souvent ignorée : celle de milliers de Gabonais et Gabonaises, jeunes et vieux, qui luttent chaque jour contre une maladie chronique, dans un système de santé encore trop fragile pour leur offrir le soutien nécessaire.