L’IMPUNITÉ, CE FLÉAU À ÉRADIQUER POUR UNE RÉPUBLIQUE EXEMPLAIRE

La gestion des deniers publics constitue un véritable baromètre de la bonne gouvernance. Au Gabon, les budgets votés chaque année affichent des montants colossaux, censés impulser un développement durable dans des secteurs clés comme la santé, l’éducation, les infrastructures ou encore l’économie. Pourtant, les effets sur le terrain restent invisibles. Où va l’argent public ? Qui en répond ? Pourquoi l’impunité persiste-t-elle ?

L’affaire des fonds alloués à la lutte contre la Covid-19 a révélé l’ampleur du mal. Détournements, surfacturations, favoritisme, corruption : la pandémie n’a été qu’un révélateur d’un système profondément enraciné dans la prédation des ressources publiques. Ce scandale ne doit pas être traité comme une exception, mais comme un symptôme d’un dysfonctionnement structurel.

Les pratiques de mauvaise gestion ne concernent pas uniquement les fonds liés à la crise sanitaire. Elles gangrènent l’ensemble des finances publiques. Chaque année, des milliards sont débloqués pour des projets qui ne voient jamais le jour. Les infrastructures restent inachevées, les équipements promis ne sont jamais livrés, les services publics s’effondrent, tandis qu’une élite s’enrichit sans scrupule.

Le changement de République, enclenché récemment, ne peut se limiter à un changement de façade. Le nouveau gouvernement doit rompre sans ambiguïté avec l’ancien système. Il n’a pas droit à l’erreur, encore moins à la complaisance. Il lui incombe de poser des actes forts dès les premiers mois, s’il veut regagner la confiance du peuple.

La fin de l’impunité doit être un pilier fondamental de cette nouvelle ère. Il est temps que ceux qui ont détourné les ressources publiques rendent des comptes devant la justice, sans distinction de rang ni de parti politique. Il faut ouvrir les « caisses noires », auditer les budgets passés, traquer les abus, et rétablir une gestion rigoureuse, transparente et équitable des fonds publics.

La moralisation de la vie publique ne peut plus être un simple slogan. Elle doit devenir une exigence nationale, traduite en actes concrets et mesurables. L’argent public ne doit plus être une rente pour une minorité, mais un levier de transformation sociale au service de tous les Gabonais.

C’est à ce prix que le Gabon pourra reconstruire la confiance entre l’État et ses citoyens, et bâtir une République moderne, juste et respectée.

Par Dr. Aristide Mamfoumbi

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