Ngounié : les filles et fils de Dikoka lancent le CRAD et tracent les contours d’un ambitieux projet de développement communautaire

La salle de conférences de la Chambre de commerce de Libreville a refusé du monde, dimanche 31 mai 2026, à l’occasion d’une rencontre historique réunissant les filles et fils du premier siège du canton Dikoka, dans le département de la Douya-Onoye, province de la Ngounié. Organisée à l’initiative de l’honorable député Yvon Patrick Ndinga, cette cérémonie avait un double objectif : remercier les populations pour la confiance accordée lors des élections législatives de 2025, et procéder au lancement officiel du Cercle de Réflexion et d’Action de Dikoka (CRAD). Une association que les responsables se veulent apolitique et à but non lucratif. Cadres, notabilités, jeunes, femmes, représentants de la diaspora, amis du canton et invités de marque ont répondu présents à cet appel placé sous le signe de l’unité, de la fraternité et du développement. Tout au long de cette journée, les différents intervenants ont insisté sur la nécessité pour les fils et filles de Dikoka de dépasser les clivages afin de construire ensemble un avenir meilleur pour leur canton.

Ouvrant les interventions, le sage Bernard Nzondo Kombe est revenu sur le contexte ayant conduit à la création du CRAD. Il a expliqué que cette structure est le fruit de nombreuses réflexions menées par des ressortissants du canton désireux de mettre en place un cadre permanent d’échanges et de propositions au service du développement local. Selon lui, malgré les différences d’opinions et les sensibilités diverses qui peuvent exister au sein de la communauté, il est apparu nécessaire de créer une plateforme capable de fédérer toutes les compétences autour d’un objectif commun, celui de développer Dikoka. « Le CRAD n’est ni un mouvement politique ni une structure de circonstance. Il s’agit d’un espace de réflexion et d’action ouvert à toutes les filles et à tous les fils de Dikoka. La seule condition pour y trouver sa place est de partager l’amour de notre canton et la volonté de contribuer à son développement », a-t-il déclaré. Le notable a tenu à rassurer l’assistance sur le caractère légal de l’organisation, précisant qu’elle dispose déjà d’une existence juridique reconnue et qu’elle entend fonctionner dans le strict respect de ses textes fondateurs.

Le CRAD, un outil citoyen au service du canton

Présentant officiellement la nouvelle organisation, le secrétaire général provisoire, Willy Kombe Mondjo, a détaillé les missions, les objectifs et les mécanismes de fonctionnement du Cercle de Réflexion et d’Action de Dikoka. Dans son exposé, il a rappelé que le CRAD est une organisation citoyenne, apolitique et participative dont la vocation est de rassembler les compétences et les bonnes volontés afin de répondre aux préoccupations des populations. « Notre ambition est de faire du CRAD un véritable laboratoire d’idées, mais surtout un outil d’actions concrètes. Nous voulons fédérer les énergies, mobiliser les compétences et accompagner toutes les initiatives susceptibles d’améliorer les conditions de vie de nos populations », a-t-il expliqué. Le responsable a indiqué que l’association reposera sur plusieurs organes statutaires, notamment une Assemblée générale, un Bureau exécutif, un Comité des sages, une Commission juridique et d’éthique, une Commission électorale et un Commissariat aux comptes.
La devise retenue, « Unité, Dignité et Progrès », résume parfaitement l’esprit dans lequel les initiateurs souhaitent inscrire leur démarche. Parmi les premières actions prévues figurent la structuration des organes de l’association, la constitution d’un répertoire des compétences disponibles au sein de la communauté, l’organisation de rencontres de concertation avec les forces vives du canton ainsi que la préparation d’un programme annuel d’activités.

Moment particulièrement émouvant de la cérémonie, a été le discours des femmes du canton, lu par Nadia Lauriane Love Komba Bouendza, qui a permis de mettre en lumière les réalités quotidiennes vécues par les femmes rurales de Dikoka. Dans une intervention empreinte de reconnaissance et de dignité, les femmes ont rappelé les difficultés auxquelles elles sont confrontées depuis des années à savoir : manque d’eau potable, enclavement des villages, insuffisance des activités génératrices de revenus, conflits homme-faune et difficultés d’accès à certains services essentiels. Pour autant, elles ont insisté sur leur capacité à résister aux épreuves et à porter le développement familial et communautaire. Égrenant les qualités attribuées aux femmes des différents villages du canton — Mobegno, Ghéghioma, Mitingo, Ghétsagha, Dikoka-Village, Nguèmbè, Mokabo, Ngombé, Tèndi, Ghayumba, Ghédèmba, Bândi ou encore Onôyi — le discours a dressé le portrait d’une femme de Dikoka courageuse, travailleuse, résiliente et profondément attachée à sa communauté.
Les femmes ont également salué le parcours politique de l’honorable député Yvon Patrick Ndinga, soulignant sa proximité avec les populations et son écoute constante des préoccupations du terrain. « Les femmes de Dikoka veulent vous dire merci. Merci pour votre disponibilité, merci pour votre écoute et merci d’avoir toujours gardé votre porte ouverte aux mamans du canton », a déclaré la porte-parole. Elles ont enfin pris l’engagement d’accompagner activement toutes les initiatives visant à promouvoir le développement du canton.

Une jeunesse pleine d’espoir et tournée vers l’avenir

Prenant la parole au nom de la jeunesse, Chérubin Mounanga Mounanga a livré un discours à la fois lucide et porteur d’espoir.
Il a évoqué les nombreuses difficultés rencontrées par les jeunes du canton, notamment : chômage, décrochage scolaire, exode rural, manque d’opportunités économiques et insuffisance des infrastructures de base.
Selon lui, l’élection d’Yvon Patrick Ndinga a constitué un tournant majeur dans l’histoire récente de Dikoka. « Cette victoire n’est pas simplement celle d’un homme. Elle est celle de toute une communauté qui a décidé de croire à nouveau en son avenir », a-t-il affirmé. Le représentant des jeunes a estimé que le CRAD constitue aujourd’hui un cadre privilégié pour favoriser le dialogue intergénérationnel, renforcer la cohésion sociale et encourager la participation citoyenne. Il a appelé les jeunes à s’investir pleinement dans cette nouvelle dynamique afin de devenir des acteurs du changement au sein de leurs villages respectifs.

Dans son allocution, le président provisoire du CRAD, Hervé Magnanga Magnanga, a insisté sur la nécessité de transformer les réflexions en actions concrètes. Selon lui, le développement durable ne peut être atteint sans organisation collective et sans implication directe des populations concernées. « Le CRAD est né d’une conviction simple, aucun développement durable ne peut se construire dans la division, les différences ou l’inaction », a-t-il déclaré. Le responsable a rappelé que plusieurs projets sont déjà envisagés dans les domaines économique, culturel, social et éducatif. Il a notamment évoqué l’organisation d’activités socioculturelles, l’accompagnement des jeunes entrepreneurs, la promotion de l’autonomisation des femmes, la valorisation du patrimoine culturel ainsi que la mise en œuvre de projets de développement communautaire. Interrogé sur les moyens d’action de l’association, il a expliqué que le CRAD privilégiera une logique d’accompagnement et de responsabilisation. « Nous ne voulons pas simplement assister les populations. Nous voulons leur donner les moyens de se prendre en charge à travers des projets structurants et durables », a-t-il précisé.

Yvon Patrick Ndinga prône l’unité et annonce les États généraux de Dikoka

Très attendu, le discours de l’honorable Yvon Patrick Ndinga a constitué l’un des moments forts de la rencontre. Après avoir observé une minute de recueillement en mémoire des disparus du canton, l’élu a exprimé sa profonde gratitude envers les populations qui lui ont accordé leur confiance lors des élections législatives de 2025. Il a également adressé ses remerciements au Président de la République, Chef de l’État et du gouvernement, Brice Clotaire Oligui Nguema, pour avoir porté son choix sur sa personne comme candidat de l’Union Démocratique des Bâtisseurs (UDB). Dans un discours rassembleur, le député a affirmé sa volonté de représenter l’ensemble des populations de Dikoka, sans distinction politique ou sociale. « Je suis le député de toutes celles et de tous ceux qui vivent à Dikoka, qu’ils aient voté pour moi ou non », a-t-il déclaré.
Saluant la création du CRAD, il a estimé que cette structure constitue un outil précieux pour accompagner les efforts de développement engagés dans le canton.
Désigné Président d’honneur du CRAD, il a accepté cette distinction avec humilité et a promis d’accompagner toutes les initiatives sérieuses visant à améliorer les conditions de vie des populations.

Profitant de cette tribune, l’élu a annoncé l’organisation des États généraux de Dikoka au cours de la deuxième quinzaine du mois d’août 2026. Ces assises réuniront les filles et fils du canton autour de thématiques majeures, à savoir : agriculture, élevage, éducation, santé, infrastructures, entrepreneuriat, environnement, culture, gouvernance locale, jeunesse et promotion de la femme. Pour préparer cet important rendez-vous, un comité d’organisation a été mis en place sous la présidence de Bernard Nzondo Kombe. Dix commissions thématiques auront pour mission de produire des réflexions et des propositions concrètes destinées à servir de feuille de route pour le développement futur du canton.

Une clôture festive et culturelle

La cérémonie s’est achevée dans une ambiance conviviale et festive grâce aux prestations artistiques de deux figures culturelles de la contrée, Lauriane Ekondo et Maxime Madouma Nzodi, qui ont enchanté le public à travers des prestations saluées par de longs applaudissements. Au terme de cette journée, un constat s’imposait à tous, celui de Dikoka semble avoir amorcé une nouvelle étape de son histoire. À travers la création du CRAD et l’annonce des États généraux du canton, les filles et fils de cette partie de la Ngounié affichent désormais leur volonté de bâtir ensemble un avenir fondé sur l’unité, la dignité et le progrès.

Une ambition collective qui pourrait, dans les mois à venir, faire du canton Dikoka un modèle de mobilisation communautaire et de développement local participatif.

Don't Miss