NÉCROLOGIE : LE COLONEL JEAN-DÉLIS MAKITA CONDUIT À SA DERNIÈRE DEMEURE

Après plus de trente années consacrées au service de la République, l’officier supérieur de la Gendarmerie nationale a reçu les honneurs de la Nation avant d’être inhumé à son domicile familial de Ntoum. De Port-Gentil à Libreville, puis jusqu’à Ntoum, parents, compagnons d’armes, autorités civiles et militaires, responsables religieux et ressortissants de la Louetsi-Bibaka ont accompagné celui qui fut l’un des fils du terroir.

La Louetsi-Bibaka est à nouveau en deuil. À peine quelques semaines après la disparition de Norbert Moubini, décédé le 25 août dernier au Maroc, le département pleure un autre de ses fils. Le Colonel Jean-Délis Makita, officier supérieur de la Gendarmerie nationale, s’est éteint le 15 septembre 2026, à Port-Gentil, alors qu’il était en plein exercice de ses fonctions de Commandant de la Légion Ouest. Sa disparition, survenue alors qu’il était encore en activité, a provoqué une vive émotion au sein de la Gendarmerie nationale, mais également dans sa famille biologique, auprès de ses amis et connaissances, ainsi qu’au sein de la communauté originaire de la Louetsi-Bibaka. Pendant plusieurs jours, les hommages se sont succédé autour de la dépouille de l’officier. De Port-Gentil, où la République lui a rendu un hommage solennel en présence du Président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, à Libreville, où son corps a été exposé au camp Gros-Bouquet, jusqu’à Ntoum, où il a été conduit à sa dernière demeure, les témoignages ont été nombreux. Pour ses proches comme pour ses compagnons d’armes, ces différentes étapes ont constitué autant de moments de recueillement, de reconnaissance et d’adieu.

Le Colonel Jean-Délis Makita a quitté ce monde le 15 septembre 2026. Au moment de sa disparition, il exerçait les fonctions de Commandant de la Légion Ouest de la Gendarmerie nationale, à Port-Gentil.
Sa mort a donc été vécue comme une disparition particulièrement douloureuse au sein de l’institution militaire. L’officier était encore en activité et assumait les responsabilités qui lui avaient été confiées.
Au-delà de son grade et de ses fonctions, c’est un homme qui disparaissait, laissant derrière lui une famille, des enfants, des frères, des amis et de nombreux compagnons d’armes avec lesquels il avait partagé plusieurs décennies de carrière.
Dans les forces de défense et de sécurité, une carrière de plus de trente années représente une longue trajectoire professionnelle, faite de formations, d’affectations, de responsabilités, de contraintes et de missions successives.
Le Colonel Jean-Délis Makita a ainsi consacré l’essentiel de sa vie professionnelle à la Gendarmerie nationale.

Un enfant de la Louetsi-Bibaka

Né en 1969 à Libreville, Jean-Délis Makita était profondément attaché à ses origines. Par ses parents, il était originaire du villages Moukouagna, dans le département de la Louetsi-Bibaka, dont Malinga est le chef-lieu, dans la province de la Ngounié. Cette appartenance au terroir occupait une place particulière dans son histoire personnelle. Même si son parcours professionnel l’a conduit à exercer ses responsabilités dans différentes localités du pays, son lien avec la terre de ses ancêtres demeurait présent. C’est notamment à Mbomo qu’il effectue une partie de ses études primaires. Cette étape de son enfance constitue un élément important de son parcours, puisqu’elle le rattache très tôt à son département d’origine. Par la suite, il rejoint Libreville afin de poursuivre sa scolarité. Il s’inscrit à l’école ENS 3, où il obtient son Certificat d’études primaires et l’entrée en sixième. Son parcours scolaire se poursuit au Lycée d’État de l’Estuaire. Il y effectue ses études secondaires et décroche son baccalauréat, série D. Après le secondaire, le jeune Jean-Délis Makita prend la direction de Franceville pour poursuivre ses études à l’Université des sciences et techniques de Masuku, l’USTM. Mais son destin professionnel va finalement prendre une autre orientation. En 1993, Jean-Délis Makita intègre la Gendarmerie nationale. Ce choix va déterminer la suite de son existence professionnelle. À partir de cette date, il commence une longue carrière militaire au cours de laquelle il va progressivement franchir les différentes étapes de la hiérarchie et occuper plusieurs postes de responsabilité. Des premières années de formation aux responsabilités de commandement, l’homme va construire son parcours au sein de l’institution. Plus de trois décennies vont ainsi s’écouler entre son entrée dans la Gendarmerie nationale et sa disparition.

Durant cette période, Jean-Délis Makita a connu les exigences liées au métier de gendarme, mais aussi les responsabilités qui accompagnent l’exercice de fonctions de commandement. Son parcours l’a finalement conduit à Port-Gentil, où il exerçait au moment de son décès en qualité de Commandant de la Légion Ouest. C’est donc dans l’exercice de ses responsabilités que sa carrière s’est brutalement interrompue. Après l’annonce de son décès, Port-Gentil a été la première étape du dernier hommage rendu au Colonel Jean-Délis Makita. La cérémonie organisée dans la capitale économique du Gabon a revêtu un caractère solennel. La présence du Président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, Chef de l’État et Chef suprême des forces de défense et de sécurité, a donné à cet hommage une dimension nationale. Autorités civiles et militaires, membres du Gouvernement, responsables de la Gendarmerie nationale, compagnons d’armes et proches du défunt se sont retrouvés pour saluer une dernière fois la mémoire de l’officier. Le Président de la République a ainsi tenu à rendre personnellement hommage à celui qui avait consacré plus de trente années de sa vie au service de la Nation. Cette présence du Chef de l’État a également été perçue comme un geste de solidarité envers la famille du disparu et envers l’ensemble de la Gendarmerie nationale. Dans ces circonstances douloureuses, l’hommage national est venu rappeler que derrière la fonction militaire se trouve avant tout un homme, avec une famille, des proches et une histoire.

Une distinction à titre posthume

L’un des moments forts de la cérémonie de Port-Gentil a été l’élévation, à titre posthume, du Colonel Jean-Délis Makita au grade d’Officier dans l’Ordre national du Mérite gabonais. Cette distinction est venue consacrer son parcours et ses années de service. Au-delà de la dimension protocolaire, cette reconnaissance a pris une signification particulière pour sa famille et ses compagnons d’armes. Elle constitue en effet la reconnaissance officielle de la République à l’endroit d’un homme dont la carrière professionnelle s’est déroulée pendant trois décennies au sein de la Gendarmerie nationale. Le grade et la distinction honorifique viennent ainsi inscrire son parcours dans la mémoire institutionnelle du pays. La cérémonie de Port-Gentil a également permis de rappeler les exigences du métier exercé par le défunt et la nécessité, pour les forces de défense et de sécurité, de rester engagées au service de la collectivité nationale. Après l’hommage de Port-Gentil, la dépouille du Colonel Jean-Délis Makita a pris la direction de Libreville. La capitale gabonaise devait constituer une nouvelle étape dans ce long parcours d’adieu. Le vendredi 25 septembre, en début d’après-midi, le corps du défunt est arrivé au camp Gros-Bouquet, où il a été exposé pendant environ deux heures. Ce moment a permis à de nombreuses personnes de venir s’incliner devant la dépouille. Dans l’enceinte militaire, les uniformes côtoyaient les vêtements civils. Généraux, officiers supérieurs, officiers, sous-officiers et hommes de rang issus de différents corps de défense et de sécurité ont effectué le déplacement. Tous avaient en commun la volonté de saluer une dernière fois la mémoire du Colonel Jean-Délis Makita. Des responsables politiques originaires de la Louetsi-Bibaka étaient également présents. À leurs côtés, des responsables religieux, des amis, des connaissances qui ont tenu à participer à cet ultime hommage dans la capitale.

La disparition du Colonel Jean-Délis Makita a particulièrement affecté la communauté de la Louetsi-Bibaka. À Libreville, où résident de nombreux ressortissants du département, l’annonce de sa disparition a suscité une grande émotion. La diaspora Bibakoise n’a donc pas voulu rester en retrait des cérémonies. Hommes et femmes, jeunes et anciens, proches ou simples connaissances, sont venus au camp Gros-Bouquet pour se recueillir devant la dépouille. Pour beaucoup, il ne s’agissait pas seulement de rendre hommage à un officier de la Gendarmerie nationale. Il s’agissait aussi de saluer un fils du terroir. Originaire de Moukouagna, Jean-Délis Makita appartenait à cette communauté dont les membres, malgré les distances et les parcours professionnels différents, continuent de maintenir des liens avec leur terre d’origine. Son décès est donc venu toucher à la fois la famille biologique et la grande famille de la Louetsi-Bibaka. Dans les rangs de cette communauté, les témoignages ont rappelé le parcours d’un homme qui avait quitté très jeune son terroir pour construire son avenir, sans pour autant rompre avec ses origines.

Au camp Gros-Bouquet, l’émotion était palpable

L’exposition de la dépouille au camp Gros-Bouquet a constitué un moment particulièrement éprouvant. Pendant les deux heures consacrées à cet hommage, les visiteurs se sont succédé devant le cercueil. Certains sont venus en silence. D’autres ont échangé quelques mots avec les membres de la famille. D’autres encore, visiblement éprouvés, ont préféré rester en retrait. Dans les rangs des compagnons d’armes, l’émotion était également forte.
Plus de trente années de carrière dans la même institution créent nécessairement des liens professionnels et humains. Pour ceux qui l’avaient connu au cours de ses différentes affectations, cette disparition marquait la fin d’une histoire professionnelle partagée. L’uniforme, le grade et la fonction ne pouvaient alors masquer la dimension profondément humaine de cette séparation. Après l’exposition de la dépouille à Libreville, le cortège funèbre a pris la direction de Ntoum, chef-lieu du département du Komo-Moandah, dans la province de l’Estuaire. C’est dans cette commune que se trouve le domicile familial du défunt. La veillée mortuaire s’y est poursuivie en présence de la famille, des proches, des amis et de différentes délégations venues accompagner le disparu. À Ntoum, l’atmosphère était différente de celle des cérémonies officielles de Port-Gentil. Après les honneurs de la République et les cérémonies militaires, la famille retrouvait son défunt dans un cadre plus intime. C’était désormais le temps du recueillement familial. Le temps également pour les proches de mesurer définitivement la réalité de la disparition.

Au-delà du militaire, du Colonel et du Commandant de Légion, Jean-Délis Makita était avant tout un époux et un père. Il laisse derrière lui une veuve et de nombreux enfants. Pour ces derniers, la disparition de leur père constitue une épreuve dont la portée dépasse naturellement le cadre des cérémonies officielles. Les honneurs de la République, les distinctions et les hommages militaires ne peuvent effacer la douleur d’une famille confrontée à la perte d’un être cher. Ils contribuent cependant à inscrire la mémoire du disparu dans une reconnaissance plus large, celle de la Nation à laquelle il a consacré une grande partie de sa vie. C’est donc entouré des siens que le Colonel Jean-Délis Makita a effectué son dernier voyage. Un voyage sans retour. Le samedi 26 septembre 2026, le Colonel Jean-Délis Makita a été conduit à sa dernière demeure, à son domicile familial de Ntoum. Après plusieurs jours consacrés aux hommages, aux veillées et aux cérémonies, le moment de l’inhumation est venu clore le programme de ses obsèques. La dernière étape a été celle du silence et du recueillement. Après Port-Gentil, où la République lui avait rendu hommage, après Libreville, où ses compagnons d’armes, parents et ressortissants de la Louetsi-Bibaka s’étaient inclinés devant sa dépouille, Ntoum a accueilli définitivement le Colonel Jean-Délis Makita. C’est désormais dans cette terre familiale qu’il repose.

La Gendarmerie nationale perd un officier

La disparition du Colonel Jean-Délis Makita laisse également un vide au sein de la Gendarmerie nationale. L’institution perd un officier ayant consacré plus de trois décennies à son service. Son parcours rappelle celui de ces hommes et de ces femmes qui choisissent une carrière dans les forces de défense et de sécurité et qui acceptent, au fil des années, les contraintes liées à leur engagement professionnel.
Affectations, responsabilités, mutations, missions et changements de fonctions rythment souvent la carrière de ces personnels. Pour Jean-Délis Makita, ce parcours qui a commencé en 1993 et s’est achevé trente-trois ans plus tard, alors qu’il exerçait encore ses fonctions. Sa disparition constitue donc un moment de recueillement pour ses anciens collaborateurs, ses supérieurs hiérarchiques, ses subordonnés et l’ensemble de ses compagnons d’armes.
Au moment où les portes des cérémonies funèbres se referment, commence un autre temps : celui de la mémoire. Pour sa famille, ce sera la mémoire d’un époux et d’un père. Pour ses enfants, celle d’un homme dont le parcours professionnel a été largement consacré au service de la République. Pour ses compagnons d’armes, celle d’un officier avec lequel ils auront partagé des années de carrière. Pour la Gendarmerie nationale, celle d’un Colonel disparu alors qu’il était encore en fonction.
Pour la Louetsi-Bibaka enfin, celle d’un fils du terroir, originaire de Moukouagna, qui aura effectué une partie de ses premiers pas scolaires à Mbomo avant de poursuivre son parcours à Libreville, puis à Franceville. Son itinéraire est celui d’un Gabonais parti de son terroir, ayant construit son parcours professionnel au sein d’une grande institution nationale et ayant atteint des responsabilités importantes. La disparition du Colonel Jean-Délis Makita prend une résonance particulière dans la Louetsi-Bibaka. Le département venait à peine de rendre hommage à Norbert Moubini, disparu le 25 août dernier au Maroc. En l’espace de quelques semaines, deux fils du département ont ainsi rejoint l’au-delà, laissant derrière eux des familles et une communauté profondément éprouvées. Ces disparitions rapprochées constituent un moment particulièrement douloureux pour les ressortissants de la Louetsi-Bibaka, qui ont multiplié les messages de soutien et de compassion à l’endroit des familles endeuillées.

Dans ce contexte, les obsèques du Colonel Jean-Délis Makita auront constitué un moment de rassemblement. Des ressortissants venus de différents horizons se sont retrouvés autour d’une même douleur : celle de voir disparaître un fils du département. La carrière du Colonel Jean-Délis Makita a été longue. Entré à la Gendarmerie nationale en 1993, il a consacré plus de trente années à cette institution. Au fil des années, il a occupé différentes responsabilités et franchi les différents grades jusqu’à devenir Colonel. Son dernier poste, celui de Commandant de la Légion Ouest à Port-Gentil, venait couronner un parcours professionnel construit sur plusieurs décennies. La République a tenu à reconnaître ce parcours en lui décernant, à titre posthume, le grade d’Officier dans l’Ordre national du Mérite gabonais. Cette distinction restera désormais attachée à son nom. Elle constituera, pour sa famille, l’un des témoignages officiels du service qu’il a rendu au pays. De Port-Gentil à Ntoum, en passant par Libreville, le Colonel Jean-Délis Makita a été accompagné jusqu’au bout. La République lui a rendu hommage. Ses compagnons d’armes se sont inclinés devant sa mémoire. Ses parents, amis et connaissances ont témoigné leur affection.
La communauté de la Louetsi-Bibaka s’est mobilisée. Sa famille l’a accompagné dans sa dernière demeure. Au terme de ce long parcours d’adieu, il repose désormais à Ntoum, loin des casernes et des lieux de commandement qui ont marqué une grande partie de sa vie professionnelle. Il laisse derrière lui une veuve, de nombreux enfants, une famille éprouvée, des compagnons d’armes endeuillés et une communauté attachée au souvenir de l’un de ses fils. Le Colonel Jean-Délis Makita a vécu 57 années. Il en a consacré plus de trente au service de la République. Son parcours, commencé à Libreville, enraciné dans la Louetsi-Bibaka et poursuivi au sein de la Gendarmerie nationale, s’est achevé à Port-Gentil, dans l’exercice de ses fonctions. À présent, son histoire appartient à la mémoire. À sa veuve, à ses enfants, à ses frères et sœurs, à sa famille élargie, à ses compagnons d’armes ainsi qu’à l’ensemble des ressortissants de la Louetsi-Bibaka, nous adressons nos sincères condoléances. Que la terre lui soit légère.





Assistant Edu Gabon

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