GIOSEN : « L’Éducation gabonaise mérite mieux » – Cri d’alarme des syndicats à l’issue du 1er mai

À l’issue de la célébration de la fête du Travail, le Groupe d’Influence des Organisations Syndicales de l’Éducation Nationale (GIOSEN) a tenu un point de presse ce 31 mai 2025, pour dresser un bilan sans fard du secteur éducatif gabonais et adresser un appel pressant aux autorités de la 5ème République.

Sous le thème « Pour une Éducation Gabonaise Forte et Inclusive », le collectif syndical a salué l’élan d’espoir suscité par la transition politique, tout en soulignant que cet élan tarde encore à se traduire en changements concrets pour les acteurs de l’éducation.

Dans une déclaration empreinte à la fois de reconnaissance et de fermeté, le GIOSEN a rappelé son soutien indéfectible à l’actuel Président de la République, qu’il avait accompagné durant la période de transition et soutenu lors de la dernière élection présidentielle. Toutefois, les attentes restent nombreuses, et les promesses notamment celle formulée le 23 mars 2025 autour du logement des personnels doivent maintenant se concrétiser.

« La promesse présidentielle concernant le logement est une lueur d’espoir, mais elle appelle des mesures concrètes, urgentes et structurées », a souligné la porte-parole du groupe, Lavida Abessolo Mbeng épse Minko, par ailleurs présidente du Syndicat national des conseillers d’orientation psychologues (SYNACOP).

Un secteur éducatif en difficulté

Le GIOSEN déplore un secteur toujours englué dans des problèmes structurels persistants, malgré les engagements de la transition : retards de paiement des salaires, primes et rappels ; conditions de travail précaires, notamment à l’intérieur du pays ; blocages dans les carrières, avec des dossiers de titularisation et de reclassement en souffrance ; manque criant d’infrastructures scolaires et d’équipements pédagogiques ; sous-effectifs dans les métiers de soutien (agents de service, bibliothécaires, secrétaires) ; faible reconnaissance des personnels non enseignants, pourtant essentiels au fonctionnement du système.

Face à cette situation, le groupe syndical exige : une revalorisation globale de tous les métiers de l’éducation ; un plan d’urgence pluriannuel pour le recrutement et la formation ; l’assainissement du fichier du personnel et la régularisation des dossiers en attente et le retour à un dialogue social structuré, interrompu depuis plus de deux ans.

Tout en dénonçant les dysfonctionnements, le GIOSEN se veut constructif et engagé : il réaffirme sa volonté d’accompagner toute réforme visant à améliorer la qualité de l’éducation au Gabon.

« Il n’y a pas d’école performante sans personnels motivés, sans reconnaissance de tous les métiers qui font vivre notre système éducatif », a martelé la porte-parole du groupe.

Hommage aux acteurs de l’ombre

Le point de presse s’est conclu par un hommage appuyé à l’ensemble des personnels de l’éducation nationale, enseignants, encadreurs, administrateurs, techniciens, agents de service qui assurent, souvent dans des conditions difficiles, la continuité du service public.

Pour Lavida Abessolo Mbeng épse Minko, le message du GIOSEN lors de ce 1er mai 2025, était clair : l’éducation doit redevenir une priorité nationale. Il est temps de traduire les espoirs de la 5ème République en avancées tangibles pour ceux qui portent l’école gabonaise au quotidien.

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