Nécrologie : Norbert Moubini, la Louetsi-Bibaka rend un dernier hommage à un homme discret, engagé et profondément attaché aux siens

Décédé le 25 août 2026 au Maroc des suites d’une maladie, l’ancien comptable de la Comilog, conseiller départemental élu en 2023 sous les couleurs des Démocrates et président du comité des sages de l’Amicale des ressortissants des villages Moukouagna, Mbomo et Mitsatsa, a reçu mercredi un dernier hommage à Awoungou, dans la commune d’Owendo. Entre émotion, souvenirs et témoignages, parents, amis, compagnons politiques et responsables associatifs ont salué la mémoire d’un homme présenté comme réservé, travailleur, disponible et profondément attaché à sa famille et à son département d’origine. Il sera inhumé ce vendredi 18 septembre à Mbomo, sa terre natale.

À Awoungou, dans le 1er arrondissement de la commune d’Owendo, l’atmosphère était lourde d’émotion ce mercredi 16 septembre 2026. Dans la cour familiale où avait été exposée la dépouille de Norbert Moubini, les visages étaient marqués par la tristesse. Des proches, parents, amis, connaissances, compagnons politiques et membres de différentes associations avaient effectué le déplacement pour saluer une dernière fois la mémoire de cet homme dont la disparition, survenue le 25 août dernier au Maroc, a profondément affecté son entourage. Dans le silence ponctué par les témoignages et les prières, chacun semblait chercher les mots capables de traduire une douleur difficile à contenir. Pour beaucoup, Norbert Moubini n’était pas simplement un parent ou un compagnon de route. Il était un homme sur lequel on pouvait compter, un aîné, un conseiller, un interlocuteur discret et un acteur de la vie de la communauté de la Louetsi-Bibaka. Né en 1960 à Mbomo, une bourgade située à une trentaine de kilomètres de Malinga, chef-lieu du département de la Louetsi-Bibaka, dans la province de la Ngounié, Norbert Moubini aura traversé 66 années d’une vie décrite par ses proches comme paisible, sans histoires et consacrée pour l’essentiel au travail, à la famille et à l’engagement communautaire.

Originaire de Mbomo, Norbert Moubini a effectué une grande partie de sa carrière professionnelle au sein de la Compagnie minière de l’Ogooué (Comilog), où il exerçait comme comptable. Son parcours professionnel témoigne d’une vie consacrée au travail et à la construction de son avenir. Dans les témoignages recueillis lors de la sortie de son corps, aucun proche ne manque de souligner son sérieux et sa discrétion. L’homme n’était pas réputé pour être celui qui occupait le devant de la scène ou qui multipliait les prises de parole. Bien au contraire. Ceux qui l’ont côtoyé décrivent un homme plutôt réservé, qui préférait agir plutôt que parler, et qui assumait ses responsabilités avec constance. Cette personnalité s’est également manifestée dans sa vie familiale. Selon plusieurs membres de son entourage, Norbert Moubini était de ces personnes qui apportent leur contribution sans nécessairement chercher à être mises en avant. Après plusieurs années de carrière, il a finalement fait valoir ses droits à la retraite. Une nouvelle étape de son existence qui, loin de signifier un retrait de la vie publique et communautaire, allait au contraire ouvrir une nouvelle page de son parcours.

La retraite et le rêve politique

Une fois à la retraite, Norbert Moubini commence à s’intéresser davantage à la politique. Mais son engagement ne semblait pas répondre à une simple volonté de faire carrière. À travers les témoignages de ses proches, se dessine plutôt l’image d’un homme désireux de mettre son expérience et sa disponibilité au service de son département. Son ambition était notamment de contribuer à la gestion et au développement de la Louetsi-Bibaka et, à terme, de devenir président du Conseil départemental. C’est dans cette perspective qu’il adhère aux Démocrates (LD), le parti politique dirigé par Guy Nzouba Ndama. Dans le département, il se rapproche notamment de Philippe Nzengue Mayila, premier vice-président de cette formation politique et personnalité politique connue dans la Louetsi-Bibaka. Norbert Moubini s’investit alors dans les activités de la formation politique et participe à la dynamique locale du parti. En 2023, son engagement politique connaît une nouvelle étape avec son élection comme conseiller départemental. Pour ses proches, cette élection constituait une reconnaissance de son implication et ouvrait la voie à la réalisation de son ambition politique. Mais l’histoire en décidera autrement. Les élections de 2023 ont par la suite été annulées dans le contexte politique ayant suivi les événements du 30 août 2023. Le mandat de conseiller départemental de Norbert Moubini n’a donc pas pu s’inscrire dans la durée. Certains de ses proches se plaisent aujourd’hui à imaginer ce qu’aurait pu être la suite de son parcours si ce processus électoral avait été maintenu. Peut-être, estiment-ils, aurait-il eu l’occasion de briguer la présidence du Conseil départemental de la Louetsi-Bibaka. Mais cette ambition restera finalement inachevée.

Parmi ceux venus rendre hommage au défunt figurait Pierre Ngossanga, ancien sénateur des Démocrates pour le compte du siège unique du département de la Louetsi-Bibaka. Face à la dépouille de son ancien compagnon politique, l’émotion était palpable. Difficile pour lui de trouver les mots pour décrire celui qu’il présente comme un membre important de la formation politique dans le département.
Pierre Ngossanga retient notamment le sérieux et le calme de Norbert Moubini, ainsi que son implication dans les activités du parti. Selon lui, le défunt aura contribué à faire vivre les activités politiques des Démocrates dans la Louetsi-Bibaka, notamment à travers son rôle de conseiller départemental. « Les mots sont rares. On ne sait pas quoi dire », a-t-il laissé entendre, exprimant le profond désarroi provoqué par cette disparition. Pour l’ancien sénateur, le vide laissé par Norbert Moubini est à la fois politique et familial. Son décès intervient ainsi alors qu’il demeurait encore très présent dans les réflexions et activités de ceux qui partageaient avec lui les mêmes engagements.

Jean Missanda évoque un aîné, un soutien et un homme de famille

La dimension familiale de Norbert Moubini a également été au cœur des témoignages.
Jean Missanda, membre de la famille, évoque un homme qui était pour lui à la fois un aîné et un fils, conformément aux liens et aux règles qui structurent les relations familiales traditionnelles. Au-delà des liens de parenté, les deux hommes partageaient une histoire familiale profonde. Jean Missanda se souvient notamment de l’époque où Norbert Moubini travaillait déjà à Bakoumba alors que lui-même poursuivait ses études. Il se rappelle du soutien apporté par son aîné et par d’autres membres de la famille. Ces souvenirs professionnels et familiaux prennent aujourd’hui une dimension particulière.
Pour Jean Missanda, l’un des principaux héritages laissés par Norbert Moubini demeure sa descendance. Il retient l’image d’un homme qui a fondé une famille, élevé ses enfants et travaillé pour leur avenir.

Dans les différents témoignages recueillis, un trait de caractère revient avec insistance : la discrétion. Norbert Moubini était décrit comme un homme peu bavard, mais attentif aux besoins des siens. Jean Missanda insiste sur cette particularité. Selon lui, son aîné n’était pas de ceux qui faisaient beaucoup de bruit autour de leurs actions. Il intervenait plutôt lorsque cela était nécessaire, souvent dans la discrétion. Cette attitude aurait également caractérisé ses relations avec les membres de sa famille. Il était présent lorsqu’il fallait aider, conseiller ou accompagner. C’est précisément cette discrétion qui, aujourd’hui, rend son absence encore plus perceptible pour ceux qui l’ont connu.

Un appel à l’unité des enfants et de toute la famille

Dans son témoignage, Jean Missanda a surtout voulu adresser un message aux enfants du défunt. Pour lui, au-delà de la douleur et de la tristesse provoquées par la disparition de leur père, les enfants doivent désormais rester unis et se soutenir mutuellement. Il invite les frères et sœurs à faire de cette épreuve un moment de rapprochement et de solidarité. Selon lui, la meilleure manière de rendre hommage à Norbert Moubini n’est pas seulement de pleurer sa disparition, mais aussi de poursuivre les efforts entrepris de son vivant. La réussite des enfants, leur solidarité et leur capacité à rester soudés constitueraient ainsi l’un des plus beaux hommages qu’ils puissent rendre à leur père. Jean Missanda appelle donc chacun d’eux à se relever, à persévérer et à continuer à construire leur avenir. Un message qui dépasse d’ailleurs le seul cadre familial, puisqu’il souhaite voir l’ensemble des proches préserver l’unité et la cohésion autour de la famille du disparu.

Autre membre de la famille venu témoigner, Yves Mandjombi décrit Norbert Moubini comme un petit frère avec lequel il partageait une longue histoire. « Nous avons été grandis par nos papas. Ensemble nous avons appris, ensemble nous avons travaillé », se souvient-il. La disparition de Norbert constitue, à ses yeux, une grande perte pour toute la famille. Yves Mandjombi revient également sur les ambitions politiques de son cadet. Il rappelle que Norbert Moubini souhaitait notamment accéder à la présidence du Conseil départemental de la Louetsi-Bibaka. Un objectif qui n’aura pas pu être atteint. Mais, sur le plan familial, Yves Mandjombi estime que le défunt aura néanmoins accompli une part essentielle de sa mission. Il laisse une veuve et plusieurs enfants, aujourd’hui confrontés à la douleur de la perte de leur époux et père. Pour lui, Norbert Moubini aura donc laissé derrière lui une descendance et une famille qu’il avait contribué à construire et à accompagner durant toute son existence.

Un pilier de la vie associative

L’engagement de Norbert Moubini ne s’arrêtait pas à la politique. Dans la vie associative, il occupait également une place importante. Il était membre actif et président du comité des sages de l’Amicale des ressortissants des villages Moukouagna, Mbomo et Mitsatsa, une structure regroupant des ressortissants de plusieurs villages du département de la Louetsi-Bibaka. À ce niveau également, son décès est ressenti comme une perte majeure. Éric Didier Kouma Lapétha, président de l’Amicale, se souvient d’un membre particulièrement impliqué dans les activités de la structure associative. Selon lui, Norbert Moubini était présent dans les initiatives, les réflexions et les différentes actions menées par l’association. « Il était de tous les combats, de toutes les initiatives, de toutes les réflexions », témoigne-t-il. Cette implication dépassait la simple participation symbolique. Le défunt et son épse Marthe étaient notamment présentés comme des membres réguliers dans le paiement de leurs cotisations. Même lorsqu’il était absent de Libreville, Norbert Moubini demeurait attentif à la vie de l’association. Il participait également aux réflexions et pouvait intervenir lorsqu’une difficulté se présentait. Son rôle de président du comité des sages lui conférait, par ailleurs, une responsabilité particulière dans la vie interne de l’Amicale.

Pour Éric Didier Kouma Lapétha, la brutalité de la disparition rend encore plus difficile son acceptation. Norbert Moubini est décédé au Maroc, où il avait été pris en charge après avoir été confronté à des problèmes de santé. Pour ses proches, le décès est intervenu comme une rupture brutale. « Nous avons du mal à croire à cette disparition », confie en substance le responsable associatif, encore marqué par le choc. L’Amicale entend toutefois jouer pleinement son rôle aux côtés de la famille durant les obsèques. Une organisation particulière a été mise en place afin d’accompagner le défunt à sa dernière demeure. La disparition de Norbert Moubini intervient par ailleurs dans un contexte particulièrement douloureux pour les ressortissants des villages Moukouagna, Mbomo et Mitsatsa. Éric Didier Kouma Lapétha évoque la disparition récente de plusieurs autres membres de la communauté, dont le colonel Jean-Délis Makita. En l’espace de quelques semaines, plusieurs ressortissants ont ainsi été frappés par le deuil. Une situation qui, selon le président de l’Amicale, doit davantage inciter les membres de cette communauté à se retrouver, à se mobiliser et à renforcer leurs liens de solidarité. La disparition d’un membre important constitue toujours une épreuve pour une association. Mais elle peut également être l’occasion de réaffirmer les valeurs qui ont présidé à sa création : solidarité, entraide, respect des anciens et accompagnement des familles dans les moments difficiles.

Un dernier voyage vers Mbomo

Après l’hommage rendu mercredi à Awoungou, le corps de Norbert Moubini prendra la direction de sa terre natale. Ce vendredi 18 septembre 2026, Mbomo accueillera la dépouille de celui qui y était né en 1960. Ce retour aux sources revêt une forte dimension symbolique. C’est dans cette localité, située non loin de Malinga, que Norbert Moubini avait commencé son parcours. C’est également là qu’il reposera désormais auprès des siens. Parents, proches et ressortissants de la Louetsi-Bibaka se retrouveront pour accompagner le disparu vers sa dernière demeure. À travers les témoignages recueillis à Awoungou, plusieurs facettes de Norbert Moubini apparaissent. Le professionnel, d’abord, qui aura consacré l’essentiel de sa vie active à la Comilog en qualité de comptable. Le père de famille, ensuite, qui laisse derrière lui une veuve et plusieurs enfants. L’homme politique, également, qui, après sa retraite, avait choisi de s’engager au sein des Démocrates et qui avait été élu conseiller départemental en 2023. Le responsable associatif, enfin, qui avait pris une part active à la vie de l’Amicale des ressortissants des villages Moukouagna, Mbomo et Mitsatsa et qui présidait son comité des sages. Mais derrière toutes ces fonctions, ses proches retiennent surtout l’homme. Un homme discret, calme, travailleur, attaché aux siens et à son terroir. Un homme dont les ambitions politiques auront été interrompues par la maladie et la mort, mais dont l’engagement familial et communautaire semble avoir laissé une empreinte durable. Norbert Moubini s’en va ainsi sans avoir pu réaliser certains de ses projets, notamment celui de présider un jour le Conseil départemental de la Louetsi-Bibaka. Mais son parcours laisse derrière lui une famille, des enfants, des amis, des compagnons politiques et associatifs qui continueront de porter sa mémoire.

À Mbomo, ce vendredi 18 septembre, les siens lui adresseront un ultime au revoir.
Après Libreville, où l’émotion a été particulièrement forte autour de sa dépouille, viendra le temps du retour à la terre natale. Le dernier voyage d’un fils de Mbomo, d’un enfant de la Louetsi-Bibaka, d’un ancien comptable de la Comilog, d’un conseiller départemental et d’un responsable associatif dont la disparition laisse un vide que ses proches devront désormais apprendre à porter. Norbert Moubini avait 66 ans. Il laisse derrière lui une veuve, plusieurs enfants et une communauté profondément éprouvée.





Assistant Edu Gabon

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