À l’occasion du huitième centenaire de la mort de saint François d’Assise (1226-2026), la Famille franciscaine au Gabon organise, le samedi 28 novembre 2026, une journée scientifique à la paroisse Saint-Michel de Nkembo, à Libreville. Placée sous le thème « Saint François d’Assise : héritage, actualité et défis pour l’Église et la société au Gabon », cette rencontre ambitionne de mettre en dialogue la spiritualité franciscaine, la recherche universitaire et les réalités sociales du pays. Les chercheurs, enseignants, étudiants et acteurs de terrain sont invités à soumettre leurs propositions de communication au plus tard le 29 octobre 2026 à 12 heures.
L’année 2026 revêt une dimension particulière pour la communauté franciscaine à travers le monde. Elle marque, en effet, le huitième centenaire de la mort de saint François d’Assise, survenue en 1226. Huit cents ans après la disparition de celui que l’histoire chrétienne retient comme l’une des grandes figures de la spiritualité évangélique, son héritage continue de nourrir la réflexion de l’Église et d’interpeller les sociétés contemporaines sur des questions aussi fondamentales que la fraternité, la pauvreté, la solidarité, la paix et la sauvegarde de la création. Au Gabon, cette commémoration prendra notamment la forme d’une journée scientifique organisée par la Famille franciscaine, le samedi 28 novembre 2026, à la paroisse Saint-Michel de Nkembo, dans le troisième arrondissement de Libreville. L’initiative se veut un rendez-vous de réflexion, de partage des connaissances et de confrontation des idées autour d’un thème qui entend faire le lien entre la mémoire d’une grande figure du christianisme et les défis auxquels sont confrontées l’Église et la société gabonaise. Intitulée « Saint François d’Assise : héritage, actualité et défis pour l’Église et la société au Gabon », cette journée ne se limitera pas à une célébration commémorative. Les organisateurs souhaitent plutôt encourager une analyse approfondie de la pensée franciscaine, de son évolution historique et de ses possibilités d’application dans les domaines social, éducatif, institutionnel, culturel et environnemental. L’ambition est de faire de cet anniversaire une occasion de renouveler la réflexion sur les valeurs humaines et spirituelles susceptibles de contribuer à la construction d’une société plus fraternelle, plus juste et davantage attentive aux personnes les plus fragiles. Né vers 1181 ou 1182 à Assise, en Italie, François d’Assise a profondément marqué l’histoire du christianisme par son choix d’une vie fondée sur la simplicité évangélique, le détachement matériel, le partage et le service des plus pauvres. Surnommé le « Poverello d’Assise », il a fait de la pauvreté non pas une simple privation, mais une manière de vivre librement, dans une relation renouvelée à Dieu, aux autres et à l’ensemble de la création. Son parcours spirituel a donné naissance à un mouvement dont l’influence s’est progressivement étendue au-delà des frontières italiennes. À travers les Frères Mineurs, les Clarisses, le tiers ordre et les différentes communautés inspirées de son charisme, la tradition franciscaine a traversé les siècles et s’est adaptée à des contextes culturels et sociaux variés. La fraternité constitue l’un des piliers de cet héritage. Pour saint François, la relation à autrui ne saurait être réduite aux différences de statut social, de richesse ou d’origine. Elle implique une reconnaissance de la dignité de chaque personne, une disponibilité au service et une volonté de construire des relations fondées sur la paix et le respect mutuel. Son attention aux pauvres, aux malades et aux personnes marginalisées demeure également une dimension majeure de son témoignage. Dans un monde marqué par les inégalités, les conflits et les formes multiples d’exclusion, cette orientation conserve une portée particulière. À cela s’ajoute son rapport à la nature. La tradition franciscaine est notamment connue pour sa vision fraternelle de la création, illustrée par le Cantique des créatures, dans lequel François célèbre les éléments naturels et exprime une relation de proximité avec le monde vivant. Cette dimension fait aujourd’hui écho aux préoccupations liées à la protection de l’environnement, à la gestion responsable des ressources naturelles et à la recherche d’un développement respectueux des équilibres écologiques. C’est précisément cette capacité de l’héritage franciscain à entrer en dialogue avec les préoccupations contemporaines qui justifie l’organisation d’une rencontre scientifique au Gabon.
Au-delà de la connaissance historique de saint François d’Assise, les organisateurs entendent examiner la pertinence de son héritage dans le contexte gabonais. Le pays, comme de nombreuses sociétés contemporaines, est confronté à des préoccupations qui touchent directement à la cohésion sociale, à la solidarité, à l’éducation, à la gouvernance, à la lutte contre la pauvreté et à la protection de l’environnement. Dans ce contexte, la spiritualité franciscaine peut constituer un cadre de réflexion sur la place de l’être humain dans la société et sur les responsabilités individuelles et collectives face aux situations de vulnérabilité. La fraternité, par exemple, invite à interroger les mécanismes de solidarité au sein des familles, des quartiers, des communautés religieuses et des institutions. Elle conduit également à réfléchir aux moyens de renforcer le vivre-ensemble, de prévenir les divisions et de favoriser le dialogue entre des personnes aux parcours et aux sensibilités différents. La pauvreté, autre dimension essentielle de l’héritage franciscain, appelle une réflexion sur les pratiques de partage, l’accompagnement des personnes en difficulté et les initiatives susceptibles de favoriser l’inclusion sociale. L’objectif n’est pas seulement de porter assistance aux plus démunis, mais aussi de réfléchir aux conditions qui permettent à chaque personne de préserver sa dignité et de prendre pleinement part à la vie collective. La question éducative occupe également une place importante. La transmission des valeurs, l’encadrement de la jeunesse, la responsabilité des familles et le rôle des institutions dans la formation intégrale de la personne constituent autant de sujets pouvant être abordés à la lumière de l’expérience franciscaine. De même, la paix et la réconciliation représentent des enjeux majeurs dans toute société soucieuse de consolider sa cohésion. L’exemple de saint François peut nourrir une réflexion sur la capacité à dépasser les antagonismes, à favoriser l’écoute et à privilégier le dialogue dans la résolution des différends. Enfin, l’attention à la création ouvre un champ de réflexion particulièrement pertinent pour le Gabon, pays doté d’un patrimoine forestier et d’une biodiversité remarquables. La préservation des écosystèmes, la responsabilité envers les générations futures et la conciliation entre développement économique et protection de la nature peuvent être examinées à travers le prisme de l’écologie intégrale. La journée scientifique ambitionne ainsi de rapprocher les principes spirituels de l’analyse des réalités sociales, en encourageant des propositions concrètes et adaptées au contexte national.
Cinq axes pour structurer les échanges scientifiques
Afin de donner une orientation précise aux travaux, le comité scientifique a retenu cinq axes thématiques complémentaires. Ceux-ci permettront d’aborder l’héritage franciscain sous différents angles et de favoriser la diversité des approches. Axe 1 : Héritage historique, théologique et philosophique. Le premier axe sera consacré à la vie et à l’œuvre de François d’Assise, aux sources franciscaines, à la naissance du mouvement et aux transformations historiques de son charisme. Les contributions pourront notamment porter sur la pensée théologique et philosophique du saint, les principales figures de la tradition franciscaine, ainsi que les évolutions qui ont marqué ce courant spirituel au fil des siècles. Il s’agira de mieux comprendre les fondements de cette tradition, ses principales orientations et les éléments qui expliquent sa capacité à traverser les époques et les cultures. Cet axe pourra également permettre d’interroger la manière dont les différentes générations ont interprété et transmis le message de saint François, ainsi que les tensions éventuelles entre la fidélité aux origines et l’adaptation aux nouvelles réalités. Axe 2 : Présence franciscaine au Gabon, histoire, missions et actualités. Le deuxième axe s’intéressera à l’implantation et au développement de la Famille franciscaine au Gabon. Les communications pourront documenter son histoire, ses missions d’évangélisation, ses activités pastorales et ses contributions aux domaines éducatif, social et communautaire. Elles pourront également analyser les formes actuelles de présence franciscaine et les défis liés à la transmission du charisme aux jeunes générations. Cet axe présente un intérêt particulier pour la connaissance de l’histoire religieuse nationale. La collecte de témoignages, l’exploitation d’archives, l’étude de documents historiques et l’analyse des expériences vécues par les communautés pourront contribuer à mieux comprendre la place occupée par la tradition franciscaine dans le paysage ecclésial gabonais. Les travaux pourront aussi s’intéresser aux relations entre les communautés franciscaines et leur environnement social, ainsi qu’à leur participation à des initiatives de solidarité et de développement humain. Axe 3 : Spiritualité franciscaine, famille et société.
Le troisième axe portera sur les valeurs franciscaines dans les relations familiales et communautaires. La fraternité, l’éducation des jeunes, la transmission des valeurs, la solidarité entre générations, l’inclusion et la diversité culturelle figurent parmi les sujets proposés. Une attention particulière sera accordée aux personnes âgées, aux malades, aux personnes en situation de handicap, aux personnes touchées par la lèpre et, plus largement, à toutes celles qui se trouvent confrontées à la marginalisation ou à l’exclusion. Dans cette perspective, les chercheurs et acteurs sociaux pourront examiner comment les principes de solidarité et de service peuvent contribuer à améliorer les relations humaines, à renforcer les mécanismes d’entraide et à promouvoir une meilleure prise en compte des personnes vulnérables. Les réflexions pourront également porter sur les transformations de la famille, les difficultés rencontrées par les jeunes, les ruptures du lien social et les moyens de développer des pratiques éducatives favorisant le respect, la responsabilité et la solidarité. Axe 4 : Franciscainisme, éducation, gouvernance et organisations. Le quatrième axe entend mettre en relation la spiritualité franciscaine avec les pratiques éducatives, les modes de gouvernance et le fonctionnement des organisations. La pédagogie de l’exemple, la formation intégrale, le leadership éthique, la responsabilité collective, la justice, l’égalité et l’inclusion constitueront les principaux sujets de réflexion. La gouvernance conçue comme un service pourra notamment être interrogée dans ses dimensions institutionnelles et sociales. Cette approche invite à réfléchir à la place de l’écoute, de l’humilité, de la transparence et de la responsabilité dans l’exercice des fonctions d’autorité. Dans le domaine éducatif, les communications pourront analyser les méthodes de transmission des valeurs et les conditions nécessaires à la formation de citoyens responsables. Dans les organisations, elles pourront s’intéresser aux pratiques de management, à la prise de décision et à la recherche de l’intérêt collectif. Cet axe permettra ainsi de dépasser le seul cadre religieux pour examiner les possibilités de dialogue entre les valeurs franciscaines et les exigences contemporaines de la vie institutionnelle. Axe 5 : Saint François d’Assise face aux défis contemporains du Gabon. Le cinquième axe sera directement consacré aux défis actuels du pays et aux contributions possibles de la pensée franciscaine. La pauvreté, les inégalités, le développement humain intégral, la paix, le dialogue, la réconciliation, la citoyenneté responsable et la sauvegarde de la création seront au cœur des réflexions. Les communications pourront notamment analyser les mécanismes de solidarité existants, les initiatives de lutte contre la précarité, les pratiques de médiation et les actions en faveur de la protection de l’environnement. Elles pourront également proposer des pistes permettant de renforcer la participation citoyenne, de favoriser la cohésion communautaire et de promouvoir des comportements plus responsables à l’égard des ressources naturelles. L’objectif sera de faire émerger des propositions argumentées, susceptibles d’alimenter les débats et d’inspirer des actions concrètes au sein des communautés religieuses, des institutions éducatives, des organisations sociales et de la société civile.
Pour enrichir les débats, la Famille franciscaine au Gabon lance un appel à communications à l’endroit des chercheurs et enseignants-chercheurs, des doctorants, des étudiants, des spécialistes des sciences humaines et sociales, des théologiens, des philosophes, des historiens, des acteurs éducatifs, des responsables pastoraux, des représentants de la société civile et des membres de la Famille franciscaine. Les organisateurs accordent une attention particulière aux approches interdisciplinaires et aux travaux portant explicitement sur le contexte gabonais. Les propositions pourront prendre la forme de recherches empiriques fondées sur des données qualitatives, quantitatives, historiques ou documentaires, de synthèses critiques de la littérature scientifique, d’analyses conceptuelles, philosophiques ou théologiques, d’études de cas historiques, éducatives, pastorales, sociales ou institutionnelles, ainsi que de réflexions pédagogiques et méthodologiques. Des présentations sous forme de posters sont également admises. Cette diversité de formats devrait permettre de confronter les résultats de la recherche universitaire aux expériences des acteurs de terrain. Elle offre également la possibilité de faire émerger des travaux consacrés à des réalités parfois peu documentées, notamment l’histoire locale des communautés franciscaines, leurs initiatives sociales et les modalités de transmission de leurs valeurs. Toutefois, les organisateurs insistent sur la nécessité de proposer des contributions scientifiquement structurées. Les textes devront dépasser la simple évocation de la figure de saint François d’Assise pour formuler une véritable question de recherche et développer une argumentation cohérente. Chaque proposition devra ainsi préciser son intérêt, les enjeux du sujet, la problématique, les objectifs poursuivis, le cadre théorique ou conceptuel, la méthodologie ou la démarche d’analyse, ainsi que les principaux résultats, arguments ou apports attendus. Les propositions de communication devront comporter un titre précis, les noms et prénoms des auteurs, leur institution ou organisme de rattachement, le cas échéant, ainsi que l’adresse électronique et le numéro de téléphone du correspondant. Un résumé de 300 à 500 mots devra présenter la problématique, le cadre théorique ou conceptuel, la méthodologie et les principaux résultats ou arguments attendus. Cinq mots-clés au maximum et l’axe thématique retenu devront également être indiqués. Les dossiers sont à transmettre au comité d’organisation de la Famille franciscaine au Gabon. Les candidats peuvent également soumettre leurs propositions par l’intermédiaire du formulaire en ligne. La date limite de soumission est fixée au 29 octobre 2026 à 12 heures. La notification des décisions du comité scientifique est prévue le 10 novembre 2026. Les auteurs retenus devront ensuite transmettre leurs textes finalisés au plus tard le 22 novembre, quelques jours avant la tenue de la rencontre. Les communications pourront être présentées en français ou en anglais. Le texte final devra être rédigé en Times New Roman, taille 12, avec un interligne simple. Sa longueur maximale est fixée à dix pages, annexes comprises. Les titres devront suivre une numérotation hiérarchisée et les références bibliographiques respecter les normes APA, septième édition. Les travaux devront être originaux, clairement structurés et fondés sur des références vérifiables. Une attention particulière sera portée à la cohérence entre la question posée, la méthode retenue et les conclusions présentées.
Un comité scientifique pluridisciplinaire pour garantir la qualité des travaux
La sélection des communications reposera sur une évaluation scientifique anonyme conduite par des relecteurs désignés par le comité scientifique. Les critères d’évaluation porteront notamment sur l’originalité du sujet, sa pertinence au regard de l’actualité du charisme franciscain, la clarté de la problématique, la rigueur méthodologique, la qualité de l’argumentation, la contribution aux connaissances et la faisabilité des propositions de réponse aux défis de l’Église et de la société gabonaise. Le comité scientifique rassemble des universitaires et des spécialistes de plusieurs disciplines. Il comprend notamment Yolande Nzang Bie épse Nzogobe, professeure titulaire CAMES en linguistique à l’Université Omar Bongo (UOB) ; Dany Daniel Bekale, Hermine Matari et Orphée Martial Soumaho Mavioga, maîtres de conférences CAMES en sociologie à l’UOB ; ainsi que l’abbé Dieudonné Mouloungui, vice-recteur de l’Institut supérieur de théologie Saint-Augustin. Y figurent également Arnold Nguimbi et Ginette Flore Matsanga Mackosso, spécialistes de littérature africaine et de littérature orale africaine, Ebang Ella, spécialiste de philosophie politique, Ulrich Kamwa, en économie appliquée, et Zitha Arianne Legnongo, assistante à l’Institut de recherche en sciences humaines (IRSH). Cette diversité de compétences doit favoriser une lecture plurielle des propositions et permettre d’aborder le thème dans ses dimensions historiques, philosophiques, théologiques, sociales, économiques et culturelles. Le comité d’organisation est, pour sa part, constitué de membres de la Famille franciscaine au Gabon, parmi lesquels les frères Piotr et Sébastien, de l’ordre des Frères Mineurs (OFM), mère Marie de Jésus, clarisse, ainsi que des membres de l’Ordre franciscain séculier (OFS), des Amis de saint François d’Assise de Kinguélé et un spécialiste des technologies de l’information. La journée scientifique est programmée pour le samedi 28 novembre 2026 à la paroisse Saint-Michel de Nkembo, à Libreville. Les actes de la rencontre sont annoncés pour le 20 décembre 2026, afin de conserver une trace des travaux présentés et de prolonger les échanges engagés entre les différents participants. En complément de l’appel à communications, les personnes souhaitant prendre part à l’événement sont invitées à effectuer leur inscription au plus tard le 24 novembre 2026, au moyen du formulaire prévu à cet effet.
À travers cette initiative, la Famille franciscaine au Gabon souhaite donner une portée intellectuelle et sociale à la célébration du huitième centenaire de la mort de son fondateur spirituel. En associant les chercheurs, les acteurs ecclésiaux, les étudiants et les représentants de la société civile, elle entend favoriser une réflexion qui ne se limite pas à la connaissance du passé, mais qui interroge également les responsabilités du présent. La démarche repose sur une conviction essentielle : les grandes traditions spirituelles peuvent contribuer au débat public lorsqu’elles sont examinées avec rigueur, mises en dialogue avec les réalités contemporaines et traduites en propositions adaptées aux besoins des communautés. Dans un contexte où les questions de solidarité, de cohésion sociale, de gouvernance responsable et de protection de l’environnement demeurent déterminantes, le message de saint François d’Assise offre ainsi un cadre de réflexion sur la dignité humaine, le sens du service et la responsabilité envers les autres. Huit siècles après sa disparition, le « Poverello d’Assise » continue donc d’interpeller l’Église et la société. À Libreville, le 28 novembre prochain, cette journée scientifique donnera aux participants l’occasion d’examiner comment son héritage peut nourrir de nouvelles perspectives de recherche et contribuer à l’émergence de pratiques plus solidaires. Réfléchir sur saint François d’Assise, c’est revisiter huit siècles d’histoire pour construire aujourd’hui des chemins de fraternité, de paix, de justice et d’espérance pour l’Église et la société au Gabon.