Agriculture et élevage biologique : la mairie du premier arrondissement d’Akanda ouvre un séminaire de formation pour promouvoir l’autonomisation des jeunes et le développement durable

La mairie du premier arrondissement de la commune d’Akanda (au nord de Libreville) a officiellement lancé, ce lundi 11 mai 2026, un important séminaire de formation consacré à l’agriculture et à l’élevage biologique. Cette initiative, portée par le maire du premier arrondissement, Dieudonné Moupoukou, vise à renforcer les capacités des populations locales dans les domaines de la production agricole biologique, de l’élevage moderne et de l’entrepreneuriat rural.
Pendant trois jours, plusieurs jeunes, de deux sexes, porteurs de projets et habitants de la commune bénéficieront d’enseignements théoriques et pratiques dispensés par des spécialistes du secteur agricole et des experts en agriculture biologique. Organisée en partenariat avec la société coopérative d’agriculture et d’élevage biologique du Gabon (SCOOPS AGE-BIO GABON) et le Réseau national des acteurs de l’agriculture biologique, cette formation s’inscrit dans une dynamique de promotion de la sécurité alimentaire, de la création d’emplois et de la protection de l’environnement.

La cérémonie d’ouverture, qui s’est déroulée dans une ambiance conviviale, a réuni les autorités municipales, des responsables associatifs, des partenaires techniques ainsi qu’un grand nombre de participants venus manifester leur intérêt pour les métiers liés à l’agriculture et à l’élevage biologique. Dans son discours inaugural, Dieudonné Moupoukou a expliqué les motivations ayant conduit à l’organisation de ce séminaire. Selon lui, le Gabon fait aujourd’hui face à plusieurs défis majeurs, notamment ceux liés à l’alimentation, au chômage des jeunes et à la nécessité de préserver durablement les ressources naturelles. « Le Gabon aujourd’hui est confronté à de nombreux problèmes. Nous devons penser à l’avenir de notre peuple. Et penser à l’avenir de notre peuple, c’est aussi penser à la manière dont il se nourrit. Nous devons encourager une alimentation saine, une alimentation biologique », a-t-il déclaré devant les participants.

Le maire a dénoncé les conséquences de l’agriculture intensive qui repose fortement sur l’utilisation des engrais chimiques, des pesticides et d’autres substances nocives pour la santé humaine et l’environnement.
« Aujourd’hui, beaucoup de personnes consomment des produits cultivés rapidement avec des méthodes intensives. Pourtant, ces pratiques contribuent à la destruction progressive de l’humanité à travers les maladies, la pollution des sols et la dégradation de l’environnement », a-t-il poursuivi. Face à cette réalité, la mairie du premier arrondissement d’Akanda a décidé de conclure un partenariat avec des acteurs spécialisés dans l’agriculture biologique afin de proposer des solutions concrètes aux populations locales. Pour les autorités municipales, il ne s’agit pas simplement d’organiser une formation ponctuelle, mais de créer une véritable dynamique économique et sociale autour des métiers agricoles.

Selon Dieudonné Moupoukou, l’objectif principal de cette initiative est d’encourager les jeunes à se tourner vers l’entrepreneuriat agricole afin de devenir financièrement autonomes. « Nous voulons que les jeunes prennent des initiatives et se lancent dans l’entrepreneuriat. Derrière l’entrepreneuriat, il y a la création d’emplois, l’autonomie financière et la prise en charge individuelle. Nous voulons voir émerger une jeunesse capable de créer ses propres activités et de participer au développement de notre commune », a-t-il affirmé.
Le maire a également indiqué que cette initiative s’inscrit dans la politique nationale impulsée par le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, qui encourage fortement les collectivités locales à soutenir les projets favorisant l’emploi, la diversification économique et le retour à la terre. « Le chef de l’État trace une ligne directrice claire en matière de lutte contre le chômage. Il revient désormais aux collectivités locales de traduire cette vision en actions concrètes sur le terrain. À notre niveau, nous essayons modestement de mettre en pratique cette politique à travers des initiatives utiles pour les populations », a souligné l’édile municipal.

Sur les difficultés financières auxquelles pourraient être confrontés les bénéficiaires après la formation, Dieudonné Moupoukou a reconnu que l’accompagnement des jeunes constitue un défi important, mais il a assuré que la municipalité entend soutenir progressivement les participants dans la réalisation de leurs projets. « Cette tâche est lourde, mais notre objectif est d’accompagner les bénéficiaires étape par étape. À la fin de cette formation, nous allons réaliser un potager pilote. Ensuite, nous identifierons des espaces où la mairie pourra redéployer les jeunes formés afin qu’ils puissent commencer à produire concrètement », a-t-il expliqué.
Il a également évoqué les perspectives offertes par le processus de décentralisation actuellement engagé au Gabon. Selon lui, une plus grande autonomie des collectivités locales pourrait permettre de mobiliser davantage de ressources pour financer les activités agricoles et les projets des jeunes.

Prenant la parole à son tour, Dieu Donné Diloussa, président de la Coopérative HB du Gabon, expert en agriculture biologique et formateur principal du séminaire, a présenté le contenu pédagogique de cette session de formation. « Nous sommes ici ce matin à la mairie du premier arrondissement pour exécuter notre programme de formation en agriculture et élevage biologique avec l’appui des autorités municipales et de plusieurs partenaires », a-t-il déclaré. Le spécialiste a profité de cette occasion pour expliquer les différences entre l’agriculture intensive, l’agriculture naturelle et l’agriculture biologique.
Selon lui, l’agriculture intensive repose essentiellement sur l’utilisation des engrais et pesticides chimiques, tandis que l’agriculture naturelle se pratique sans intrants. L’agriculture biologique, quant à elle, associe les méthodes naturelles à des techniques biologiques de fertilisation et de protection des cultures. « L’agriculture biologique vient renforcer l’agriculture naturelle grâce à l’utilisation d’engrais biologiques et de produits de traitement fabriqués à base de plantes, de mauvaises herbes et de ressources naturelles. Ce sont des solutions écologiques qui permettent de lutter contre les ravageurs tout en protégeant la santé humaine et l’environnement », a-t-il expliqué.

Le programme de formation est structuré autour de deux grands modules : la production maraîchère biologique et l’élevage biologique de poulets de chair.
Concernant l’élevage, les participants seront formés en 72 heures, sur plusieurs aspects essentiels, notamment l’introduction à l’aviculture biologique, l’alimentation des volailles, la santé animale, la prophylaxie et la gestion efficace d’une ferme. Pour la partie agricole, les apprenants recevront au cours de cette formation des enseignements pratiques sur l’étude des sols, le choix des terrains, la sélection des semences, les techniques de culture maraîchère biologique ainsi que la fabrication d’engrais et de produits phytosanitaires biologiques.
« Nous allons apprendre aux participants à produire eux-mêmes leurs engrais biologiques et leurs produits de traitement naturel. Notre objectif est qu’ils soient capables de mettre en place leurs propres exploitations après cette formation », a précisé Dieu Donné Diloussa.

Créée en novembre 2022 à Libreville, la Coopérative HB du Gabon œuvre activement pour la promotion de l’agriculture biologique et la sensibilisation des populations aux enjeux de la souveraineté alimentaire.
Pour ses responsables, l’agriculture représente aujourd’hui une véritable opportunité économique pour les jeunes gabonais. « Les autorités gabonaises encouragent fortement la jeunesse à investir dans l’entrepreneuriat. Nous avons choisi l’agriculture biologique parce qu’elle protège la santé humaine, animale, végétale et environnementale. C’est un secteur qui offre de nombreuses possibilités d’emploi et qui contribue à la souveraineté alimentaire du pays », a ajouté le formateur. Tout au long des échanges de cette première journée de formation, les organisateurs ont insisté sur l’importance de la discipline, du sérieux et de l’assiduité afin que les participants puissent tirer pleinement profit des enseignements qui leur seront dispensés durant les trois jours de travaux.

Cette session de formation se veut également un espace d’échanges d’expériences entre experts et apprenants. Les initiateurs espèrent voir naître, à l’issue du séminaire, de nouveaux projets agricoles capables de dynamiser l’économie locale, de favoriser l’autosuffisance alimentaire et d’améliorer les conditions de vie des populations.
La cérémonie s’est finalement achevée par l’ouverture officielle des travaux sous les applaudissements nourris des participants, visiblement enthousiastes à l’idée d’acquérir des compétences nouvelles dans un secteur considéré aujourd’hui comme l’un des piliers du développement durable et de l’économie de demain au Gabon.

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