Un an après sa création, le 5 juillet 2025, l’Union démocratique des bâtisseurs (UDB), le parti fondé par Brice Clotaire Oligui Nguema, est confrontée à un défi de taille, celui de transformer la dynamique politique de sa naissance en une véritable implantation nationale. Alors que la prochaine élection présidentielle est prévue en 2033, des interrogations se multiplient sur le fonctionnement de son appareil politique, la présence de ses responsables sur le terrain et l’efficacité de son secrétariat général. À ce poste stratégique, Mays Mouissi est particulièrement attendu. Entre responsabilités partisanes, fonctions gouvernementales et préparation des prochaines batailles électorales, le patron de l’administration politique de l’UDB doit désormais convaincre par des résultats concrets.
En politique, créer un parti est une chose, l’implanter durablement dans toutes les composantes du territoire national en est une autre. C’est précisément le défi auquel est confrontée l’Union démocratique des bâtisseurs depuis sa création, le 5 juillet 2025. Portée par Brice Clotaire Oligui Nguema, cette formation politique est née dans un contexte marqué par les profondes transformations institutionnelles et politiques intervenues au Gabon après le 30 août 2023. Dès sa naissance, l’UDB a bénéficié d’une visibilité importante, en raison notamment de la personnalité de son fondateur, devenu président de la République à l’issue de l’élection présidentielle du 12 avril 2025. Cette proximité avec le sommet de l’État lui a naturellement conféré une position privilégiée dans le paysage politique national. Mais cette situation avantageuse ne saurait, à elle seule, garantir la solidité de son organisation ni la pérennité de son influence électorale. Plus d’un an après son lancement, la question de son implantation effective mérite donc d’être posée. Dans certaines localités, selon les critiques formulées par des observateurs de la vie politique, la présence de la formation présidentielle reste peu visible. Les structures locales, lorsqu’elles existent, doivent encore démontrer leur capacité à animer la vie militante, à entretenir des relations régulières avec les populations et à défendre les orientations du parti en dehors des périodes électorales. Or, un parti politique qui aspire à exercer durablement le pouvoir ne peut se contenter de sa proximité avec le chef de l’État. Il doit construire sa propre organisation, développer un discours politique cohérent et disposer de responsables capables de mobiliser les citoyens autour d’un projet collectif.
L’UDB se trouve ainsi à un tournant de son existence. Après la phase de lancement et la première confrontation électorale majeure, vient désormais celle de la consolidation. C’est à ce stade que les capacités de ses dirigeants, et particulièrement celles du secrétaire général, doivent être appréciées.
Les élections de 2025, un premier test grandeur nature
Les élections législatives et locales de 2025, ont constitué une étape déterminante pour la jeune formation politique. Elles avaient permis à l’UDB de mesurer sa capacité à transformer la dynamique entourant son fondateur en une force électorale organisée, capable de conquérir des sièges et de s’imposer dans les collectivités locales. Toutefois, les rapports de force issus de ces élections ont également été façonnés par des alliances, des rapprochements entre acteurs politiques et des stratégies de négociation. Les relations entretenues avec d’autres formations, notamment le Parti démocratique gabonais (PDG), ont participé aux recompositions politiques de cette période. Pour les détracteurs de l’appareil de l’UDB, cette séquence électorale a mis en lumière une difficulté : la jeune formation politique ne pouvait pas nécessairement compter, partout, sur des structures militantes suffisamment solides pour assurer seules la conquête des sièges. Le leadership de Brice Clotaire Oligui Nguema et les stratégies politiques déployées au sommet auraient ainsi occupé une place déterminante dans la consolidation de sa majorité. Cette appréciation relève d’une lecture critique de la situation politique et ne dispense pas d’examiner les résultats officiels, les configurations locales et les accords conclus entre les différentes formations. Il n’en demeure pas moins qu’une question fondamentale se pose : l’UDB est-elle aujourd’hui capable de reproduire ses performances électorales grâce à son propre ancrage territorial, ou reste-t-elle fortement dépendante de la popularité de son président fondateur et des circonstances politiques qui ont accompagné sa naissance ? La réponse à cette interrogation ne se trouvera pas uniquement dans les discours prononcés lors des rassemblements. Elle se mesurera dans la capacité du parti à disposer de militants actifs, de structures opérationnelles et de responsables locaux qui connaissent les réalités de leurs circonscriptions. Une formation politique peut bénéficier d’un contexte national favorable au moment de sa création. Mais seule une organisation sérieuse lui permet de traverser les périodes de doute, de répondre aux attentes de sa base et de conserver durablement la confiance des électeurs. Au cœur de cette problématique se trouve Mays Mouissi, secrétaire général de l’UDB. La fonction qu’il occupe est loin d’être secondaire. Dans l’organisation d’un parti politique, le secrétaire général représente généralement un maillon essentiel entre la direction nationale, les responsables territoriaux et les militants.
Il lui revient, selon les statuts et l’organisation interne de la formation, de contribuer à la coordination des activités, au suivi des structures, à la circulation de l’information, à la préparation des réunions et à la mise en œuvre des décisions prises par les instances dirigeantes. Dans le cas de l’UDB, ces missions revêtent une importance particulière. Le parti étant relativement jeune, son secrétariat général devrait être l’un des principaux moteurs de son implantation sur l’ensemble du territoire national. C’est pourquoi la visibilité de l’action de Mays Mouissi suscite des interrogations chez certains observateurs politiques. Ses détracteurs lui reprochent une présence insuffisamment perceptible sur le terrain et s’interrogent sur la capacité du secrétariat général à donner une impulsion réelle aux structures locales.
La critique est politique, mais elle touche à une question centrale, celle de savoir comment une formation qui aspire à conserver une influence majeure dans les institutions peut-elle préparer efficacement ses futures échéances si son appareil militant ne bénéficie pas d’un suivi régulier ? À ce niveau de responsabilité, il ne suffit pas de porter le titre de secrétaire général. Il faut également être en mesure de présenter un bilan, d’expliquer les orientations retenues, de rendre compte des activités menées et de démontrer que les structures placées sous la coordination de l’appareil national fonctionnent effectivement. L’enjeu pour Mays Mouissi est donc de rendre son action plus visible et plus lisible, afin que les militants puissent apprécier les résultats de son travail. L’organisation de tournées politiques, la tenue de réunions régulières avec les coordinations provinciales et départementales, ainsi que la mise en place d’un calendrier national d’activités pourraient contribuer à répondre à ces attentes. Il appartient toutefois aux instances compétentes de l’UDB de préciser les responsabilités exactes de chaque dirigeant et les objectifs assignés au secrétariat général. La question mérite d’être posée sans détour : quel rôle un secrétaire général de parti présidentiel doit-il jouer dans la préparation des échéances politiques ? Pour certains responsables, l’administration quotidienne d’une formation politique peut nécessiter un travail de coordination réalisé au siège national.
Cette dimension organisationnelle est indispensable. Mais elle ne saurait se substituer entièrement à la présence sur le terrain, surtout lorsqu’il s’agit d’un parti en phase d’implantation. Le secrétaire général doit pouvoir aller à la rencontre des militants, écouter les responsables locaux, identifier les difficultés organisationnelles et apprécier les réalités politiques propres à chaque province. Il doit également s’assurer que les orientations nationales sont comprises et appliquées par les structures de base. C’est cette articulation entre le travail administratif et la présence militante qui permet à un parti de devenir une véritable organisation nationale. Dans le cas de Mays Mouissi, les critiques formulées à son encontre mettent précisément en cause la visibilité de cette dimension opérationnelle. Ses adversaires estiment qu’il devrait consacrer davantage d’énergie à l’animation politique de l’UDB, plutôt que de laisser s’installer l’impression d’un appareil insuffisamment actif. Une telle exigence ne relève pas uniquement de la communication. Elle concerne la capacité du parti à entretenir une relation permanente avec ses militants et à faire remonter les préoccupations de la population jusqu’à sa direction. Un secrétaire général efficace ne doit pas seulement être identifié par son titre ou par ses fonctions officielles. Il doit être reconnu par les responsables de terrain pour sa capacité à résoudre les problèmes, à coordonner les initiatives et à donner une orientation claire à l’action collective. En définitive, la présence sur le terrain n’est pas une opération ponctuelle destinée à produire quelques images. Elle suppose un travail méthodique, régulier et mesurable. Une autre question alimente le débat. C’est celle du cumul des responsabilités partisanes et gouvernementales exercées par Mays Mouissi. Pour ses critiques, le fait d’assumer simultanément les fonctions de secrétaire général de l’UDB et de ministre pourrait compliquer l’exercice de ses responsabilités politiques. Les fonctions gouvernementales imposent en effet des obligations administratives, des réunions, des dossiers à traiter et des engagements institutionnels qui peuvent réduire le temps disponible pour l’animation d’un parti. Mais le débat ne saurait se limiter à une opposition mécanique entre responsabilités ministérielles et responsabilités partisanes. La question essentielle est celle de la disponibilité effective du responsable, de sa capacité à respecter les missions qui lui sont confiées et de la compatibilité juridique des fonctions qu’il cumule. Il conviendrait donc d’examiner précisément les dispositions constitutionnelles et légales applicables avant d’affirmer que cette situation serait interdite par l’article 73 de la Constitution gabonaise. Une telle conclusion doit reposer sur le texte en vigueur, sa portée exacte et les éventuelles dispositions complémentaires qui encadrent les fonctions concernées. En revanche, le débat politique sur l’efficacité du cumul reste pleinement légitime. Si Mays Mouissi estime pouvoir assumer les deux fonctions, il lui appartient de démontrer que cette organisation ne nuit ni à ses obligations gouvernementales ni au fonctionnement du secrétariat général de l’UDB. La disponibilité d’un dirigeant ne se mesure pas uniquement au nombre de réunions auxquelles il participe. Elle se vérifie également à travers les résultats obtenus, la régularité des activités du parti, la qualité du suivi des responsables locaux et la capacité de l’organisation à fonctionner efficacement. Au sein d’une formation politique qui doit encore renforcer son implantation, les attentes sont particulièrement élevées. L’UDB ne peut se permettre de laisser ses structures se démobiliser faute d’animation ou de coordination. Le cumul des fonctions ne devrait donc être ni un argument automatique de disqualification ni un sujet à écarter sans examen. Il doit être apprécié au regard des textes applicables et des résultats réellement obtenus.
Le PDG, un précédent politique à méditer
L’histoire politique du Gabon fournit plusieurs éléments de comparaison. Pendant les longues années où le Parti démocratique gabonais (au pouvoir à l’époque) a dominé la vie politique nationale, son appareil reposait sur une organisation territoriale structurée et sur un réseau de responsables chargés de relayer les orientations de la direction nationale.
Les secrétaires généraux du PDG ont occupé une place importante dans la coordination des activités du parti. Leur influence dépendait notamment de leur capacité à faire fonctionner les structures, à maintenir la discipline militante et à préparer les échéances électorales. Leur position au sein de l’appareil politique pouvait également leur conférer une influence dans les discussions internes et les arbitrages relatifs à la vie du parti. Il serait cependant excessif de généraliser leurs prérogatives ou de considérer que tous disposaient des mêmes pouvoirs dans les nominations gouvernementales.
L’enseignement principal que l’UDB peut tirer de cette expérience concerne plutôt l’importance de l’organisation. Un parti durable ne se construit pas uniquement autour de la personnalité de son président. Il repose aussi sur des mécanismes de coordination, des responsables identifiés, des règles de fonctionnement et une présence régulière auprès des militants. Pour la jeune formation présidentielle, il ne s’agit pas nécessairement de reproduire les méthodes du PDG. Le contexte politique a changé et les attentes des citoyens évoluent. Mais elle peut tirer des enseignements de la manière dont une organisation politique structure son réseau territorial et prépare ses échéances. À ce titre, le secrétariat général devrait constituer un véritable centre de coordination stratégique, capable de faire le lien entre les décisions nationales et les réalités locales. Mays Mouissi a donc la responsabilité de montrer que son poste représente davantage qu’une fonction administrative. Il doit contribuer à faire de l’UDB un appareil politique opérationnel, capable de travailler en permanence et non uniquement à l’approche des élections. Le parcours électoral de Mays Mouissi dans la Dola, lors des dernières élections législatives, constitue un autre élément de cette discussion. Sa confrontation avec Yves Fernand Mafoumbi, figure politique associée au PDG, a représenté un test important pour le responsable de l’UDB.
Dans une circonscription où les rapports de force politiques sont susceptibles d’être influencés par l’histoire des implantations partisanes et les réseaux locaux, une compétition électorale exige une préparation rigoureuse, une mobilisation des militants et une connaissance approfondie des réalités de terrain. Certains détracteurs de Mays Mouissi estiment que cette confrontation a révélé les limites de sa capacité de mobilisation. Ils évoquent également des accusations portant sur le recours à plus de 2 000 procurations, qu’ils présentent comme un indice de pratiques électorales contestables. Ces accusations doivent néanmoins être distinguées des faits établis. Le recours à des procurations ne constitue pas automatiquement une fraude. Sa légalité dépend des règles électorales applicables, des conditions de délivrance et d’utilisation des procurations ainsi que du respect des procédures prévues. En l’absence d’éléments vérifiés ou d’une décision des autorités compétentes établissant une irrégularité, il convient donc de présenter ces faits comme des allégations attribuées à leurs auteurs. Cette prudence n’empêche pas de poser la question politique qui se trouve derrière la controverse : quelle est la capacité réelle des responsables nationaux de l’UDB à mobiliser les électeurs dans leurs propres bases ? Un secrétaire général doit pouvoir contribuer à la stratégie collective du parti, mais son expérience électorale peut également être observée à travers sa capacité à comprendre les réalités locales, à fédérer les militants et à convaincre les citoyens. La Dola constitue, à cet égard, un terrain d’analyse intéressant. Elle rappelle que la notoriété nationale, les fonctions officielles et la proximité avec le pouvoir ne garantissent pas, à elles seules, une implantation politique solide. L’élection demeure une confrontation entre des projets, des équipes, des réseaux et des attentes locales. C’est pourquoi la préparation des prochaines échéances doit commencer bien avant le dépôt des candidatures.
Brice Clotaire Oligui Nguema face au défi de la consolidation de son parti
En tant que fondateur de l’UDB, Brice Clotaire Oligui Nguema a un intérêt évident pour disposer d’une organisation politique solide, cohérente et capable de fonctionner durablement. La force d’un parti présidentiel ne se résume pas au nombre de sièges qu’il peut obtenir dans les institutions. Elle se mesure également à sa capacité à faire vivre ses structures, à former ses cadres, à renouveler ses responsables et à entretenir un dialogue avec les citoyens. Une organisation qui dépend exclusivement de la popularité de son fondateur peut rencontrer des difficultés lorsque le contexte politique évolue ou lorsque les attentes de la population changent. La consolidation de l’UDB suppose donc une véritable répartition des responsabilités. Le président fondateur doit pouvoir compter sur des dirigeants capables d’assumer leurs missions sans attendre systématiquement ses interventions pour mobiliser les militants ou résoudre les difficultés organisationnelles. Le secrétariat général occupe ici une position centrale. Il devrait être en mesure de fournir une photographie précise de l’état des structures, de signaler les difficultés rencontrées et de proposer des mesures correctives. Dans cette perspective, le prochain congrès du parti pourrait constituer une occasion de dresser un bilan de la première année d’existence de l’UDB, d’évaluer le travail de ses différentes instances et de fixer des objectifs clairs pour les années à venir. Il pourrait également permettre de préciser les critères d’évaluation des responsables nationaux et locaux. Ces critères pourraient notamment porter sur la régularité des activités, le fonctionnement des coordinations, la formation des militants, la remontée des préoccupations locales et le respect des orientations collectives. L’objectif ne devrait pas être de désigner des responsables à la vindicte publique, mais de mettre en place une organisation dans laquelle chaque dirigeant connaît ses missions et répond de son action devant les instances compétentes.
La prochaine élection présidentielle représente un horizon politique majeur pour les dirigeants de l’UDB. Mais sept années séparent 2025 de 2032, et nul ne peut garantir que les conditions politiques qui ont accompagné la victoire de Brice Clotaire Oligui Nguema se reproduiront à l’identique. Le scrutin du 12 avril 2025, s’est déroulé dans un contexte particulier, marqué par la transition politique ouverte après le 30 août 2023 et par les attentes suscitées par la fin du régime Bongo. Brice Clotaire Oligui Nguema a remporté cette élection avec 84,98 % des suffrages exprimés, selon les résultats officiels proclamés à l’issue du scrutin. Ce résultat constitue un élément important de l’histoire politique récente du Gabon. Mais il ne doit pas être interprété comme une garantie automatique pour les échéances futures. D’ici à 2032, le paysage politique peut évoluer, de nouvelles figures peuvent émerger, les alliances peuvent se recomposer et les préoccupations des électeurs peuvent changer. Les citoyens jugeront également les résultats de l’action publique, les conditions de vie, les possibilités d’emploi, les infrastructures et la réponse apportée aux difficultés quotidiennes. Dans ces conditions, l’UDB ne peut pas se contenter de capitaliser sur le résultat obtenu par son fondateur en 2025. Elle doit construire une relation politique durable avec les populations et démontrer que son projet répond à leurs attentes. C’est ici que le travail du secrétariat général prend toute son importance. La préparation d’une échéance présidentielle ne commence pas quelques mois avant le scrutin. Elle suppose des années de présence politique, d’écoute, d’organisation et de consolidation des structures. Le parti devra notamment s’assurer que ses responsables locaux sont capables d’expliquer son projet, de recueillir les préoccupations des citoyens et de faire remonter les difficultés à la direction nationale. Il devra également se donner les moyens d’évaluer régulièrement son implantation, de corriger les insuffisances et de renouveler ses méthodes de mobilisation. Pour Mays Mouissi, le défi est donc clair, celui de contribuer à faire de l’UDB une formation capable de défendre son projet politique sur le terrain, au-delà de la seule influence de son président fondateur.
Une implantation nationale qui exige une méthode
Pour répondre aux critiques relatives à son fonctionnement, l’UDB pourrait engager un programme structuré de consolidation territoriale. Une première étape consisterait à établir un état des lieux précis de ses structures dans les neuf provinces. Il s’agirait de déterminer quelles coordinations fonctionnent réellement, lesquelles rencontrent des difficultés et où des efforts supplémentaires sont nécessaires. Une deuxième étape porterait sur la responsabilisation des dirigeants locaux. Chaque structure pourrait se voir assigner des objectifs adaptés à son environnement, avec un calendrier d’activités et des mécanismes de compte rendu. La troisième étape concernerait la formation des militants et des cadres. Une formation politique ne peut pas durablement fonctionner si ses membres ne maîtrisent ni ses orientations, ni ses textes, ni les mécanismes de participation à la vie publique. La quatrième étape serait consacrée au dialogue avec les populations. L’UDB devrait pouvoir organiser des rencontres régulières qui ne soient pas exclusivement électorales, afin de recueillir les préoccupations des citoyens et d’expliquer ses propositions.
Enfin, un dispositif d’évaluation permettrait de mesurer les progrès accomplis et de corriger les insuffisances. Le secrétariat général pourrait ainsi présenter périodiquement aux instances du parti un rapport sur l’état de l’organisation et les résultats obtenus. Une telle démarche donnerait davantage de contenu à la fonction de secrétaire général. Elle permettrait également de dépasser les débats centrés sur la présence médiatique ou les déplacements ponctuels, pour apprécier le travail accompli sur la base de résultats concrets. La crédibilité d’un responsable politique se construit autant par sa capacité à communiquer que par celle de transformer ses engagements en actions mesurables. Mays Mouissi doit-il être maintenu à son poste ? La question vaut son pesant d’or. Derrière les critiques adressées au secrétaire général se profile inévitablement une autre interrogation : les instances dirigeantes de l’UDB doivent-elles revoir leur organisation si les résultats attendus ne sont pas au rendez-vous ? Il ne serait pas pertinent de répondre à cette question sur la base de simples impressions ou de considérations personnelles. Une éventuelle évaluation devrait s’appuyer sur le bilan de Mays Mouissi, sur les objectifs qui lui ont été fixés et sur le fonctionnement réel des structures placées sous sa coordination. Si le secrétariat général remplit ses missions et obtient des résultats, il devrait pouvoir les présenter et les défendre devant les instances compétentes. Si, en revanche, des insuffisances sont établies, des ajustements pourraient être envisagés conformément aux statuts et aux règles internes du parti. L’essentiel est que la direction de l’UDB instaure une culture de responsabilité. Aucun poste ne devrait être considéré comme définitivement acquis indépendamment des résultats obtenus, pas plus qu’un responsable ne devrait être condamné sur la seule base de critiques non étayées. Cette exigence vaut pour Mays Mouissi comme pour l’ensemble des dirigeants de la formation présidentielle. À l’approche des prochaines échéances politiques, le parti a intérêt à privilégier l’évaluation, la transparence interne et l’efficacité organisationnelle. C’est par cette méthode qu’il pourra identifier ses forces, corriger ses faiblesses et préparer sereinement son avenir. Au terme de cette analyse, une évidence s’impose : l’UDB ne pourra durablement consolider son influence politique sans un appareil militant organisé, actif et capable de fonctionner dans toutes les provinces du pays. Mays Mouissi, en sa qualité de secrétaire général, occupe une position stratégique dans cette entreprise. Il est donc légitime que son action soit observée, que son bilan soit discuté et que des attentes précises soient formulées à son endroit.
Les critiques relatives à son absence supposée sur le terrain, au cumul de ses fonctions et à son parcours électoral doivent toutefois être examinées avec rigueur, en distinguant les appréciations politiques des faits démontrés. Cette exigence de sérieux est indispensable à tout débat démocratique. Pour autant, elle ne doit pas servir de prétexte à l’immobilisme. Si l’UDB entend préparer efficacement les prochaines échéances, elle doit engager dès maintenant un travail de fond sur son organisation, son implantation et sa relation avec les citoyens. Le président fondateur, Brice Clotaire Oligui Nguema, devrait pouvoir compter sur un secrétariat général capable de traduire les orientations nationales en actions concrètes et de maintenir une dynamique politique permanente. À Mays Mouissi, désormais, de démontrer que sa fonction ne se limite pas à une responsabilité inscrite dans un organigramme. Il lui appartient de rendre visible le travail accompli, de renforcer les structures locales et de contribuer à faire de l’UDB une organisation politiquement crédible et durable. Car la politique ne se résume ni aux titres, ni aux fonctions, ni aux déclarations d’intention. Elle exige de la méthode, de la proximité, de la constance et des résultats. Comme le rappelle un adage bien connu, « celui qui veut aller loin ménage sa monture ». Pour l’UDB, la monture est l’organisation du parti ; le chemin, celui de la consolidation de son implantation nationale ; et l’horizon, celui des échéances politiques à venir. En 2032, le contexte ne sera pas nécessairement celui de 2025. Les électeurs auront leurs propres attentes et jugeront les acteurs politiques à l’aune de leurs engagements et de leurs résultats. C’est pourquoi le temps de la préparation est déjà venu. À Mays Mouissi de démontrer qu’il peut contribuer à cette préparation. Et à la direction de l’UDB de veiller à ce que chaque responsable soit évalué à la hauteur des missions qui lui sont confiées. L’avenir politique de l’UDB ne dépendra pas seulement de la popularité de son fondateur, mais également de la solidité de son organisation, de la crédibilité de ses responsables et de sa capacité à rester à l’écoute des Gabonais.